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r'LTIMA VKHBA

effet de déterminer les progrès à le fois matériels et moraux de ta société, surtout cher. les nations qui subissaient au plus haut degré la pression de la concurrence, ces progrès devaient finir par provoquer ceux de la religion elle-même. Les mœurs des Divinités qui n’avaient au début rien de choquant et n’empèchaient point de vénérer leur puissance bienfaisante ou malfaisante, leurs adultères, leurs incestes et leurs autres vices, à mesure que l’étalon moral s’élevait, ne pouvaient manquer de détourner d’elles les individualités d’élite. Telle fut la cause principale, sinon unique, qui causa la chute du paganisme et son remplacement par une religion adaptée à l’état des âmes que révoltait l’immoralité des Divinités païennes et le spectacle de la corruption dont elle était la source.

Lo christianisme leur offrit une Divinité de mœurs pures, une Divinité pratiquant elle-même la morale qu'elle imposait, et poussent jusqu’au sacrifice l’amour qu’elle portait è l’humanité, ce dont ne s’étaient jamais avisées les Divinités du paganisme. Et tandis que ces Divinités mesuraient leurs faveurs è ta valeur des offrandes, le christianisme s'adressait de préférence aux pauvres et aux esclaves. Il relevait aussi la condition de la femme en remplaçant lo culle de Vénus et les saturnales des Bacchàules par la vénération d’une Vierge élue pour incarner le Messie divin. En élovant en dignité un sexe que ie paganisme avait subalternisê, le

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le de France

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christianisme devait toucher profondément finie féminine, et l'on s'explique qu’elle lui soit demeurée fidèle aux époques les moins croyantes. Parmi les causes de son rapide et universel succès, [on peut noter encore le peu do changement qu’il apportait dans les habitudes de la pratique religieuse. Aux dieux assujettis au matlre souverain, aux demi-dieux et aux divinités domestiques il substituait un personnel nombreux d’archanges, d’anges, de saints et de saintes, — au-dessus desquels apparaissaient ta Vierge-mère et la Trinité — auxquels on pouvait demander les mêmes services, et que représentaient des images en bois ou en pierre, peu différentes des idoles du paganisme.

Le christianisme est demeuré la religion de l'élite de l’humanité. Cependant il a à lutter contre des causes de plus en plus actives de décadence. Ces causes sont toutefois moins gyaves que celles qui ont mis fin au paganisme. Car elles ne résident point dans l'infériorité tporale de ta Divinité elle-même. Le Dieu des chrétiens est resté un idéal de vertus surhumaines. Telle est la pureté de cet idéal et tel est son éclat que les vices de quelques ministres de son culte n’ont pu l’obscurcir Mais s’il n’a point offensé l’esprit, comme les Dieux, païens, par une infériorité morale devenue sensiblei la conception arriérée de son existence et de son action sur la matière a été chaque jour conlredite davantage par les progrès des connaissances humaines et est devenue inacceptable è l’inlelligence,

Le spiritualisme a précédé le matérialisme. Sous l’excitation du sentiment' de la religiosité qui existe, quoiqu’à des degrés difTérents, dans toutes les variétés de l’espèce humaine, l'intelligence de l’homme a conçu l’existence d'êtres supérieurs à lui-même ; il les logeait dans les choses et dans les êtres et leur attribuait des passions et des besoins analogues aux siens. II les concevait bons ou méchants et leur faisait des cadeaux, leur payait un tribut pour obtenir en échange leur protection et -leurs secours ou désarmer leur malveillance. Lorsqu’il commença à réfléchir sur son origine et sur celle des choses et des êtres qui frappaient ses sens, il leur en attribua la création. La connaissance de ces origines, les membres les plus intelligents des tribus an faisaient, selon toute apparence inconsciemment, remonter la source aux Divinités elles-mêmes. Ainsi révélées ou communiquées, elles devenaient intangibles et c'élait offenser les Divinités quo de les mettre en doute ou de leur substituer toute autre explication sur l'origine des êtres et des choses. La Genèse acquit ainsi une autorité divine el elle devint pour (es Juifs, puis pour les Chrétiens, un document sacré. On s’explique

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'ainsi que les mi nistres des Divinités aient opposé une négation persistante à toutes les découvertes qui contredisaient dans quelques-unes de ses parties ie récit de la Genèse, et obligé leurs auteurs à les désavouer. Kntre lo parole divine et une conception humaine pouvaient-ils hésiter, et la condamnation de Galilée n’élailelle pas à leurs yeux pleinement justifiée? Pouvaient-ils laisser accuser la Divinité d'erreur on de mensonge?

Cependant, malgré l’opposition des ministres des cultes, l'observation et l’expérience ont fait leur oeuvre et substitué aux conceptions primitives de l’imagination des notions positives. La science a réalisé des progrès incessants, et ces progrès, surtout dans ces dernières années, ont complètement bouleversé les traditions sacrées des religions existantes. '

Résumons les points principaux de ce désaccord entre la religion de l’élite de l’espèce humaine et la science moderne, etexaminons les conséquences de ce désaccord: 1“ Selon la tradition sacréo de la Genèse, la terre est unique et immobile. Le soleil et les autres astres qui lui fournissent la chaleur et la lumière se meuvent autour d'elle, et le Seigneur qui les a créés dirige è sa volonté leurs mouvements comme il le fit en arrêtant la marche du soleil pour permettre è Josué d'achever la défaite des Amaléciles. Lès découvertes de la science ont démoli cette légende. La terre n’est plus unique, elle fait partie d’un système sidéral ; elle n’est pas davantage

