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COMMENT ON PEUT RELEVER LE TAUX DES SALAIRES

minsde fer, les allumettes, etc. , sens oublier les projets de lois sur les mines — qui, en augmentant perpétuellement les obarges de l'Industrie diminuent le nombre des entreprises de production et dont l’intervention, les défenses ét l’ingérence, constamment sollicitées par la masse ouvrière loin de lui apporter les améliorations désirées ne servent qu'à retarder le progrès tel qu’il se produit sous l’influenee de la concurrence et du génie des inventeurs,

Motlnart

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Quel était l’état de l’industrie avant que sa situation économique, beaucoup plus que la lot, ne l’eût libérée? Elle était soumise à des règlements qui la constituaient en maîtrises. L’industriel en possession d’un capital achetait l’outillage et tes matières premières nécessaires h son entreprise, il possédait aussi le travail, en partie du moins, puisqu’une partie était serve et par conséquent ne pouvait être séparée de son entreprise. Il avait encore des ouvriers associés qui se rendaient là où le be* soin de leur travail se faisait sentir ; tels ceux qui construisaient les églises, les autres monuments, sans parler des maisons, et qui n'étaient pas occupés d’une manière permanente dans le même endroit. Leur histoire nous a été racontée par les ouvriers eux-mêmes dans les livres sur le compagnonnage. Ils avaient constitué dans des associations concurrentes qui se livraient parfois do

tt*

BLTIMÀ VEHBA

furieux combals sous lo prétexte de venger In mémoire d’iliram leur fondateur.

En possession des bâtiments, de l’outillage, des ma’ lières premières et en partie du travail qui lui était assujetti, l’industriel possédait aussi sa clientèle, car il était défendu à ceux des autres métiers de lui faire concurrence: de nombreux procès étaient engagés sur les limites de chaque industrie.

Ainsi organisée, l’industrie jouissait & un haut degré de la stabilité utile à toute entreprise ; en revanche, elle était hostile A tout progrès; les inventeurs se voyaient souvent persécutés ou proscrits.

L’outillage agricole et industriel — en dehors de l’outillage militaire soumis, lui, à la concurrence — était le même de génération en génération ; on retrouvait à la Dn du xvm‘ siècle des procédés du temps des Pharaons.

L’industrie a été déclarée libre, en France, en 1789 ; elle l’était auparavant en Angleterre et le devint ensuite en Allemagne; de ce moment date l'ère du progrès. Devenu libre, le progrès n’en a pas moins débuté par causer un dommage aux industriels et aux ouvriers. Le système protecteur a garanti les industriels contre la concurrence étrangère, en attendant que les trusts et les cartels essaient do les préserver de la concurrence intérieure. Contre les ouvriers ils ont reconstitué le monopole qui existait avant que le travail eût été déclaré

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le de France

libre; ils ont d’abord interdit les coalitions qui auraient pu égaliser le travail oflert au travail demandé. Ils leur ont ensuite rendu difficile d’aller à l’étranger se procurer de plus hauts salaires en leur interdisant d’y faire concurrence & l’industrie nationale, ce qui était alors considéré et puni comme un crime. En même temps ils ont soumis les bureaux de placement à la surveillance de la police, ce qui les a empêchés de se développer. Les employeurs ont ainsi acquis un véritable monopole qui leur permettait d'autant mieux d’abaisser les salaires que les travailleurs se pressaient plus nombreux pour obtenir de l’ouvrage. On trouve là le germe de la haine des ouvriers contre les patrons qui s’est tant développée depuis.

Mais les progrès de l’industrie, plus encore que la législation, ont amélioré ta condition des ouvriers. Leurs salaires se sont relevés. Le Code pénal a cessé d’interdire les coalitions. Puis le système électoral s'est étendu jusque dans ta classe ouvrière. La jouissance du droit de vote, qui lui était auparavant refusé, a accru son importance; elle a pu nommer des représentants qui, en dernier lieu, ont dé faire valoir ses prétentions. C'est ainsi qu’elle a pu jouir en fait de la liberté du travail qui lui avait été accordée en droit,

Des législateurs, qui ne savaient pas mieux que les ouvriers comment rendre meilleure l'existence de leur clientèle, et qui ignoraient les conditions de l’industrie, ont flni par élaborer une multitude de lois qui ont empiré la situation de la classe ouvrière sous le prétexte d’améliorer son sort, Telles sont la plupart de ces lois dénommées lois sociales.

Des lois inspirées par la philanthropie, auxquelles je me souviens que Cobden était hostile, ont diminué la durée du travail des femmes et des enfants dans les manufactures et privé ainsi la classe ouvrière d’un gain qui lui était nécessaire. Depuis qu'elles sont passées è l'état de lois sociétés, elles ont été aggravées.

Les lois sur le repos hebdomadaire sont aussi devenues une gètie pour les travailleurs qui, è titre de contribuables, paiont le supplément de fonctionnaires qu’elles ont nécessité.

Les soeielistes ont encouragé les grèves qui se sont multipliées ; mais eux grèvee on a opposé les look-out, les industriels s’associant par là è leur tour contre les brusques cessations de travail. Le nombre des grèves qui ont obtenu gain de cause a diminué, et toutes elles ont occasionné des pertes sensibles eux grévistes. A ces pertes, il faut ajouter la disparition du travail qui a dù être effectué ailleurs.

