COMMENT ON PEUT RELEVEE LE TAUX DES SALAIRES
utilisé. Les produits de l'exploitation étant moins coûteux sa vendent davantage.
Mais lors de l'introduction des machines, l'employeur congédie une partie de son personnel devenu inutile. 11 faudrait donc : 1° que les ouvriers s’assurassent contre les progrès qui les remplaçant : s’il s’établissait des sociétés d’assurance appropriées b celte fin, il suffirait d'une légère prime pour y faire face ; 2 ’ si les ouvriers ne veulent pas s'assurer, ils subiront l’expulsion et les dommages qui en seront la conséquence. Mais ces dommages pourraient être réduits s’il existait une institution par laquelle le domaine du travail serait éclairé et qui procurerait plus aisément aux travailleurs congédiés des travaux rapprochés do ceux auquels ils étaient accoutumés. 11 faut remarquer que le travail peut êtro, par la suite, beaucoup plus demandé qu’avant l’introduction des machines et ainsi employer des ouvriers en beaucoup plus grand nombre, mais pour cela, il faudrait que la consommation augmentai plus vite quo n'arrive la baisse du prix des produits. On pourrait citer comme exemple l'invention de l'imprimerie, qui, h la longue, a utilisé une quantité d'ouvriers centuple de celte des copistes d’autrefois, mais qui a d’abord réduit le nombre des copistes et des enlumineurs.
fin général, les progrès des instruments de la production, capital et travail, abaissent les prix de toutes choses, S’il s’agit du capitol, le progrès des machines
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ULTIMA VEBBA
s’arrête à es qui est seulement du ressort do la machinerie et non du domaine de l'intelligence nécessaire pour les diriger. Plus, enfin, le capital exécute d'opérations productives, plus il opère à bon marohé. S’agit-il du travail, le progrès des machines en relevant la nature du travail, c’est-à-dire en la rendant plus intellectuel parce qu'il réserve à la machinerie tout ce qu’elte est capable d’accomplir, a pour effet de relever le taux des salaires comme cela se passe dans les travaux des professions dites supérieures.
Des salaires de main-d'œuvreoinsi relevés permollenl aux ouvriers d’augmenter leur consommation et de consacrer une partie de leur gain h l’achat des agents do production : terres ou valeurs. C’est en s’abstenant des articles inutiles ou nuisibles et en restreignant leur consommation superflue au profit de l’épargne qu’ils peuvent s'élever au rang de la bourgeoisie. Car, comme lo disait Garnier Pagès l'ancien r « 11 n’y a pas lieu de raccourcir les habits pour en fairo des vestes, mais d’allonger les vestes pour en faire des habits, »
Il n’y a auoun autre moyen de relever les salaires. C’est à des procédés artificiels, parfois même nuisibles, quêtes meneurs des ouvriers ont recours: telles sont les grèves, — et dans une moindre mesure, ies syndicats ou les trade-unions — lorsqu’elles ont pour objet d'abaisser la rétribution du capital au-dessous du taux nécessaire. S’il s'agit des grèves, les employeurs se dé-
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le de France
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fendent par des took-outs et, le plus souvent, le travailleur ne trouve aucune augmentation do salaire quoiqu'il ait interrompu le travail pendant plusieurs jours ou môme pendant plusieurs mois. Les patrons subissent assurément un dommage, màis les salariés en subissent un autre, ordinairement plus grand et plus étendu, soit qu'ils se voient privés d’artioles de. consommation, soit qu’ils ne retrouvent pas toute la quantité de.travail existant avant la grève. Ou bien les ouvriers l'emportent et font valoir leurs prétentions, notamment la hausse du salaire, muis alors : t" les employeurs, ne recevant plus la rétribution nécessaire pour couvrir les frais et le bénéfice de la production, diminuent le nombre de leurs entreprises — et, par conséquent, la somme de travail qui y était utilisée — U s’ensuit doue une baisse des sulaires ; 2° mais en supposant que les ouvriers vainqueurs, associés dans les syndicats et les trade-unions, usant do modération, se bornent, ce qui est rare, k obtenir l’élévation do3 salaires do manière & laisser intact le gain nécessaire aux entreprises de production, ils obtiendront ainsi la part qui Jour revient équilablemont dans l'entreprise. C'est à ce point do vue qu'on peut justifier les syndicats et les trade-unions qui ont réduit b sa juste rétribution la part du capital que l’immobilisation des ouvriers et l'abondance locale de ta population amenant la baisse excessive des salaires — avait maintenue b un niveau exagéré.
Où l’on doit considérer comme particulièrement nuisibles lesigrèves, les unions el les syndicats, c’est lorsqu'on suspendant le travail, ils diminuent ainsi la production et, par suite, l'abaissement des prix qui mettrait les produits plus à portée de la généralité des consommateurs, Ces suspensions de travail ne profilent guère, habituellement, qu’aux concurrents étrangers et surtout aux meneurs dont elles augmentent l’importance. Elles sont encore nuisibles lorsqu’agissanl pour diminuer tes produits de manière & abaisser les revenus du capital et ù le rendre insuffisamment pro. duclif, elles contribuent è la réduction du nombre des entreprises qui, à la longue, auraient pu, au contraire, par leur extension, fournir un accroissement de travail.
Les procédés employés par les grèves el les syndicats sont nuisibles lorsqu’ils font opposition aux progrès du machinisme,
On peut dire que le plus souvont les grèves et tes syndicats ont pour eitet de restreindre mais non de relever le taux de rétribution- du travail,
Nous avons dit comment les ouvriers peuvent augmenter leurs salaires, mois que pour y parvenir, ils sont jusqu'ici réduits à prendre des moyens empiriques qui leur nuisent au lieu de leur servir, Comment, enlin, ne pas parler des gaspillages et des empiètements de l'Etat — ou même de ses accaparements : tels les ebo-