‹ Un acteur caché du drame révolutionnaire, le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803, d'après des documents inéditsChapitre 69 sur 168 · Cf. Pallain. La mission de Talleyrand à Londres en ilO'J · texte numérisé non relu

Cf. Pallain. La mission de Talleyrand à Londres en ilO'J

tifiaii, par son relard, comme par son acharnement, les avances, aussi bien que les craintes de Talleyrand.

Ce sont donc les idées mêmes de ce grand esprit dont Laclos orna et ennoblit la mission de son maître et qu'il essaya, avec plus d'audace que de bonheur, de faire pénétrer avant lui dans les conseils du roi. Montmorin en fut frappé. Il s'en ouvrait à Talleyrand lui-même avant son premier départ pour Londres et révélait à Gouverneur Morris fort étonné i( que le duc d'Orléans avait tout fait pour être au- » torisé à conclure un traité avec le gouvernement » anglais, mais qu'on lui avait refusé de France les » pouvoirs nécessaires. » 11 nous reste à dire comment s'opéra la rupture qui s'ensuivit.

Malgré l'échec de ses grands projets diplomatiques, malgré les relards calculés et l'évidente mauvaise foi du ministère, en dépit du mépris général dont l'entourait la société anglaise et des insultes des émigrés, en dé|)it même des tentations de son conseiller, le duc d'Orléans se fut fort bien accommodé de demeurer tranquillement à Londres aux côtés de M'"® de Buffon. A l'occasion du 1 "''janvier 1790, il protestait prèsdu Roi de son respect et de son dévouement, sur un ton qui marquait assez ses secrets désirs. Usuppliait la Reine de ne pas le juger d'après l'opinion de ses ennemis, et se réclamait auprès d'elle des souvenirs du passé, évoquant, non s<ins grâce, les temps plus heureux où sa jeunesse aimable et dissipée ne déplaisait pas à la dauphine. A la suite de la visite spontanée que Louis XVI fit à l'Assemblée, le 4 février, et dont l'effet fut si grand sur l'opinion profondément monarchique, le duc d'Orléans, en même temps qu'il envoyait de Londres son serment de député, se répandit près du roi en nouvelles assurances de

dévouement et d'admiration. «Je ne crois pas avoir » besoin de dire à Votre Majesté, ajoutait-il, quel » bonheur j'ai éprouvéenla voyant approuver et con- » sacrer, par sa démarche du 4, les principes qui ont » toujours servi de règle à mes opinions et à ma » conduite...» Il n'eût fallu, pour le ramener, que ménager un peu son amour-propre. La Fayette, par une maladresse aveugle, s'acharna sur ce cadavre, le contraignit, en quelque sorte, à la résistance et détermina par ses provocations un retour qu'il voulait empêcher à tout pri\.

11 se mit en rapport avec M. de La Luzerne \ qu'il avait connu aux Etats-Unis, et dont le dévouement lui était assuré. Celui-ci lui signala les entrevues nocturnes de Galonné et de « son confrère ambassadeur.» Ce fut pour La Fayette un trait de lumière. Il pressentit l'union, sous les auspices des Anglais, des deux grands ennemis de la Révolution, qui étaient aussi les siens : les aristocrates et la faction d'Orléans. 11 dépécha à Londres un de ses aides de camp, M. de Boinville, muni d'instructions, qu'il dut communiquer à l'Ambassadeur du Roi. Cet envoyé avait charge de l'instruire, par toutes les postes et, au besoin, par des courriers particuliers, des projets aristocratiques et orléanistes et de l'éclairer sur c( le soupçon qu'il avait d'une réunion entre les » deux partis, par l'entremise de M. de Galonné. » Ses instructions comprenaient l'article suivant que M. de La Luzerne ne put s'empêcher de trouver w assez singulier: » « Dans le cas où M. le duc d'Or- » léans reviendrait en France, M. de Boinville ira le )) trouver et lui dira: « Monseigneur, vous m'avez vu » aide de camp de M. de La Fayette ; je suis ici par

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