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intérêts de la France et de la religion. Sans doute, le Missionnaire qui admettait le plan de M. de Lamothe n’admettait pas également sa manière de l’exécuter, et savait que d'autres missionnaires étaient d’un autre avis. En outre, ceux qui étaient bien établis à Michillimakinac devaient protester contre une transmigration qui lésait gravement leurs intérêts. C’est pourquoi le P. de Carheiïl se garde bien de prendre des mesures et de faire aucun mouvement, comme il parait en ètre prié par M. de Lamothe : il a le bon esprit de s’en remeitre aux Hurons qui comptent sonder à Montréal M. le Gouverneur et ses volontés. Enfin, le Religieux ne s'engage qu'avec beaucoup de réserve, car 1l a des supérieurs qui peuvent l'envoyer ici ou là, et ce n’est point à lui de choisir son poste : en quelque lieu qu’il aille, en quelque lieu qu'on l’envoie, il sera toujours très bien disposé. Il n’y a rien de plus dans sa lettre, et M. de Lamothe aurait tort d’y voir autre chose. Aussi, quelque temps après, la note change, parce que le P. de Carheil trouve qu’on est allé trop vite et sans prudence.
C'est au milieu de ces difficultés que mourait Kondiaronk dont la sagesse et l'influence auraient été d’un si grand poids. Il est probable que son opinion sur le Détroit ne différait guère de l’opinion que parait avoir le P. de Carheil ; il est certain que sa tendresse n'aurait pas supporté que l’on calomniât son Père: mais sa mort, douloureuse au cœur du Père, n’était pas moins
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malheureuse pour le Missionnaire dont la Croix et la passion grandissaient. La lettre suivante, écrite un an plus tard, nous montre le P. de Carheil aux prises avec des calomnies et des injustices qui concourent à l’achôvement de sa vertu. Le martyre sanglant ne lui est pas offert : il rencontre toujours le martyre obscur.
A Missilimakinac, le 17 Juin 1702,