GÉNÉRAL DE STAMFORD A LORD GARYSFORT
Brunswick^ 5 septembre i 80S.
Critique amère de la politique de la Prusse — Questions du Hanovre et de la Hollande. — Son dernier entretien avecHaug- "witz. — Le suicide du fils de ce dernier. — Froideur du duc de Bruns-çvrick envers Stamford. — Licenciement de son régiment. — Son désir d'obtenir un brevet de général anglais.
En renonçant à vous occuper plus longtemps de nos misérables tracasseries continentales, comme vous l'avez fait à mon très grand chagrin, et en abandonnant ce Continent à son triste sort, qu'il n'a au reste que trop mérité, j'ai espéré, Mylord, que vous excepteriez de cet abandon les personnes qui vous y sont sincèrement attachées. C'est animé de cet espoir que je prends la liberté de vous donner ce signe de vie pour vous informer qu'il y a déjà un mois que je quittai Berlin sans cependant quitter ma mission, m'étant conformé, quant à ce qui regarde ce dernier article, à ce que vous m'avez fait l'honneur de me mander des intentions de lord Hawkesbury à mon égard.
Mes principes politiques et ma manière de voir et de juger la politique du Cabinet de Berlin vous sont trop connus, Mylord^ pour que j'aie besoin de vous peindre l'indignation que j'ai éprouvée pendant les derniers mois de mon séjour à cette Cour. Quels procédés envers des voisins, dont on s'était érigé en protecteur et envers un Allié, à qui la Prusse fut redevable de son salut dans la Guerre de Sept-Ans ! Quel aveuglement que celui, d'avoir, par une augmentation do quelques milles carrés de territoires, non conquis les armes à la main, mais mendiés à Paris, pensé dédommager un Etat de la perte de sa considération ! Quelle honte de sacrifier les intérêts d'une Maison apparentée, telle que la Maison d'Orange, pour se trouver à tirer à soi-même une part plus grande dans un brigandage d'autant plus odieux qu'il n'en résulte aucuns moyens de mettre à couvert de nouveaux envahissements ce qui reste de cet Empire Germanique déchiré, tandis qu'il en offre mille à la Fiance pour l'asservir à