ULTIMA VERSA
épuisant n'étaient point reconstitués on dehors d'elles par une espèce capable de leur apporter des autres localités où elles subsistent, ou de reconstituer sur place, les matériaux qui leur sont nécessaires. Sinon, elles sont condamnées & périr et h laisser la vie s’éteindre sur la terre, avant que les matériaux propres & l'entretenir n’aient été épuisés. Celte espèce pourvue de la puissance et de l'intelligence nécessaire pour entretenir la vie des espèces inférieures végétales et animales, a été façonnée la dernière, comme si la puissance créatrice ■ ou organisatrice avait reconnu la nécessité de son rôle, tant pour conserver les autres espèces que pour améliorer celtes qui n'étaient qu'ébauchées, C’est l’espèce humaine,
Les premières religions, qui ont remonté à l’origine de ['homme, ont attribué à sa création un grossier intérêt! o’était pour satisfaire iours besoins matériels pour leur imposer un tribut consistant en subsistances, en vêtements, on ornements, en habitation, auxquels se joignaient des hommages et des louanges. Le Seigneur de la Genèse n'exige aucun tribut en échange du domaine dont il concède la jouissance gratuite à l'homme et na lui impose que l’obéissance et l’ignorance, Il te chasse dii paradis et le condamne à mener une vie pénible et laborieuse pour avoir désobéi, crime le plus grave d’un esclave ou d’un sujet è l’égard de son maître ; plus tard, il veul anéantir cette espèce déso-
Sc-tc ’• / i - st'èc.-r -a: C',: s es -â-te
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bêissanle, b l'exception d’une seule famille. Un Messie issu de son propre sang se sacrifie pour laver son offense, sanB exiger, pour la limité dont il fait parlie, qu’un tribut moral de vénéru'inn et de louanges. Mais s'il promet b ceux qui obéissent aux commandements divins un bonheur éternel, il condamne b des peines éternelles ceux qui refusent do s'y soumettre. Ses commandements concernent d'une part la conduite des hommes les uns b l'égard des autres, d'une autre part l’accomplissement de leur devoir envers Dieu, Mais nous n'y trouvons point une raison d’être rationnelle de la création de l’espèce humaine.
Cette raison d’être, la science la trouve dans la nature même des créations divines, C’est dans les matériaux inorganiques du sol que les êtres inférieurs qui alimentent tous les autres puisent leur subsistance ; un grand nombre de ces créatures ne sont que de simples ébauches. It est nécessaire da puiser dans le soi et de mettre b la portée do chaque espèce les éléments de vitalité dont elle -, besoin, et d’élever, chacuno au plus haut point d'utilité et de beauté ; d’achever, pour tout dire, l'œuvro de la création pour augmenter les satisfactions morales et intellectuelles qu'elle procure b son oréatour. Telle est l’œuvre assignée b l’espèce humaine ol sa raison d’être. Pour la rondro capable d’accomplir cctto œuvre de conservation et de progrès, la Divinité la dote des facultés nécessaires, et qui lui sont communes avec
URTISIA VER II A
elle, tandis que !o plue grand nombre de ces facultés intellectuelles et morales font défaut aux espèces inférieures. Elle l'associe ainsi à sa propre destinée.