Une. autre loi, en Angleterre, en Allemagne et- en France, a pour objet d'établir des pensions pour les ouvriers, à l’exception de ceux dont les salaires sont augmentés d’un profit. Il y a, de ta sorte, à distinguer la classe des bourgeois de celle des ouvriers puisque les en Irop- J n urs d'industrie, pris parmi les bourgeois, subvention., ut les ouvriers pensionnés. D'abord, lei nombre des ouvriers qui atteignent 60 ans est extrêmement restreint. Et quant à ceux qui n'arrivent pas à cct Age et qui durant leur vie sont assujettis & payer une part do leur pension, ils perdent parlé une partie de leurs salaires. C'est ainsi qu’une loi sociale a diminué le revenu des ouvriers dans une proportion égale à la différence de ceux qui n'arrivent pas à l’âge de la pension et de ceux qui t'atteignent,

On peut en dire autant des imp&ts sur les successions que le socialisme a augmentés et qui en enlèvent parfois lo tiers è ceux qui y ont actuellement droit, duel est l'efTet de celle loi sur la classe ouvrière? L'impôt sur les successions augmente le revenu de l'Etat aux. dépens de la classe aisée, mais il emploie la plus grosse part de ee revenu à accroître, la plupart du temps, des dépenses Improductives et l'enlève à la production que les classes riches auraient augmentée par de nouvelles entreprises et utilisée, en grande partie, au profit de la classe ouvrière. Tel a été le résultat assuré par le socialisme avec les impèts de l'Etal démocratique qui

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pourtant s'efforce de favoriser les ouvriers aux dépens des autres classes.

Est-ce tout ? Les principaux pays, tels que l’Angleterre, la France et l’AUemagae, ont des déficits qui s’élèvent présentement à plus d’un milliard et demi ; il faudra bien exhausser les impôts. On sait les protestations françaises sur la récente augmentation du prix du tabac, que le gouvernement allemand se met aussi en devoir d’accroître ainsi que les laxes sur la bière. Déjà les socialistes s’emploient à transformer le régime des mines, des assurances et des chemins de fer, en attendant qu’ils mettent la main sur les autres grandes industries. L’ensemble des productions rapporteront moins à la nation que celles qui restent soumises & la concurrence. Cela s’appelle manger son blé en herbe.

La liberlé de l’industrie a produit des effets bienfaisants dont la classe ouvrière s’est. ressentie: elle a généralement élevé le taux des salaires. Depuis un demisiècle, des inventions et des progrès de tous genres ont augmenté la production qui, dans les pays industriels s'élève è plus des deux tiers du ce qu’elle était en (840. Le développement du commerce entre les différents peuples a été considérable ; on 1840, il montait è 80 milliards, il est actuellement de 140 milliards. Alors

un vaisseau de 23.000 tonnes n'aurait pas trouvé un emploi régulier ; aujourd’hui d'énormes navires sillonnent constamment les mers, et dans la marine do guerre les dreadnoughts se sont multipliés bien que chacun absorbe de 50 à 60 millions. Les entreprises de production sont devenues plus nombreuses i nous avons vu le télégraphe, le téléphone et les innombrables applications de l’éleolricitê, Ie3 automobiles qui ne vont pas tarder h faire concurrence aux chemins de fer, sans parler des découvertes plus récentes qui ne sont encore que du domaine des amateurs. Mlles ont alimenté le capital dans les mêmes proportions. Cette augmentation est en train de changer l'organisation de l'industrie et de causer une révolution dans ce que le socialisme appelle le régime capitaliste.

Ce qui constitue le vice principal du capitalisme, c’est l’obligation imposée à l’enlrepreneur de faire l’avance du salaire et d’en couvrir le risque. Les ouvriers prétendent que ce n’est pas utile, mais ils sont dans leur tort, car ils ne possèdent point les fonds nécessaires pour faire l’avance du produit jusqu’à ce qu’il soit réalisé et vendu. Ils ne peuvent paB non plus couvrir le risque de l’industrie à laquelle ils sont attachés, par conséquent, ils ne peuvent participer au total des profits de l’industrie. Cependant la part que perçoit le capital est souvent excessive car elle est flxéo par l’enlrepreneur lui-mème et non par les ouvriers. De plus,

ULTIMA VËItBA

celle obligation de Faire l’avance du salaire est parfois une gêne pour les entrepreneurs.

Mais l’augmentalion du capital, produite par l’accroissement de la production, rendra possible un progrès ! celui de la transformation des entreprises de production. Au lieu de cumuler les fondions d’industriel et de banquier, l’entrepreneur devra, à l’avenir, se confiner dans son usine où l'extension des affaires absorbera promptement toutes ses facultés, tandis que des banques, bien pourvues de dépéls de capitaux (fournis par 1a multiplication des entreprises de (eus genres produisant une abondance de revenus momentanément sans emploi) pourront faire l'avance des salaires en percevant A son taux minimum la prime du risque. Supposons qu’une manufacture exige un million pour les bâtiments, t’oulillage, les matières premières et 1e fonds de roulement, ce fonds de roulement sera diminué du montant des salaires, recueillis par une autre voie i celle des banques. Les conflits entre employeurs et employés perdront de leur acuité lorsque céüx-oi se rendront compte que l'entrepreneur ne peut plus influer ) personnellement sur le montant de leur rétribution qui n’aura d’autres limites que la situation de l’industrie et les conditions du marché du travail. Ainsi se produira, sans nul doute, -- chacun restant dans sa sphère naturelle d’action — la réconciliation du capital et du travail,

