PROJETS ET. PUISSANCE DE LA FRANC I
GÉNÉRAL DE STAMFORD A JACKSOiN (1)
Bi'unsivick, i 7 juin 1803.
(E.\ GHIVFRE ET A l'eNCRE SYMPATHIQUE).
Envoi d'une lettre communiquée par le duc de Brunswick, Renseignements sur le Hanovre. — Projets et puissance de la France. — Inaction de la Russie et de la Prusse.
Comme je savais que M. le duc de Brunswick a un homme de confiance à Hanovre, qui lui mande tout ce qui s'y passe d'intéressant, je me suis adressé à son Altesse Sérénissime pour la prier de me communiquer ses nouvelles. Il a répondu fort obligeamment à ma demande, comme vous le verrez par la lettre, dont je vous envoie copie sous l'adresse de M. Richard.
Je ne suis au reste guère de Tavis du Prince sur ce qui regarde l'ensemble dfe la situation des affaires générales en Europe, situation que je regarde comme très critique.
Je vous suis infiniment reconnaissant de ce que vous me mandez. Tout ce qui me parviendra du pays de Hanovre vous sera
lare défiaiLive. l'ordre de se mettre ea; mouvemeiU. Se portant en avant a marches forcées, Mortier, après une courte escarmouche aux environs de Borstel, était arrivé le 2 jusque sur le Weser, dont il se disposait et dont il avait même; commencé à forcer le passage, lorsque les députés de la Régence se présentèrent à ses avant-postes, demandèrent une suspensi^jn damies qui leur fut refusée et souscrivirent, sous réserve de la ratification^ aux condiiions que leur impo&a le général (.occupation immédiate de l'Electorat el remise des places fortes). {Bfunswick-Hanovre, Volume .5 1 f» lOi). Cf. Baiuleu. PreuHsen und> Fraiihïcich ll.ti'i-liO, Lucchesini à Ilaug- \%i(z, IK maL 20 mai ei 30 nuii et Talleyrand à Laforesl. 17 mai sur les intentions du I^remier Consul et le sort futur du Hatiovre. « Le roi de « Prus&e, qui a pressenti qu'en cas de guerre la France voudrait occuper « le pays de Hanovre, écrivîwt Talleyrand, a fait à ce sujet, quelques objec- « lions ;. mais toutes se sent évanouies par In manière dont le Cabinet bri- « îanniq^e a lui-même annoncé qu'il considérait la neutralité du: pavillon " prussien. Dans cet état de choses et si les hostilités sont reprises, la u France ne peut donc pas s'empêcher d'occuper 1-e pays de Hanovre et de « fermer l'Elbe aux Anglais... Une tois q,ue cette occu-pation aurait eu^ « lieu, le Premier Consul ne se refuserait pasi» ohercher daiisce'te occa- « sion,. comme en des occasions précédentes, ce qui ijourrait être conve- « iiiible à Sa Maje-sté Prussienne. Sa Majesté a garanti Malte. Le Hanovre « serait restitué el la guerre serait termiiiée, si le Gouvernemeul anglais « voulait avoir égard à lu garantie de la Prusse.,. » ([) R. O. — 3.33.H->.
communiqué. Jusqu'ici les Français n'y ont que 14000 hommes. Ils y attendent encore 2000 de cavalerie, que les Hanovriens devront nourrir et remonter. L'idée du partage de l'Eleclorat de Hanovre n'est pas nouvelle. On assure même que l'Electeur de Hesse se propose d'en acheter à la France une partie, argent comptant. Il me semble pourtant que ce projet, bien vague en luimême et qui pourrait devenir une pomme de discorde, sera subordonnné à la question : Laquelle des deux Puissances dictera la paix ?
En peu de mois, la France aura atteint le Non plus ultra de ses moyens de nuire à l'Angleterre, quand elle se sera emparée, outre le pays de Hanovre, du Portugal et de toute l'Italie. L'Angleterre, au contraire, a besoin de plus d'une campagne pour se procurer tous les objets de compensation qu'elle doit avoir pour qu'il lui reste un excédent qui lui procure une paix solide. Qu'elle ne compte pas sur la Russie! Pour des paroles, Oui! Pour des faits, Non! On y est peut être plus faible encore qu'en d'autres pays.
Je joins ici la dislocation des troupes françaises ainsi que des notes de Brème, au cas que vous vouliez en faire usage Je suis, etc..
P. S. Les officiers français font venir leurs femmes. Berthier va faire ses noces au château du Roi à Hanovre (i). Je voudrais que M. Jackson voulût bien se persuader que ni la Russie, ni la Prusse ne se mettent en frais pour dégager le pays de Hanovre (2).
{{) 11 importe de compléicr et d'élucider cette indication. Berihier, Ministre de la Guerre, ne bougea pas de Paris pendant toute la- période de préparation et d'exécution des mouvements de l'armée de Hanovre. Il y resta encore pendant toute la durée de la tournée commencée le '2() juin et au cours de laquelle le Premier Consul, qui ne rentra à Sainî-Cloud que le It aoû', visita Amiens, Abbeville, Calais, Dunkerque, Lille, Ostende, Bruges, Gand, Anvers et revint par Bruxelles, Maës^richt, Liège, Namur, Sedan et Reims. Ce fut seulement à l'au'omne. lorsque Bonaparie songea un moment à aller inspecter les camps, qu'il faisait organiser sur le littoral, que Berthier, qui devait l'accompagner, quitta Paris pendant quelques jours, passa par Saint-Omer, Boulogne, Calais, Dunkerque et Ostende et alla examiner les fortifications de Berg op Zoom. Ce fut là le point terminus de sa rapide tournée.
Stamfurd ne parle donc pas ici du futur prince de Wagram, mais bien de son frère, le général de brigade Léopold Berthier, à ce moment chef de l'état-major de l'armée de Hanovre.
('2) Dans sa dépêche du W mai, Lucchesini avait rendu compte à Haug- \vi;z de la froideur avec laquelle on avait accueilli à Paris l'offre de la médiation prussienne, en raison même du refus opposé par l'Angleterre à l'offre de médiation qui lui avait été faite par la Russie.
iCf. Baii.liu. Preusseu und Frankreich, ex., II. l'i'L Note).