Que le sentiment religieux existe dans toutes les variétés de l'espèce humaine, — les plus haute» comme les plus basses, — o’est un fait qui a été reconnu partout ot de tout temps. On en a tiré, en faveur de l’existence de la Divinité, l'argument du consentement universel. L'étude de l'homme a tait découvrir la cause de ce sentiment : elle réside dans une faculté spéciale dont l’organe se trouve, avons-nous dit, dans une circonvolution du cerveau. Cette faculté se manifeste par un sentiment d'amour et de crainte pour des êtres supérieurs à l'homme, et qui l'exoilo h se soumettre h' leur aütorilé et à demander leur protection. Celle faculté, comme toutes les autres, existe h des degrés divers, mais elle est universelle'; comme toutes les autres encore, elle répond h un besoin de la nature humaine, elle est utile. Elle se résout en un simple mouvement, mais qui se propagé et excite des facultés avoisinantes, telles que l’imagination, l’inveniion à concevoir sous des choses ou des êtres qui frappent la vue de l'homme, et l’impressionnent en bien ou en mal des individualités
MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME
existantes, sous des Formes appropriées à leur nature, esprits malfaisants ou divinités bienfaisantes, qu'il est nécessaire de conquérir par les mêmes procédés dont on use envers les hommes eux-mêmes. De là lo culte. Chaque groupe humain, tribu, clan, nation, imagine le sien avec les esprits ou les divinités dont il a conçu l’existence. Quelles que soient ces divinités, si imparfaites et même si vicieuses qu’elles soient, elles sont le produit d’une faculté inhérente h l’espèce humaine. Kl quand on examine le réle dévolu h celte faculté dans le cours de l’histoire, on se convaino qu’elle a été nécessaire pour élever l’homme au-dessus des autres espèces et pour l’y maintenir. Elle est en tout cas une preuve divine de la nature même de l'homme, de l’existence d'êtres qui lui sont supérieurs et qu’il a do tous temps qualifiés de divins,
Mais nous trouvons éneoro dans l’homme non seulement une preuve de l’existence d’un monde d’êtres divins, mais encore des indices du mobile do leur activité, Toutes les facultés de l'homme répondent h des besoins de sa nature, besoins physiques, intellectuels et moraux i elles sont localisées, répétons-le, dans les circonvolutions du cerveau. Les unes lui sont communes aveo les espèces inférieures, les autres lui sont propres. Parmi celles-ci, il en est qui lui sont communes aveo les êtres qu’il qualifie de divins, telles sont l'intelligence, les facultés d'invention, d’organisation, etc.
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Elles se développent en lui-mèmo et lorsqu'elles ont acquis un certain degré de puissance, elles éprouvent le besoin d’agir, de sa mouvoir conformément h leur nature, soit d'inventer, d’organiser. L’inertie leur cause une souffrance, l’action, — la production de mouvements, — une jouissance. Tel est le mobile auquel elles obéissent, Lorsqu’elles cessent d'agir, de créer ce qu’elles peuvent produire, elles s’épuisent, et l’on voit s’affaiblir, diminuer les organes par lesquels elles agissent. C’est ainsi que la vue finit par s’éteindre lorsqu’elle cesse de s'exercer. Le besoin d’agir, de se mouvoir conformément è leur nature caractérisent l’ensemble des facultés ou forces qui ont leurs organes dans le cerveau de l’homme, et la sanction de ce besoin consiste dans la souffrance et la jouissance. Si l'homme souffre lorsqu’il ne dépense pas la surabondance de vitalité de l'une ou l'autre de ses facultés, d'où que provienne cette surabondance, cette dépense d’un excès de force lui cause une jouissance. Or, parmi les facultés qui résident dans l'homme, il en est qui évidemment lui sont communes aveo les êtres supérieurs ou divins, telles sont les facultés intellectuelles, Cela ne veut pas dire que ces êtres divins n'en possèdent pas d’autres, mais les facultés intellectuelles qu'ils possèdent ont beau être plus puissantes que celles de l’homme, elles sont de même nature et soumises à la même loi naturelle, elles doivent agir sous l’impulsion du mobile de ta douleur et de la
MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME
jouissance, Les êtres divins, quelle que soit leur origine, naissent et se développent, et lorsque leurs forces surabondent, ils doivent en dépenser l’excédent. De môme que l'homme pourvu du génie de l'invention crée ime maohine, un tableau, une slatue, un édifice, et qu’il en incarne l'idée dans la matière en la façonnant, en peut supposer chez un être divin l’idée do la oréalion d’un système sidéral. Cette idée, il la réalise telle qu'il l'a conçue en s’emparant d'une partie de la matière éparse dans l’infini et on l'organisant suivant le plan qu’il a conçu. Seulement, c’est à la condition de posséder la force nécessaire pour s’emparer de la matière et pour la façonner. Or, de même que les hommes, les êtres divins sont inégaux en forces, et cette inégalité est attestée par celle des systèmes dont ils sont les créa- ’eurs et selon toute apparence aussi, par celle des éléments et des êtres dont ils les, peuplent. Quoiqu’ils s’ingénient, comme les hommes, à économiser leurs forces, c’est-à-dire à réaliser leurs conceptions les plus vastes et les plus, solides avec la moindre dépense, ce qui suppose chez l’étre divin : 1° uno puissance de conception et d’invention dépensée avec jouissance ; 2° une force nécessaire à la réalisation de l’invention, au contraire onéreuse, produite oii empruntée, moyennant un travail, uno rétribution. La loi de l'économie dos forces apparaît ainsi dans l’œuvre de la création, et peut-êlre celle de la concurrence des êtres divins utilisant leurs
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ULTIY 'HUA
forces aveo un maximum d'économie pour s’emparer de la matière et la mettre en œuvre.