LK OAPirAt KT tÊ. TRAVAII. DÂN3 LÀ PRODUCTION 263

Cela ne veut pas dire que ce sera le règne de l’ège d’or sür lalcrro! Tout comme, aujourd'hui, leurs dépenses de consommation fonl obstacle & l'acquisition, par lés ouvriers, des aolions des entreprises auxquelles ils collaborent, le mauvais aménagement de leurs gains les empêchera peut-être de jouir, dans la proportion qui serait souhaitable, de l'accroissement de leurs sa- ; laires. Des. progrès moraux, que l’on doit espérer, par • viendront probablement h faire disparaître chez les hommes te goût si nuisible des spiritueux (I) et chez les, fe.mmes l'amour excessif de la parure que n’en Ira- i vent plus les règlements somptuaires d’antan. Mais il n'en est pas moins certain que la séparation da oopilal et du travail, dans les entreprises de production, sera un progrès dans la constitution de l'industrie.

(1) Les ouvriers ont encore h faire, dans lsur consommation, - , les progrès qu'ont fait les bourgeois depuis une soixantaine d’années. Autrefois, le dérèglement dans la manger et surtout le bo|rè h’ehtralnalt, dans les hautes cimes, aucune déconsidération. Nous avons entendu des gens bien nés et bien élevés se vanter du nombre da bouteilles qus sans sourciller Ile pouvaient prendre, L'un d’eux racontait, oomme une prouesse ordinaire et fréquemment renouvelée, avoir bu onso bouteille» da Bourgogne avec deux de ses amis pendant une eprès-mldl de causerie, sans qu'eueun en fêt Incommodé. A présent, dons les mêmes milieux, il n'y a plus guère que les étudiants alla, manda pour tirer vanité de leur résistance à d'énormes beuveries, Ailleurs, cela est méprisé comme un vice.

Mûllnarl

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nous avons évalués à la moitié de leurs revenus (1). Us ; ont des dettes, montant & plus de 150 milliards, qü’ils augmentent même aux périodes de paix. Quelques-uns ne paient qu’une partie des intérêts de leur dette. Ilén sera ainsi des pays les plus riches el les plus prospères lorsque leurs revenus s’accroîtront moins que leurs dépenses. S'ils réussissent à spolier leurs créanciers, leur ; crédit s'abaissera, ils seront obligés d’emprunter plus ober et forcés, finalement, de cesser de faire appel au 1 crédit. Ils seront, en somme, réduits à se contenter dés ressources do l'impôt.

Dèjé, actuellement, les peuples manifestent leur mé- ; contentement des oharges, de sang et d’argent, que leur :j imposent les gouvernements. Si ceux-ci continuent à épuiser leurs ressources, & pressurer leurs contribuables,

, ils s'appauvriront eux-mêmes.

Mais les progrès de la productivité ont augmenté dans une proportion considérable. La production B’est accrue.

Aussi longtemps qu’elle s’élèvera h son niveau, les peuples pourront supporter les dépenses de leurs gou- j vernemeUts. Cependant dos causes diverses agissent j pour les diminuer. La première, o’est la guerre. j

’ Au début de l’humanité, l’anthropophagie et la guerre ont été lés reasources alimentaires et les agents

(1) Voir notre ouvrage! Th/orti it tVcatuttoh. Félix Alcan, éditeur, Pari», 1608.

da progrès qui furent les moyens de subsister dés racés les plus vigoureuses. L’anthropophagie exista probable; ment un grand nombre de siècles. On en a retrouvé la preuve dans les redevances que les races les' plus faibles payaient aux tribus les plus fortes. Témoin celles dont Thésée délivrait les Crétois. Témoin encore les offrandes de chair humaine, (qui se prolongèrent longtemps) qui.: étaient fournies aux dieux de ia Grèce et de l’Italie. Aujourd’hui, l'anthropophagie n'existe plus guère que jlejns le centre de l'Afrique où l’Etat du Congo se procure les recrues nécessaires pour assurer la récolte du caoutchouc. ,

En revanche, la guerre se poursuit. Bien qu’on se; soit assuré depuis quelque temps que l’échange est plus productif que le vol et lo meurtre, elle a continué à causer des pertes énormes même' aux pays les plus civilisés. Cependant les pacifistes auraient tort de oroire que leurs efforts, avant longtemps, mettront. On è la guerre (t).

(1) Le général Keim prononçait é léna, en janvier 1910 un grand discoure belliqueux dont voloi un extrait ;

« Notre prestige diplomatique a souffert, dit-il. Du temps de Biimarck, le monde entier écoutait la voix diplomatique de Bei-iln ; aujourd’hui 00 Sont les décision) dee diplomates do Parie, de Londrea et de Sainl-Pétembourg qui donnent te ton, On a l'impreteton que la diplomatie allemande met des pantoufles pour voyager à travers le monde. Il faut que Cela change ! qu’on prenne un ton bien énergique, car lo ton (hit

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e de France

ULTIMÀ VEHDX '

Les Etats les plus avancés s’appuienl sur la puissance de leur armée; les membres les plus distingués des classes supérieures y trouvent des emplois lucratifs et des distinctions (laiteuses, Et les soldats qu’ils commandent sont pris dans l’élite de la population, ils sont çxempls des défauts qui affligent les ouvriers des différentes branches de la production. Avant de lesassujetlir à l’impél du sang, on les examine et l’on rejette ceux que des tares physiques rendent impropres au service militaire.

