Archives de la police. Certificat délivré à Laclos
(le farine destinés à l'armée du jNord. Dans les deux villes, le commissaire et le général usèrent de toute leur énergie pour rétablir Tordre. Les commissaires de l'Assemblée rendent hommage à leurs efforts. « Ils ont fait, écrivent-ils, refluer à Noyon et à Com- » piègne une partie des fédérés non armés qui étaient » à Reims et à Soissons ».
A ce moment tout respire la défaite. Verdun s'est rendu sans défense et sa garnison a fui. Thionville est assiégé. Paris est découvert. Les Prussiens franchissent la Meuse et s'avancent sur Sainte-Menehould. Les Ministres, TAssemblée, le public, tout le monde s'attend à un désastre. « Je n'avais pas le moindre » doute, » écrit Bertrand de Molleville, qui se cachait h Paris, « que le premier jour où la pluie cesserait, » l'armée de Dumouriez ne fut taillée en pièces ». C'était le sentiment général. A peine arrivé à Châlons, le 8 au soir, Laclos monte à cheval, explore activement les environs de la ville et le cours de la Marne. Lui aussi pressent une défaite. Il fait mieux, il veut la prévoir. Dès sa première lettre à Servan, il insiste sur le secret de sa correspondance ; « c'est une besogne de confiance » qu'il remplit. Que Servan et Lacuée gardent les originaux de ses lettres; on les « coulera à fond » ^ Il n'écrira que quand il aura quelque chose à dire et se croirait l)lus utile « en faisant des enveloppes », qu'en s'amusant à former des projets sans base et à travailler sur le papier.
« Personne, écrit-il le 13 septembre, ne s'est » encore occupé jusqu'ici, ni à Châlons, ni dans les » deux autres armées, de prévoir les dispositions h
1. La correspondance de Laclos aux Archives de la guerre est en effet très incomplète.
» prendre en cas de graves échecs, suivis d'une » marche de Prussiens sur Paris ». 11 faut, déclaret-il, que chacun sache ce qu'il aurait k faire; que Paris livré au plus grand désordre voie entrer dans ses murs, par des marches prévues et combinées, des troupes maintenues dans le plus grand ordre. C'est dans cette vue qu'il a rédigé un mémoire, que Luckner et Labourdonnaye ont dès l'abord approuvé. 11 le communiquera aux commissaires de l'Assemblée nationale « parmi lesquels se trouvent deux bons militaires » *; que Servan et Lacuée hii envoient de même leurs observations. Le mémoire dûment corrigé sera communiqué aux généraux, qui devront s'y conformer. « Je désire, concluait-il, » qu'il y ait unité d'exécution, car il vaut mieux » faire moins bien, mais concourir tous au même » but et savoir ce qu'on a à faire, que de faire mieux, » chacun en particulier, mais sans avoir de plan » général. »
Une reconnaissance minutieuse Ta convaincu que Châlons n'est pas défendable. La Marne est guéable au-dessus et au-dessous de la ville. Une inondation demanderait de longs travaux. En attendant Châlons serait tourné et ses douze ou treize mille défenseurs « pris comme dans une cage ». 11 faut donc compter cette place « pour rien ». Devant elle, le poste des Islettes est le seul qui soit vraiment fort, sans être inforçable. « Ce sont bien des espèces de Thernio- » pyles mais d'abord il faut être sûr d'avoir des » Spartiates et, de plus, mourir n'est pas vaincre '^>' .
Ceci posé, Laclos étudiait dans son mémoire trois