Mais cette mise en œuvre, — savoir la construction d'un système destiné h satisfaire les besoinsi'ntelleotuelset moraux de t’ètro divin, — cette construction est soumise à une autre loi naturelle, celle de la mécanique céleste.
La science. — La conception religieuse de la oréation de la terre et des êtres vivants, y compris l’homme, qui la peuplent est restée, chez les peuples appartenant à notre civilisation, celle de la Genèse, La terre est créée par un être divin qui la tire de l'abtmeoù les matériaux qui la constituent se trouvent confondus. Ces matériaux, il les sépare, les organise, s’en sert pour façonner une multitude d’étres qu'il anime. Cette œuvre, il l’accomptil en six jours, h sa satisfaction, car « il vit qu’elle était bonne » et se reposa le septième, La terre qu’il a créée, il la possède et la gouverno souverainement. Il dispose à sa volonté des éléments aussi bien que des êtres, arrête par exemple la marche du soleil et répand les eaux du déluge. La conception du paganisme ne diffère pas essentiellement do celle-lè que le Christianisme a héritée du Judaïsme. Un monde unique créé et
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gouverné par un maître tout-puissant el omniscient, tel est le fond général des croyances religieuses,
La science a bouleversé ces croyances en démontrant d'une part la multiplicité des systèmes sidéraux, el mémo qu’ils sont composés des mêmes matériaux que notre terre, d'une autre, l’existence do lois naturelles qui régissent l'uriirersalité des choses et des êtres, lois physiques, chimiques, mathématiques, biologiques, économiques, morales, préexistantes et éternelles, aux- 4uot les les Divinités elles-mêmes doivent se conformer dans leurs couvres, La science constate encore qu'elles ne s'y conforment pas toujours, que leurs œuvres sont imparfaites et périssables, ce qui semble attester que dans leur domaine agrandi et peuplé do mondes innombrables, elles no sont cependant ni toutes-puissantes, ni omniscientes.
Les lois naturelles existent par elles-mêmes, elles sont étemelles el indépendantes de leur application ; deux et deux ont fait et feront toujours quatre, les trois angles d’un triangle onl êlê et seront toujours égaux à deux angles droits, En organisant la matière, en construisant des systèmes sidéraux, en les localisant et en établissant ordre eux un ordre régulier et permanent, les créateurs divins ont dit se conformer, comme les constructeurs de nos édifices, aux lois dé la mécanique, de même qu'en créant les espèces innombrables et diverses d'êtres animés ils ont observé les . lois de la bio- ' -V '■ ,
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(ogio, sous peine d'en faire des monstres incapables de conserver la vie et de remplir la fonction ou d’atteindre le but qui leur est assigné. Il en est ainsi de toutes les lois naturelles, soit qu’elles régissent l'esprit ou la matière. L'intelligence no peut faire pénétrer, par exemple, la pensée qu’elle a conçuo dans .l’intelligence d’autrui qu'en observant les lois de la dialectique et de la logique. Si des êtres composés d’éléments spirituels et matériels dans des proportions diverses éprouvent le besoin de s’associer, ils devront combiner leurs forces et les faire fonctionner conformément à des lois j s'ils ignorent ces lois, ou ne les observent point correctement, la société ne tarde pas & se dissoudre, non sans que chaque dérogation aux lois de l’association ait causé des pertes et dommages aux associés et & autrui.