D’ailleurs, bien des questions ne pourront être résolues que par la guerre : tel est le monopole que la race blanche exerce en Australie et en Amérique au détriment de la race jaune. Les colonies de l’Indo-Cbine seront pour la Chine et le Japon des proies faciles et l’Inde anglaise, sans doute, se dérobera à la domination coû-

la chanson. Celui qui affirme qu'il n’y aura plus de guerre est mûr pour l’asile de fous.

<c Or, une défaite pour nous serait finis Germaniœ. La guerre viendra par suite des antagonismes éçonomique3, car les guerres des temps modernes ont surgi toutes de questions d’ordre commercial et c'est l’Angleterre, notre rivale, qui mènera cette guerre.

« Je crains que notre vieille supériorité militaire ne soit plus établie sur d’aussi solides fondements qu’autrefois. Ce n’est pas seulement le nombre qui décide sur terre et sur mer, les facteurs moraux y jouent aussi un rôle. 11 nous faut préparer par conséquent la renaissance morale du peuple allemand. »

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teuse do l'Anglelerro. Même en Europe, l'empereur allemand englobe dans ses armées des Alsaciens-Lorrains, des Danois du grand-duché de Sclilesvig et des Polonais du duché de Poscn ; l'Autriche a des armées composées on partie de Slaves et d'ilaliens ; l’Angleterre a conquis l’Irlande, mais celle-ci aspire à une séparation qui ne pourra être opérée que par la guerre... Bien des causes de conflits continueront pendant longtemps de subsister.

Les intérêts des classes les plus influentes poussent k la guerre ; le personnel qui trouve dans la lutte l’augmentation de ses appointements et une source, d'honneurs est naturellement belliqueux car les opinions sont gouvernées par les intérêts. Ilestdoncintéresséàee que la guerre éclate le plussouvent possible, les périodes de chômage lui étant non seulement nuisibles, mais le poussant à dés dépenses qui dépassent ses ressources. L’esprit militaire subsiste rarement intact pendant une longue période de paix, aussi les hommes lesplus compétents sont-ils d’avis que l’intervalle entre les guerres ne doit pas dépasser une génération. L’intérêt des fournisseurs du matériel de guerre est d’accord avec le leur, Le matériel se rouille, devient suranné et doit être remplacé par des engins plus doslcuetifs qui soutiennent lacomparaison avec ceux des autres nations. Lorsque surgit une difficulté entre les Etals, il en résuite que l'influence des industriels qui fournissent le matériel et les approvisionnements s’exerce dans le sens de la guerre.

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202 VI.T1MA VSUBA

Uno secondo [cause de décadenco réside dons la protectionnisme.

Aussi longtemps quo les nations étaient oxposéos aux attaques des autres peuples, il était utile qu’etlos produisissent elles-mêmes les subsistances et tos objets nécessaires à leur consommation. Si elles les avaient acquis & des Ktats plus Favorablement situés ot & des populations pourvues d'aptitudes différentes des leurs, elles auraient, aux périodes de guerre, été privées de cos articles dont la nécessité était imminente. Kl les devaient donc protéger l'agriculture ot l’industrie contre les matières produites A meilleur marché ot dont l’interruption eût causé ui) dommage plus grave en les réduisant peut-être h la faminq. Ce fut l’origine du ^système protecteur. J.cs communications étant devenues plus fréquentos, les nations guerrières défendirent, notamment, tes transports maritimes dos subsistances à leurs ennemis. Do cetlo époque datent les restrictions opposées au commerce maritime ci tes défenses à l’apport des substauocs alimentaires et au matériel do guerre, c’est-à-dire les armes et les munitions. La guerro cl . it t occupation de la partie la plus influente de la population — et mémo alors propriétaire des Etats — otlo jugeait avantageux d’établir des restric-

CAUSES DK DÉCADENCE DES DECEDES StODEnNES 203

lions cl des droits qui empêchaient l'introduction d’articlos bon marché produits au dehors.

t.a protection continua de subsister ot même de croltrosous l'influence dos producteurs des matériau* protégés et même prohibés. Elle eBt aujourd'hui universelle. Il n’est pas un article de consommation dont la valeur no soit arlifleiellomenl accrue. Les mêmes objets qui sont produits à meilleur marché, gràco h la nature du climat et dos aptitudes de la population, sont repoussés par les seuls producteurs des autres nations. Ils sont d'ailleurs taxés par les gouvernements au point de vuo fiscal. It n'est pas un seul articlo qui échappe h la fiscalité ou à la protection. Toutefois, la valeur des choses ainsi protégées dépend non seulement de l'élévation du droit protecteur mais encore de la concurrence intérieure. Cille concurrence est sans doute diminuée ot la valeur des articles protégés augmentée par l'effet du tarif protecteur, o’est ainsi que les matières soustraites à la concurrence extérieure sont moins progressives et les machines qui servent à les produire sont plus arriérées pour celles qui la subissent.

Néanmoins la concurrence intérieure agit souvent pour abaisser les prix des articles protégés, c’est là un aléa qu’éprouvent les producteurs do des articles. Ils s’efforcent en conséquence de diminuer la concurrence, intérieure. L’effet de la protection ainsi généralisée n été d’abord la hausse générale des prix de toutes choses

’JU'ISIA VEHUA

et ensuite l'instabilité universelle de la production, L'augmentation des prix est partout plus ou moins considérable. Les industries sont partout plus ou moins protégées contre la concurrence extérieure et colles qui sont particulièrement vivaces et les mieux appropriées aux contrées sont moins développées et subissent les dommages de la protection des autres pays qui diminuent naturellement leur production. Néanmoins, tel est universellement l’essor que la différence des climats et des aptitudes de la population imprime & la productivité, que le commerce extérieur des diflérenles nations qui constituent l'humanité s’cst accru dans une progression prodigieuse, grâce surtout au développement des instruments et des moyens d'échange, et malgré les obstacles artificiels des douanes qui ont succédé aux obstacles naturels de la distance. L'avidité < des hommes a ainsi diminué la valeur des bienfaits que la Providence a mis à leur disposition.

