ÉPILOGUE
Nous voici enfin|arrivés au terme de la grande course que nous avons entreprise à travers les bois deCham.
Mais avant de vous quitter, ami lecteur, nous voulons encore vous faire apprécier plus vivement les désagrémens des plaisirs hippiques lorsqu’on les pousse trop loin.
Il n’est pas d’animaux domestiques, de l’aveu meme de M. de Buffon et du libraire Roret, qui soient d’un plus détestable produit que les chevaux.
Vous pouvez facilement vous faire trois mille francs de rentes en élevant des lapins, des serins ou des hannetons : — vous arriverez même à vous faire jusqu’à six ou huit mille francs de revenu si vous donnez à vos élèves une brillante éducation et si vous parvenez à leur apprendre à battre la caisse, à chanter de grands airs d’opéra ou à faire des armes. — Quant aux personnes qui ont la manie d’élever des quadrupèdes, elles n’arriveront la plupart du temps qu’à se faire cinquante mille francs de dettes.
Plus d’un jeune sportman a mangé tousses biens en herbe, pour avoir dans ses écuries dix pur-sang qui ont fini par conduire leur maître du bois de Boulogne à la rue de Clichy.
STEEPI.E-CHASE.
Plus d’un brillant héros du steeple-chase , ayant culbuté de toutes les manières, va aujourd’hui cahin-
caha, dîner dans un restaurant à dix-huit sous où, dernier chagrin, il se voit obligé de manger du bitteck de cheval !
Ce n’est pas chez les Romains seulement que la grandeur a été suivie de la décadence !
STEEPLE-CHASE
Ami lecteur, dernière et importante observation, — gardez-vous bien de croire, — quoique la phrase soit devenue pour ainsi dire proverbiale, — que l'exercice du cheval est bon pour la santé !
Cetaphorisme ne vient pas d’Hippocrate, — il a été inventé par un maquignon.