Or, si l’on considère les mondes et les êtres animés dont l’univers est peuplé, on s'aperçoit que leurs auteurs ont dû se conformer à ces lois préexistantes è tonte création ; on constate aussi, en examinant tes imperfections de quelques-unes de leurs œuvres, qu'ils tes ont parfois ignorées ou méconnues ; d’où l’on est amené à conclure qu'ils les ont apprises comme les apprennent les. hommes eux-mêmes, par l'observation et l'oxpérience ; qu’ils ont renconlrê dans les choses et dans les êtres des résistances è leur application ; qu’ils n’ont surmonté css résistances qu’avec l'auxiliaire du temps ; qu’ils ont procédé par des lêtonnemenls soit
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•MATÉIIIAUS.ME ET SPiniTUAUSMK
qu’ils ignorassent les lois auxquelles il leur fallait se conformer, soit qu'ils rencontrassent, dans la matière et les forces composantes de la chose ou de l'être qu,'ils avaient conçu et qu'ils voulaient produire, des difficultés que l'insuffisance de leurs connaissances ne leur
avait pas fait pr 'voir. •
Tandis que la religion nous a révélé comme un arfiole de foi que nofro terre a été l’œuvre d’un être divin tout-puissant et omniscient, et que Ie3 êtres qui la peuplent ont êfé créés d’une manière instantanée et parfaite, que nous a appris la science par une lente accumulation d'observations? Elle nous a appris que la Terre et probablement le système sidéral auquel elle appartient ont été le produit d'un travail qui s'est prolongé pendant des milliers de siècles ; qu’avant d'être rendue habitable à l’homme, elle a subi une lente préparation ; que l’œuvre accomplie dans ce laborieux travail de création n’a pas été irréprochable, qu’elle a des défectuosités de construction qui diminuent su solidité et causent de fréquentes catastrophes dont sont victimes les êtres qui la peuplent •, que là longue durée qu'a nécessité sa formation sé partage en périodes : on découvre une série d’èlres appropriés à l’état d'avancement des éléments nécessaires è leur existence, que ces êtres ont été d’abord grossièrement façonnés et organisés d'une manière mat conforme aux lois biologiques; que dans la période suivante, des êires moins imparfaits leur ont
succédé, comme si leurs constructeurs avaient fait un apprentissage ; enfin que même dans la dernière période, tous sont encore plus ou moins défectueux ou comportent des perfectionnements qui diminuent leurs défauts et développent leurs qualités, soit qu’ils ressemblent & des machines dont les organes sont trop faibles ou mal agencés et qui ont besoin d’ètre mieux conformés aux lois de la mécanique pour donner un meilleur rendement. Tous exigent aussi, après le travail do construction, un travail supplémentaire de conservation. iis se' dégradent, tombent en décadence et périssent si les matériaux et les forces qui les composent ne sont point suffisamment onlretenus et renouvelés par , la consommation de matériaux et de forces qui conviennent à leur nature. Or l’édifice de la vitalité a de nombreux étages dont les plus hauts reposent sur les plus bas, et dont les fondements sonl creusés dans le sol, C’esl dans le sol que les espèces végétales, qui fournissent tes éléments de vitalité aux espèces animales, puisCnV les leurs. Si la quantité que chaque espèce . trouve dans le sol, et qui est immobilisée, s'épuise et n’est pas renouvelée par des apports extérieurs oii provenant d’une coucheplüs profonde él mise h sa perlée, elle péril el disparaît. Et aveo elles disparaissent d’abord les espèces animales inférieures qu’elle alimenlaitj ensuite les espèces Supérieures. )i fâiil que les matériaux propres à chaque espèce que confient’ le sol et qui s’y
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trouvent en quantité limitée, soient mobilisés artificiellement, apportés des couches où les germes de l'espèce no peuvent les chercher, ou bien encore ces germes n'ont point été répandus pour que l’espèce subsiste et que la terre è son tour ne soit point frappée do stérilité, Tel semble l'avoir été, et pour cette cause, — l'absence d'un mobilisateur des matériaux nourriciers de la vie, — le sol du satellite de la terre,
Cependant le spectacle de l’univers, tel' que nous le ' montre la science, et celui de la vio répandue sur notre terre, atteste que la création s’est accomplie en conformité aveo les lois naturelles dont l’observation est nécessaire dans la production do tous les organismes, et qui assurent leur conservation. Et cette création nous émerveille par sa grandeur et sa fécondité. La partie de l’univers sans limite qui s’offre à nos .regards est peuplée do systèmes sidéraux dont le nombre s'accroît à mesure que le progrès de nos instruments d’optique étend la portée de noire vue. Ces systèmes constituent' des masses inégales de matière et occupent de mèmè des espaces inégaux, probablement proportionnés l> leur masse et aux mouvements nécessités par les lois de In mécanique céleste, Dés espaces immenses les séparent et empêchent ohacun d’empiéter sur le domaine des autres et de troubler leurs mouvements, en ''maintenant : entre eux un ordre immuable, Toutefois, la science a ruiné par ses observations de l’état changeant de l’uni-,
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vers visible, le croyance religieuse à l'incorruptibilité des deux. Des astres s'allument et d'autres s'éteignent, occupent une portion de l'espace ou y laissent un vide. D'où l’on est amené à conclure que leur durée n’est pas éternelle: de même qu’elles occupent une place limitée dans l'espace infini, elles n’ont qu’une durée limitée dans le temps. A quoi attribuer la terminaison de leur, existence? Serait-ce l’impuissance du constructeur à empêcher l’action des causes de dissolution de la matière dont elles sont faites, ou à quelque vice provenant de l’inobservation des lois naturelles qui régissent la construction de ce genre d’édifices? Dans l’un et l’autre cas, ou peut accuser une insuffisance de la puissance ou de la science du constructeur. La même conclusion ressort de l'observation des défauts organiques des espèces vivantes, végétales ou animales.