Mais cette avidité insatiable ne s’est pas bornée là. Les producteurs se sont efforcés de supprimer la concurrence intérieure et de s'assurer ainsi le monopole dos articles protégés. Ils ont employé divers procédés pour y parvenir. Ils ont d’abord établi le monopole de certains objets en défendant de les produire ailleurs dans le pays.

Depuis une époque relativement récente, ceux-ci onl été remplacés par la douane à la fois protectrice et

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fiscale. Aux Etats-Unis sont nés "et multipliés dus trusts, en Allemagne des cartells. Ils n’ont pas encore mis fin à la concurrence intérieure, mais ils sont nombreux et s'efforcent d’y parvenir,

Les ouvriers limitent [es pratiques des industriels.

Autrefois les travailleurs étaient soumis aux maîtres, les associations leur étaient interdites, ils étaient maintenus, en fait, à la discrétion 'es employeurs. Les industries étaient peu nombreuses ; elles s’établissaient de préférence où elles trouvaient d’ebundanle maind’eeuvre. Touto coalition était interdite. Les ouvriers étaient immobilisés et maintenus à la discrétion des matlres. Les bureaux de placement n’existaient pas ou se trouvaient sous la surveillance de la police. Un article du code punissait lés travailleurs qui passaient à l'étranger, sous prétexte de nuire à l’industrie nalionalo ; en Angleterre^ même, ils étaient punis de mort. Peu a peu leur situation a changé, les industries se sont multipliées et les moyens de communication sont devenus plus faciles. Les lois qui interdisaient les coalitions ont été abolies.

Les ouvriers sont devenus libres de disposer de leur travail, et l'esprit d’accaparement des maîtres est descendu jusqu'aux ouvriers. Dans les pays où ils ont obtenu le droit de suffrage, les bureaux de placement oni été interdits, sont devenus le monopole des Bourses du Travail ou conférés aux villes gouvernées mainte-

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liant par des socialistes.' Les industries où vient d’éclater une grève n’ont point à attendre les travailleurs libres qui pourraient y mettre fin. Les bureaux de placement auxquels elles auraient pu s’adresser ont cessé d’exister.

Et les Bourses du Travail se gardent bien de fournir aux maitrës tes ouvriers qui feraient cesser la grève. Aujourd’hui, le gouvernement fait rarement les efforts nécessaires pour faire respecter la liberté du travail. Si cette liberté était respectée, les moyens de communication sont devenus tellement nombreux que tes bureaux de placement se seraient organisés pour fournir des travailleurs aux industries en grève. Déjà celte mobilisation du travail a succédé à l’immobilisation de l'esclave ou du serf. Des milliers d’ouvriers vont chercher en Amérique une rétribution plus avantageuse que celle que leur fournissent les industries indigènes.

Les mouvements du capital sont devenus autrement nombreux et faciles que ceux du travail. Tandis que le capital indigène n’est protégé que par des mailles très larges qu’on peut aisément traverser, le travail asiatique est prohibé aux Etats-Unis, dans l’Afrique du Sud et en Australie. L’esprit de monopole a fomenté les trusts des 1 industriels, aussi bien que les syndicats et même les trade-unions des ouvriers.

Mais les trusts ont trouvé de nombreux adversaires.

Us ont accumulé des fortunes Colossales. En se débarrassant de la concurrence intérieure ils ont pu élever

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leurs prix à une limite qu’ils n’auraient autrement pu atteindre et réaliser des fortunes prises h la fois aux consommateurs et aux autres industries dont l'élévation do leurs prix diminuaient la clientèle. Us ont encore un autre défaut : iis peuvent empêcher le progrès industriel stimulé parla concurrence intérieure ou extérieure et même supprimer les brevets d'invention dont ils s’emparent. Le fait s’est produit en Amérique et il est même devenu commun.

Les trusts et les cartelis, en accumulant les profits aux mains des financiers ou des industriels, ne manqueront pas d’encourager des gouvernements socialistes à faire main basse sur les produits de l'industrie ; déjà le plus grand nombre des gouvernements s'est emparé des télégraphes et des téléphones, sans oublier la poste. En France, nous voyons aujourd’hui des dirigeants sympathiques aux socialistes tenter de s’emparer des mines et même de la plupart des grandes industries.

Tel est l’objet du socialisme : il veut, en définitive, mettre, entre les mains du gouvernement, — que l'extension du droit de suffrage finira par rendre socialiste — successivement tous les moyens de production.

Mais l’expérience attesté que les branches de la production dont s’est emparé le gouvernement deviennent moins productives à mesure qu’il en accapare davantage. En les soustrayant à l’action de la concurrence, il a aussi un embarras que nous voyons s’accroître tous

les jours : nous on. avons uo exemple dans la grève des postiers. Plus les ouvriers deviennent nombreux, plus ils usent de leur influence dans l'Etat pour améliorer leur situation au détriment des profits de leur industrie que l'Etat s’est attribué. Us finirent ainsi par s'emparer de la totalité des ressources de l'Etal socialiste. A moins que l'Etat ne résiste à leurs exigences. Ce serait le commencement d’une ère de désordres qui finirait par compromettre l’existence de la société. Mais sans attendre le socialisme, nous sommes sur la pente où la diffusion du parlementarisme nous conduit tout droit à la ruine des sociétés civilisées.