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immobile et tourne autour du soleil ; et le système où elle occupe une humble place so meut de même à travers l'espace inltni occupé par des milliers de systèmes sidéraux, dont un grand nombre sont supérieurs au nôtre. Cependant, la science, ne bornant pas là ses découvertes, a reconnu que ses systèmes sont composés de matéraux identiques à ceux dû nôtre. Quelles conséquences rationnelles pouvons nous tirer de ces découvertes? La première c'est que chaque système a été construit et se trouve gouverné par un ou plusieurs êtres divins dont la substance spirituelle est la môme que celle du nôtre. La seconde, c’est que les mouvements de cette multitude de mondes obéissent aux mômes lois qui régissent le nôtre ; ce qui nous amène à la conception des lois naturelles ;

2’ La première de ces lois, et après cela toutes celles qui ont été découvertes ensuite, et celles q,ui restent à découvrir, sont indépendantes de l’esprit aussi bien que de la matière. Elles existent par elles-mêmes, n’ont pas été créées et sont éternelles. Les systèmes sidéraux n’ont été construits et ne peuvent subsister qu’autant qu'ils sont conformes aux lois de la mécanique céleste. Chaque système ne possède de stabilité et de chances de durée qu’autant qu’il ftossède un centre de gravité qui maintienne l’équilibre entre ses parties, qu’il ait dans l’espace infini, un domaine qui lui soit propre et dans lequel les mouvements nécessaires au maintien

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8e sa stabilité et de sa durée ne soient pas troublés par ceux des autres systèmes. La connaissance et l'observation de ces lois s'imposent aux constructeurs divins de ces systèmes, et exigent, par conséquent, chez ceux-ci la puissance de mouvoir les matériaux, l’intelligence et les connaissances techniques nécessaires pour les mettre en œuvre conformément à la loi. Les créateurs ou les organisateurs de la matière constitutive des systèmes sidéraux possédaient-ils tous la puissance motrice et l’intelligence nécessaires à l'accomplissement de leurs œuvres? Et cette œuvre peut-elle être accomplie d’une manière instantanée, assurer la persistance .de leurs édifices et leur perfection ? En d'autres termes, leur construction n’exige-t-elle pas l’auxiliaire du temps, sont-ils éternels et pleinèment adaptés dens toutes leurs parties è leur destination ? N'y en a-.t-it point qui s’effondrent d’une manière prémalurée, d’autres qui présentent des défauts analogues à ceux des édifices construits de main d’homme; enfin n’y a-t-il pas la même inégalité dans ces œuvres divines que celles qui apperaissent dans les œuvres humaines — ce qui suppose la même inégalité de puissance et d’inteiii. gence. Quels que soient les matériaux composant l'universalité des systèmes que perçoivent nos regards, tous sont construits conformément à la même loi, quelles que soient les différences qu’ils présentent — soleils isolées ou géminés, nombre des planètes, etc. étais la

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construction de ces édifices n’en atteste pas moins des inégalités de ia puissance et de l'intelligence des constructeurs.

En premier liou, ta science a fait justice de la croyance k l’incorruptibilité des cieux, L'aspeot des espaces célestes se modifie j nous voyons apparaître de nouvelles étoiles, d'autres disparaître. Qu’est-ce à dire, sinon qu'elles n’ont pas une durée éternelle, que les unes viennent d'être façonnées aveo la matière encore inorganisée éparse dans l’univers ou avec les débris de mondes disparus ; que les autres n'ont pas été construits conformément aux lois de la mécanique céleste, ou de la nature plus ou moins fragilo de leurs matériaux, ou bien encore que dans l'espace qu’ils occupaient quelque perturbation extérieure est survenue, qui a dérangé leur équilibre, désagrégé leurs matériaux et précipité ceux-ci dans les abîmes où des êtres spirituels vont puiser les matériaux des mondes nouveaux,

Mais ces êtres spirituels dont nous ignorons l’origine, sont-ils, comme ie Seigneur de la Genèse, des êtres toutpuissants et capables de oréer d'une manière instantanée et sans obéir à des lois préexistantes et éternelles des mondes composés de matériaux inanimés et peuplés d’êtres animés?

A cette croyance religieuse, fruit de l'imagination, la science a substitué les données de l’observation. Elle nous apprend d’abord que notre terre a été formée de

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MÀTÉBIAUSME ET SrlIUTUAllSME

matériaux inorganisés, et que sa construction s’est effectuée aveo une extrême lenteur, qu'ello a duré pendant des milliers et pout-ôlre dos centaines do milliers d'années, que néanmoins cetta construction a des défectuosités qui en peuvent compromettre ta durée, et en rendent des parties plus ou moins nombreuses inhabitables à des êtres animés; que ceux-ci n’ont point été créés d’embléo tels que nous les connaissons ; qu’ils sont ie produit d’une série de créations ou de transformations adaptées à l’état d'avancement de leur habitat ; que les végétaux et animaux primitifs sont grossièrement construits, que la malière en a été prodiguée et imparfaitement façonnée, sans une observation exacte des lois biologiques, comme s’ils étaient l'œuvre d'ouvriers novices ; que les séries suivantes sont de plus en plus perfectionnées et moins défectueuses, qu’elles ont cependant encore des défauts de construction, et que quelques-unen semblent être de simples ébauches, comme si leur auleur n'avait point su ou voulu les achever. Toutes ces espèces entretiennent leur vio aux dépens les unes des autres, les espèces les plus basses alimentant les espèces les plus haules et puisant etlesmèmes leurs aliments dans les matériaux dont elles sont tirées ; mais parmi ces matériaux, il en est d’essentiels qu’elles épuisent et ne reconstituent point. Elles seraient dono destinées à périr, et aveo elles les espèces supérieures qu’elles alimentent, si les matériaux qu’elles Mblinèrl 17

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