S’agit-il enfin de l'homme? On peut constater sur ohaque individu les imperfections morales et matérielles qui l’empêchent d’atteindre le but que se proposait le créateur en mettant au monde la plus parfaite de ses créatures. Quel est ie but? Selon la Genèse, il consistait à adorer le Créateur et è lui obéir. A celto dernière condition son exislcnoe était assurée contre la mort et il devait jouir d'une félicité entière, sans l’acheter par aucun travail et aucune peine. Mais celto conception religieuse n’est-ello pas opposée à la fois aux lois physiques et morales? N'osl-it pas contraire h ta ualure
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le de France
MATÉRIALISME ET SPIRITUALISME
mime de la vie, pariant impossible?.,. Nous verrons que o’est un autre but et d’autres conditions que la science a assignées il l’existence de l’hommo,
Do tout temps les différentes races qui constituent l'espèce humaine ont cru à l’existence d'èlres supérieurs à l'homme. Ces êtres qualifiés de divins, ils se les figurent tels quo leur imagination et leur ignorance les leur faisaient concevoir. Mais h la longue, les facultés dont l’homme est doué ont fait leur œuvre. Au point où il est ariivé, il a fait la série de découvertes qui constituent la science et qui ont les unes confirmé, les autres bouleversé les données sur lesquelles se fondent les croyances religieuses.
De tout temps on avait constaté l'universalité de ces croyances, mais il était réservé è là scicnco moderne d’attester l’existence positive des êtres divins qui en étaient l'objet, en découvrant et en localisant dans le cerveau humain, la faculté qui les a fait concevoir. Or, toutes les facultés de l’homme ont un objet et répondent à un besoin do sa nature. L’existence des êtres divins acquiert ainsi une preuve matérielle qui s’ojoule aux preuves morales qu’apportaient les religions. Mais d’autres découvertes, sans louietois révéler l’origine et la
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nature des êtres divins, ont pénétré lu loi qui les fait agir, et celles auxquelles elles doivent se conformer dans l’accomplissement de leurs œuvres. Ce sont les lois naturelles. ,
C’est d’abord à uno loi naturelle que les èlrcs divins qui constituent l’univers spirituel, ont obéi en organisant la matière, en créant les systèmes sidéraux qui remplissent l’espace; c’est en observant une autre loi naturelle, la loi de la mécanique céleste, que leurs auteurs les ont façonnés et leur ont assigné une place limitée dans l’espace illimité ; o’ost en se conformant, à d’autres lois naturelles qu’ils les ont menés è bien par une sêrio d’opérations successives et qu’ils les ont peuplés d’une immense variété d’êtres dans lesquels ils ont répandu la vie et au-dessus desquels, sur notre terre, a été oréé l’espèce humaine.