Les Etats civilisés ont été fondés où conquis par des hommes forts qui les ont possédés et gouvernés. Ils étaient assistés pa.* un personnel de plus en plus nombreux. Finalement ce personnel grandit peu à peu en importance et en richesse, tan ” que la classe supérieure diminuait en nombre et s'appauvrissait. Ün moment arriva où, soit par voie de révolution, soit par un accord avec les dominateurs originaires, le gouvernement tomba entre les mains des classes qui leur étaient auparavant soumises. La classe gouvernante augmenta en nombre ; elle donna naissance & la bureaucratie. Au-

jourd’hui, la bureaucratie dépasse en France, par exempte, plus des trois quarts de ce qu'elle était avant la Révolution (t).

Depuis, on a inventé le régime parlementaire destiné, à l’origine, à veiller aux dépenses et à les modérer dans l'intérêt de la nation qui fournit les contributions. Mais le régime parlementaire a trompé l'espoir de ses fondateurs. D’abord restreint à une classe dite supérieure, il sest borné à pourvoir à l'intérêt de ces classes aux dépens du reste de la nation. À la longue, la réaction

(1) Il serait intéressant de savoir ce que les fonctionnaires ou employés de l’Etat coûtent, et ce qu'ils rapportent. Dans une industrie privée, on sait à peu près exactement ce que coûte le personnel, et les services qu’on en lire. C'est la concurrence qui sert de règle à la généralité des rétributions, ainsi que la mesure des services rendus à chaque industrie. L’Etat se modèle, à certains égards, sur l'industrie privée, mais il accorde habituellement des pensions qui élèvent le taux des appointements. Toutefois, les salaires des fonctionnaires supérieurs dépassent généralement ceux de l'industrie privée. Estil possible d’apprécier ce que chacun d’eux coûte à la nation, et les profits qu’elle en tire? Il parait évident que le niveau de ses bénéfices n’est pas équivalent à celui de leur rétribution. 11 serait donc curieux d'examiner ce que chacun d’eux rapporte au pays et de signaler si leur nombre répond à la valeur de leurs services. Bien évidemment il y en a qui ne rapportent rien, ce qui est rarement le cas dans l’industrie privée. On pourrait mémo ajouter que le coût de certains fonctionnaires se solde, selon toute apparence, en perte ; le ministère du Travail, par exemple.

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s’eat faite dans la multitude ; le suffrage universel a succédé au suffrage restreint. Les dépenses du gouvernement n’ont pas été réduites ; on les voit* au contraire, se multiplier, il est inutile d'ajouter sous la pression de quel intérêt inférieur ou supérieur.

Nous avons vu [es populations 'sa développer, croître en puissance et en bien-être. Depuis un sièole, les inventions do lout genre ont porté la richesse à un niveau qu’elle n’avait jamais atteint. Nous avons vu le produit des impôts s'augmenter et la crédit fournir aux gouvernements des ressources sur lesquelles ils n’avaient jamais pu compter. Leurs dépenses se sont élevées en proportion, dépenses militaires et civiles; elles sont, maintenant, sur le point de les dépasser. Et alors commencera la décadence des Elats modernes. Le capital enlamé à la fois par l’impôt et par les dépenses des bénéficiaires des trusts et des carlells sera devenu moins abondant et, par suite, la population diminuera.

- Déjà on peut constater cette diminution dans les pays arrivés au plus haut point de la civilisation, à commencer par la France. Mais les principaux agents du déficit proviennent de la gène croissante des populations parvenues à un certain niveau de bien-être et qui sont

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menacées d'un débordement de la classe auparavant inférieure. filles raisonnenl, ei comprennent que les jouissances acquises sont diminuées surtout par te développement de la bureaucratie qui ne leur laisse plus de chances d’amélioration de leur sort. Elles restreignent leurs familles plus tét que la multitude encore voisine de l’animalité qui obéit h ses instincts les plus forts. Du moment où le niveau du pregiés sera atteint à la fois par les dépenses des gouvernements et les dépenses privées, commencera la décadence inévitable. Plus baut se sera élevé ce niveau, plus sera inévitable la chute. Et elle sera encore aggravée chez tous les peuples qui auront imité les progrès des nations les plus avancées si elles ne se gardent pas de leurs vices.

Nous avons signalé les noms des peuples qui Ont laissé des tracés de leur passage, à l’exception de ceux dont le souvenir même s’est éteint : les fondateurs et les édificateurs d'Angkor, de Palmyre, et de ceux dont nous découvrirons les ruines encore ignorées. II en sera probablement de même des peuples qui occupent aujourd’hui la scène du monde. Gemment s'opérera leur décadence ? Elle sera le fruit des gaspillages do leurs gouvernements et des vices privés. Elle s'effectuera dès que le progrès de la productivité n’augmentera plus leurs ressources diminuées par la guerre, les dépenses inutiles ou nuisibles des gouvernements et des particuliers.

