XXVI II
beaucoup de voc nions de religieuses, de prêtres ou de missionnaires, avaient surgi comme sous la dernière bénédiction du martyr.
C'est bien, sans doute, le curé extraordinairement charitable, zélé et mortifié, que le sentiment populaire vénère et implore ; mais c'est surtout le martyr.
Il n'}' a qu'à lire ces pages pour constater le mart3Te matériel (comme parlent les théologiens) ; et — pour exprimer une opinion profondément respectueuse du jugement supérieur, — le martyre fonnel semble à ceux qui ont réfléchi davantage sur cette histoire ressortir d'une manière non équivoque des actes officiels : par exemple de Tinterrogatoire que Xoël Pinot subie devant la Commission militaire, aux Jacobins, avant sa condamnation à mort ; — et de ses réponses dignes des martyrs de la primitive EgHse, rem irque avec raison l'abbé Uzureau ; — enfin des dispositions qui lui firent accepter avec joie d'aller à la mort revêtu des vêtements sacerdotaux, et dire en montant les degrés de l'échafaud, comme s'il allait célébrer sa dernière messe : Introibo ad altare Dei !
Aussi cro3'ons-nous n'être pas indiscret de faire un appel pressant aux prières des lecteurs de ce livre et en particulier des prêtres et des
curés. On peut espïrer aus>i que des libéralités viendront seconder les disirs, en faveur de cette cause, de notre bien-aimé et vénéré Évêque. 11 est vrai que bien des œuvres se disputent les offrandes des âmes charitables ; mais pourquoi ne s'en trouverait-il pas quelques-unes pour penser que de contribuer à doter le clergé en général, et en particulier le clergé d'Anjou, le clergé des paroisses, d'une gloire qui l'encourage, et d'une protection qui l'aide à l'héroïsme, est une œuvre exceptionnellement belle ?
L'âme qui, par sa générosité, permettrait à la cause de Noël Pinot de suivre son cours et d'aboutir à la canonisation d'un curé mart3T, faisant suite à la canonisation du Curé d'Ars, aurait, je crois, une admirable couronne au ciel. * *
On comprend assez que ce volume convient à toute âms chrétienne. On comprend aussi quel usage apostolique les prêtres des paroisses, les supérieurs et professeurs des maisons d'éducation en peuvent faire (bibliothèques paroissiales, distributions de prix, étrennes dans les grands séminaires.) Mais à personne il ne convient mieux qu'aux jeunes gens, (petits séminaires, collèges libres, associations de jeunes gens, patronages, etc.) Il n'est pas d'âmes, en eiïet, dans lesquelles l'héroïsme trouve plus facilement un écho et puisse être plus sûrement
fécondque les âmesdesjeunesgens. Quel jeune homme droit ne serait pas enthousiasmé devant ce prêtre, si généreux et si vaillant qu'il va de plain pied au martyre comme à l'autel ?
Avant de finir, comment ne pas féliciter vivement M. le Doyen du Louroux du soin que lui contie la Providence, et du zèle ardent qu'il déploie pour une cause si belle ? Quelle source de grâces il y a là pour son excellente paroisse! Que de prières vont s'y élever dans un temps où l'Église et la France en ont tant besoin! Que de bénédictions divines, répondant à ces prières, peuvent se répandre au loin ! Qu'il soit béni de se dépenser à cette œuvre, lui-même et ses ressources. Sans doute, beaucoup de prêtres et de fidèles même étrangers à sa paroisse, auront à cœur de lui venir en aide : il s'agit de leur gloire et de leur intérêt en même temps que de ceux du Louroux. De plus, partout aux alentours^ le clergé peut encourager des visites individuelles ou collectives (ce n'est pas là du culte public) aux Souvenirs du. martyr. Et Dieu ne refusera pas, sans doute, aux prières plus ferventes des laveurs exceptionnelles.
Des miracles : c'est par là surtout que Dieu veut glorifier extérieurement ses saints ; mais d'ordinaire, — en vertu de la solidarité qui relie le ciel et la terre, — il entend que desprières fer-
La Vicifjf, le .S'(/i/(? Paul de Noi'l Pinot, cl sou Cliajicli't donné à M"'' Hriau.