L’origine de l’espèce humaine a été attribuée, par la généralité des religions, è une création directe; elle serait sortie, des mains d’un créateur divin, pourvue do toutes ses facultés, les unes communes avec les espèces inférieures, les autres avec celles des êtres divins, A celte conception primitive a succédé la théorie moderne du transformisme, à laquelle on peu! cependant opposer une objection sériel) \> liréo delà différence de nature des facultés des espèc.. inférieures et de celles qui sont communes à l’homme et aux êtres divins. Cependant si l’homme est pourvu de facultés ou de force*
MATERIALISME ET SPIRITUALISME
que ne possèdent pas les espèces inférieures, celles-ci ne sont pas, comme le pensait Descaries, de simples machines, dépourvues de liberté. La libro arbitre n'est point un pouvoir qui appartienne exclusivement A rhomme.il lui est commun avco les autres espèces. Seulement celles-ci, no possédant qu’un petit nombre de facultés, n’ont qu'un libre arbitre limité dans son exercice par leur nombre. Elles agissent en choisissant lu plus utile, celle qui importe le plus à la conservation de leur existence, fùt-elle la rnoius forte. iMais leur choix est limité par le petit nombre de leurs facultés, il ne peut se porter sur celle» qu’elles ne possèdent pas. La liberté de l’homt'ne est plus étendue ; il peut choisir entre les facultés nombreuses dont il est pourvu. S'il a affaire h uno faculté plus forte, mais dont la satisfaction lui parait nuisible, telle que celle d’un instinct physique, il peut opposer à son excès des facultés morales qu’il associe pour la réfréner et qui associées l'emporteront dans la lutte quoiqu’elles soient Individuellement plus faibles. La différence de nature de quelques-unes des facultés propres A l'homme et do celles des espèces mémo supérieures do l'aninmlilé n’en reste pas moins l’objecllon la plus forte contre le transformisme.
Mais & quel mobile a obéi le Créateur en pourvoyant l’homme de facultés supérieures A celles de l'animalité, el qu’il possède lui-même, celle qui confère, par exemple, A l’homme le pouvoir de produire, autrement de créer,
Ui.Tl.UA VEÜBA
on se servent des forces inhérentes à la matière pour l'adapter h ses besoins, et en changeant ainsi la l'ace du monde tel qu’il est sorti des mains du créateur, en supprimant notamment certaines espècos, en multipliant et, en améliorant d’autres, en construisant des édifices qui rivalisent en beauté avec les œuvres du créateur. Ces mobiles, les religions les ont conçus d’abord comme purement matériels ; iis se résolvaient dans la satisfaction des besoins physiques des Divinités, Tels sont les mobiles des religions primitives des peuples qui demandent, comme les espèces inférieures, leurs moyens d’existence au vol et au mouriro. Mais ces motifs se modifient lorsqu’apparaissent la production et l'échange. Un changement s’opère alors dans les rapports des hommes avec les Divinités, Si les Divinités du paganisme reçoive, t! r.es dons, partie matériels partie spirituels, en l'hange des services qu’elles rendent aux hommes, la i.ivinilè de la Bible se borne è exiger l’obéissance à ses ordres, Il Iraile les créatures auxquelles il a cédé la jouissance de son domaine comme des esclaves favorites, en se bornant à leur défendre de désobéir & ses ordres. Le Dieu du Christianisme est de même un souverain absolu, mais il aime ses sujets et n’exige d’eux que dr b témoignages de leur reconnaissance et do leur amour. Il se montre cependant impitoyable pour ceux qui méconnaissent son autorité et lui désobéissent, el les condamne aussi à des souiîrances
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éternelles, L'état actuel de nos connaissances sur les choses etteeêiresqui peuplent notre globe peuvent nous faire connaître les données les plus positives sur ce que la Divinité attend de l’hommo et sur les conditions nuxquelles il peut s’acquitter de ce qu'il lui doit. C’est en premier lieu de se multiplier, d'occuper toute l'étendue du globe, de se perpétuer et d’acquérir le pouvoir de remplir la téohe de conservation et de perfectionnement qui lui est dévolue. Pour remplir la première condition, l’individu doit se conserver et so reproduire, puis se conformer è la loi naturelle de l’association, nécessaire è la conservation et au progrès de son espèce, La connaissance et la pratique de cetto loi constituent la science cl l’art de la morale. L’observation de la loi morale, savoir ta conservation et l’accroissoment de forces individuelles et leur association, confère à l’es - . pèco humaine le pouvoir et la capacité d’achever l’œuvre de laoréation, lillo |y procède par la production de la valeur.
La science et l’art de le, production do la valeur sont l’objet do l’économie politique. A l’origine, le globe qui serl d’habitat è notre espèce n’a d’autre valeur que celte que lui a conférée le créateur en dépensant la force nécessaire à la production du globe. Au moment où nous sommes, s’est ajoutée celle que l’espèco humaine a produite, par uno dépense do ses forces. Celle dépense, etlo l’a faite, comme la divinité, sous l’impulsion de ses