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272 UL-riMA veiiba

C’est ainsi que les fautes et les vices des pères sont supportés par leurs enfants, suivant le témoignage de la Bible. Les nations n’auraient une durée indéfinie que par l’élévation et la généralisation du progrès moral qui empêche la contagion des vices des individus et des gouvernements, Mais il est vain d’espérer que l’extension extraordinaire du progrès matériel puisse être suivie d’ur.e égale extension du. progrès moral.

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MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME

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MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME

La religiosité. — - De tous temps les religions ont rencontré des indifférents et des adversaires, Si le sentiment religieux existe dans toutes les variétés de l'espèce humaine, il en est de ce sentiment comme de toutes les autres facultés : il est inégalement réparti parmi les races et les individus, de même que le sentiment musical, l'aptitude au calcul, le don des langues, etc. Tandis que quelques-uns en sont richement pourvus, d’autres n'en possèdent que le germe & pèine développé. Ceux-là se reconnaissent à l’ampleür visible de la circonvolution cérébrale qui sert d’organe & la faculté, ceux-ci à son peu d'apparence (t).

(i) -.8 plupart des médecins et des physiologistes Ignorent les travaux do Gall, Nous avons pu nous assurer qu'ils ne connaissent même pas le nom de cet illustre physiologiste quoiqu'il ait renversé les données de ce qu'ils décorent du nom de science. Ajoutqns que Gâll n'aimait pas le mot de

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Cependant, comme les autres facultés encore, le sentiment religieux, la religiosité, n'exisle dans l’un et l'autre cas que che*. le petit nombre, presque ô l'état d'exception. La ma6se accepte passivement le culte qui répond à son sentiment religieux.

phrénologie appliqué à l'ensemble de ses observations il préférait les appeler: physiologie du cerveau.

François Joseph Qall ôtait né le 9 mars 1758 dans le grand duché de Bade. Habitué dé bonne heure à se livrer à l’obser- vation, il fut bientôt frappé de ce fait que chacun de ses compagnons de jeu et camarades de classe se distinguaient des autres par des talents ou des dispositions particulières. H avait aussi remarqué que ceux de et# Condisciples qui apprenaient par cœur avec une grande futilité lui enlevaient souvent les récompenses que lui avait valu l'originalité de ses compositions. Quèlques années après, ayant changé de, résidence, il se retrouva avec des individus doués d’une grande aptitude à répéter ce qu'ils apprenaient, Il reconnut alors qu’ils avaient les yeux saillants et sé souvint que scs rivaux d’école préoentalent la même disposition. Â son entrée à l’Université, ii Axa de suite son attention sur les élèves qui avaient cette conformation d’yeux et trouva qu’ils excellaient à apprendre par çtèur, h répéter correctement, quoique beaucoup d'entre eux ne se distinguassent pat par leurs talents. Cette observation fut également constatée par les autres étudiants dans les classes; dès lors Gall soupçonna la relation entre la faculté et le signe extérieur correspondant, Il continua ses recherches. Mais il no regarda jamais le crâne, enveloppe extérieure comme la cause des différents talents, le cerveau lui paraissant seul le siège des facultés. Abandonnant toute théorie et toute opinion préconçues, il se livra entièrement ë l’observation de la nature.

Il visita les asiles d’aliénés, les prisons, les écoles,' les collèges et les palais de justice, Toutes les fois qu’un individu dont il

MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME

Les religions, — Nous avons étudié dans nos publications précédentes (i) le passé des religions. Nous

avait observé la tète pendant la vie venait à mourir, U faisait tout son possible pour disséquer le cerveau, Il commença par observer le rapport entre les talents, les dispositions et les formés particulières de la tête; il établit ensuite par l’enlève* ment du crâne que la figure et la forme du cerveau sont indi* quées par des configurations extérieures. Ce ne fut qu’après avoir déterminé ces faits que le cerveau fut minutieusement disséqué et sa structure beaucoup mieux connue.

Pour ses recherches, Gall dépensa beaucoup d’argent et de temps. Afin de subvenir à ces frais, it était obligé de s’adonner avec assiduité à l’exercice de la médecine. En 1796 il fit pour la première fois, à Vienne, des cours particuliers sur sa doctrine ; ils lurent très suivis. Une dizaine d’années après, l’autorité lui défendit de les continuer sous prétexte que ses doctrines tendaient à établir le matérialisme, Il quitta Vienne au début de 1805 et pendant deux ans ,/et demi, accompagné d’un de ses disciples, il parcourut le nord de l’Europe; En octobre 1807, il vint s’établir k Paris où il ouvrit, à l’Athénée royal, un cours qu’il continua jusqu’à sa mort, le 22 août 1828. Inutile de dire que là aussi il trouva des détracteurs et d’ardents défenseurs. Le célèbre Broussais, qui avait d’abord combattu ses idées, devint, après la mort de Oall, un de leurs plus fervents adeptes. En 1831 on fonda la Société phrénologique de Paris •, l’un de ses membres les plus éminents, la docteur Place faisait ù l’Athénée royal un cours de phrénologie dont l’auteur suivit pendant deux ans, vers 1812, les intéressantes leçons.

