Paris, 1776-1796, 11 vol. in
» sur ce double axiome : La science des fortifica- ^) tions est infaillible et M. de Carmontaingne est » son prophète *. » 11 jeta Tinterdit sur la réforme et se mit à la tête de ses adversaires. Dans un mémoire sur la fortification perpendiculaire qu'il fit paraître, cette phrase décisive tomba de sa bouche officielle : « Toute nouveauté proposée en fortifi- » cation est une preuve de l'ignorance de son au- » teur, parce que tout est trouvé dans ce grand » art 2. » La querelle de la fortification bastionnée et de la fortification perpendicidaire occupa Tarmée toute entière comme celle de Vordre mince et de l'ordre profond, pour laquelle Guibert et le chevalier de Folard avaient su passionner la cour et la ville, tout autant que pour Gluck et pour Piccini. Intransigeant comme les inventeurs, aigri par l'injustice, Montalembert se crut visé par l'Eloge de Carnot et en publia une édition accompagnée de notes virulentes et presque injurieuses pour l'auteur.
C'est dans ces circonstances que Laclos fit paraître sa lettre; Grimm, qui se souciait fort peu de bastions et de casemates, la trouva [)leine de respect pour l'Académie et son auguste ministère ^, Mais Vauban et la science officielle y étaient beaucoup moins ménagés.
« Les officiers du génie, disait Laclos, propagent » avec un zèle presque religieux Topinion que » Vauban, qui fut leur chef et dont ils n'ont pas » cessé de s'inspirer servilement, était un grand