‹ Un acteur caché du drame révolutionnaire, le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803, d'après des documents inéditsChapitre 71 sur 168 · Procès-verbal en anglais. A. X. W. 294 dossier · texte numérisé non relu

Procès-verbal en anglais. A. X. W. 294 dossier

dont on le chargeait. L'Assemblée affecta de voir dans cette discussion une querelle personnelle entre La Fayette et le duc d'Orléans et, sur la proposition de Duquesnoy, passa à Tordre du jour.

Le 4, poussé par Laclos, le duc se rendit ehez

M. de La Luzerne *, pour obtenir de lui Tattestiilion

écrite de la conversation de la veille, à la suite de 1;^-

quelle Louis XVI lui proposait, un peu tard, une

seconde mission, sans doute aussi illusoire que la

première. Le duc repoussa l'offre et demanda une

audience. « Mon plus grand désir est que Voli e

» Majesté me permette de lui parler directement inec

» toute la vérité qu'un sujet fidèle doit à son roi et

» toute la confiance que les vertus personnelle!? tle

» Votre Majesté m'inspirent. Si, après cet entretien^

» elle daigne m'honorerde nouveau de sa confiance i^l

» que j'obtienne le consentement de rAssemhlée

» nationale pour cette mission, je me trouverai lun-

» reux de prouver à Votre Majesté mon empresse-

» ment à exécuter ses ordres. »

Le duc d'Orléans et Laclos arrivèrent à Piiris dans la nuit du 9 au 10. Dès le H, le prince \r,ivu\ h l'Assemblée, applaudi par le côté gauche. 11 \ini lire à la tribune un petit discours de circonstan* f ( t prêta le serment civique « que depuis longtemps il » portait dans son cœur avant que sa bouche ne le » prononçât ». Tout cela fut dit d'un ton mal assuré ; sa contenance était pleine d'embarras ; il n élait imposant que dans la représentation de cour. Liiclos s'était assuré des tribunes qui manifestèrent bruynniment. Le soir, le duc se rendit chez le Roi, qui le

1. « Ce charmant prince », écrit La Luzerne à La Fayette, ^ a lire y> de sa poche une note, qui avait l'air d'avoir été écrite à In biUtî, )> mais qui, dans le fait, était fort adroite, et que j'ai reconnnp ^lar i> celte raison être l'ouvrage de Laclos, r (La f'ayette l^» P' •*''*^')

reçut, ainsi que la Reine, très froidement. « Sa vue, dit » Ferrières, inspira un sentiment d'horreur à tous » ceux qui se trouvèrent au château. Les femmes lui » tournèrent le dos, les hommes le regardèrent avec » un mépris provoquant. Chacun crut qu'il venait » prêter son nom à quelque nouveau crime ». Vn officier du nom de Goguelat, le même qui accompagna plus tard la famille royale à Varennes, l'insulta grossièrement. D'après un libelle \ le Prince aurait assemblé son conseil pour savoir s'il devait se battre avec lui. Il avait déjà reçu soixante provocations, parmi lesquelles celles de Tilly et du prince de Condé. Goguelat annonçait qu'il n'enverrait que son valet pour se battre, si le duc n'envoyait qu'un des siens. Laclos et Latouche, avec une ardeur toute militaire, tinrent seuls pour accepter le défi. Le conseil se décida pour la négative. Quelques jours* après, la Cour, l'Assemblée et trois cent mille Français, se juraient un amour éternel sous les mains bénissantes de Tallevrand. « Le duc d'Orléans, dit » M*"® Eliott, marchait avec la procession et on fut » très surpris de le voir après les bruits qui avaient » couru. Je le reçus ce jour-là : il dîna chez moi » avec le duc de Biron et d*autres... Le duc lémoi- » gna beaucoup de regret d'avoir quitté l'Angleterre. » Plût à Dieu qu'il y fut resté '* ! »

Laclos gardait sa place, mais amoindrie. Ses appointements avaient passé de six à quatre mille francs. Il se jeta cependant dans la lutte avec une ardeur nouvelle. Quelque temps avant de quitter Londres, il avait lancé sous le nom de son maître une sorte de manifeste, destiné à ramener vers « Tor-

1. Lettre de M. Laclos écrite de Paria à M. Forth, à Londres. 27 juillet 17î)0.

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