(I) liellgion et Science cl religion,

Molinarl 16

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UlTIMÀ VEÏIBA

avons vu par quelle lente élaboration elles se sont formées et quels services elles ont rendu h l'humanité. Les hommes primitifs se trouvaient jetés dans un monde inconnu dans lequel ils étaient enveloppés d'éléments qui leur causaient tes uns des sensations de plaisir, les autres des sensations de peine, et sur lesquels ils ne possédaient aucun pouvoir. Ils les croyaient animés comme ils l’étaient eux-mèmes et en possession d’une puissance supérieure & la leur. Le Sentiment de la religiosité, les excitait à les vénéreretàdemander leurproteclion. Ces êtres dont ils éprouvaient la puissance bienfaisante ou malfaisante, ils les concevaient animés des mêmes besoins qu’ils ressentaient eux-mèmes, et l’imagination les leur représentait sous des formes adaptées à leur nature et à leurs fonctions. Mais si lés hommes avaient besoin d'eux, ils avaient de leur côté besoin des hommes. Ils se communiquaient aux individus auxquels ils inspiraient le plus vif sentiment d’amour et do crainte, — et ceux-ci se reconnaissaient par le développement de l’organe de la vénération, — et leur transmettaient leur volonté. En échange d’un tribut en aliments, en ornement et logement d'une part, en hommages de l’autre, pour les images dans lesquelles elles s’incarnaient, ils leur procuraient les moyens d’augmenter leur bien-être et d’assurer leur sécurité. Ces délégués des êtres supérieurs constituaient par leur supériorité mentale l'élite dos tribus. Ils étaient doués

MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME

de facultés d'observation et d’invention qui ont été rares en tout temps et que ne possédaient point la multitude. Ils découvraient les propriétés des plantes, trouvaient des remèdes aux maladies, inventaient les procédés, les ârmes et les outils qui augmentaient la sécurité et la richesse tout en diminuant le travail et les peines nécessaires pour les acquérir ; en même temps ils observaient les actes de chacun et leurs effets utiles ou nuisibles à l'association, clan, tribu ou nation dont ils étaient membres. Qui est-ce qui aurait pu leur suggérer des idées et des conceptions inaccessibles & l’intelligence de la foule sinon les êtres divins qui étaient l’objet de leur vénération ? (l’est à ces êtres divins, à ces Divinités supérieures en puissance matérielle et morale qu’ils faisaient remonter eux-mêmes l’origine de leurs conceptions. Ces conceptions émanant de Divivinités toutes-puissantes avaient sur les membres de la tribu une autorité qui leur eût manqué si elles étaient venues dé leurs semblables. Elles devaient être acceptées sous peine d’offenser les Divinités et de s'exposer aux châtiments redoutables qu’il était en leur pouvoir d’infliger. Le sentiment religieux fournissait donc à l’élite intelligente de l'espèce, l’agent nécessaire pour obliger la foule k adopter les instruments et les découvertes contraires é ses habitudes routinières et è se soumettre à des règles de conduite plus contraires encore à ses instincts les plus forts. Cette autorité, puisée dans la

UtïlMA VEttBA

croyance & l’existence des Divinités d'une puissance irrésistible, acquit un supplément de force lorsqu’un autre sentiment, celui de la conservation, dont l'organe réside de même dans une circonvolution du cerveau, Fit concevoir la prolongation de la vie de l’être humain par delà la dissolution de son corps. C’est sous l’influence de ce sentiment que t'on s'efforça de conserver ce corps par l'embaumement, que l’on construisit à l'usage des morts des demeures confortables, en immolant des esclaves pour les servir, en leur fournissant d’abord des aliments, puis, lorsqu'on eut reconnu qu’ils ne consommaient point une grossière nourriture matérielle, en leur faisant respirer de l’encens et d’autres parfums ; enfin l’on éternisa la durée de l'existence de l’esprit moteur du corps et même la résurrection de celui-ci par l’opération de la divinité. Elles y étaient intéressées car l’immortalité de l’Ame avait pour effet naturel d’augmenter leur autorité, en perpétuant leschàtiments qu’elles infligeaient et les récompenses qu’elles accordaient.

Une autre faculté intellectuelle : la causalité, devait finalement concourir au même objet en amenant l'homme à chercher son origine et à l’attribuer, comme celle de tous les êtres et de toutes les choses, aux Divinités. Alors, à la vénération pour leur puissance s'ajouta un sentiment filial. L’aulorité divine se doubla ainsi de l’aulorité paternelle.

C’est à l’autorité puisée dans le sonlimenl religieux

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MATÈIUAMSMK ET SPIMTUAUSME

avec l'auxiliaire do la loi naturelle do ta concurrence, qu’ont été dus les premiers progrès qui ont élevé l'homme au-dessus do l'animalité. Toutes les sociélés, clans ou tribus, se trouvèrent dès leur début, exposées à la concurrence sous sa forme primitive de guerre, Selon que la concurrence était plus ou moins pressante, elles étaient plus ou moins excitées à conserver et accroître, leur puissance sous peine d’être exterminées ou asservies. Or, elles ne pouvaient la conserver et l'accroitre qu'en perfectionnant les instruments et les procédés qui augmentaient leurs forces et leurs ressources aussi bien que les règles de conduite individuelle ou collective qui en prescrivaient l’emploi utile et en empêchaient le gaspillage. C’était l'office de l'autorité de surmonter les obstacles que la paresse, la lâcheté, l’appétit déréglé des jouissances opposaient à l’emploi des instruments et aux règles de conduite nécessaires pour donner la victoire. Et l'efficacité do l'autorité dépendait de l'intensité de la foi aux Divinités du clan, de la tribu ou de la nation. On s'explique ainsi que c’est à la fois aux sociétés les plus religieuses et soumises à la concurrence la plus continue et ia plus intense que l’humanité a été principalement redevable de ses progrès.

Mais les religions on imposant, par l’autorité de Divinités en possession d'une puissance souveraine, l'observation de règles de conduite qui avaient pour

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