DISLOCATION DE L ARMEE FRANÇAISE DU HANOVRE
C esl UQ parti pris que leurs bons offices sont tout ce qu'on peut espérer d'eux, peut-être et que les rebuffades, que Jacobi a reçues à diftérentes reprises, serviront d'excuses très valables à ne se mêler de rien.
GLIII
Etat de dislocation de l'armée française dans le Hanovre.
afanterie 60 chevaux
Celle et environs
hommt
Ultzen ....
Liineburg .
Nienburg et environs
Osnabrûck .
Stade ....
Neustadt et environs
Hanovre ....
Parc d'artillerie.
Artillerie
Hameln ....
Harburg ....
(1) Les états de situation de l'armée de Hanovre nous fournissent les données suivantes à la date du 8 Juin.
Celle :
27' léger. .
76" de ligne. .
2' hussards .
1309 hommes 355 — montés
Nienburg :
103* de ligne
Hoya:
Osnabriick :
4/ — 5" chasseurs .
391 — montés
Neustadt ;
2* hussards 11' dragons .
23" chasseurs 13' dragons .
240 (en route pour rejoindre)
Hanovre :
9" léger. .
1" hussards
1545 hommes 308 — montés
Hameln :
8' de ligne .
Harburg :
Verden :
Artillerie .
rchims de la Guerre. Armée de Hanovre. Situations.
Brunswick^ i 7 juin 1805.
Envoi d'une lettre de Goëttingue sur l'état d'esprit de cette Université.
Extrait d'une lettre de Goëttingue qui vous peindra l'esprit qui règne dans cette Université.
« Comment peut-on croire en Angleterre qu'on formera sur le Continent une coalition en sa faveur ? Ne voit-on pas que c'est jouer le jeu de la France que de rebuter la Prusse et de se flatter de Ja pousser contre sa volonté à quelqne démarche pour la Russie ?
« D'abord, l'Empereur de Russie n'aime pas la guerre. Il est d'un caractère doux, voluptueux et timide, obligé de ménager les assassins de son Père. Le Cabinet de Saint James ne s'esl-il pas convaincu de la tiédeur de celui de Saint-Pétersbourg par tout ce qui s'est fait en Allemagne ? L'affaire de Hiidesheim seule pourrait servir de preuve que la Russie ne voulait rien faire en faveur du roi d'Angleterre (1). D'ailleurs que pourrait dire la Russie à la Prusse pour Ja faire agir en faveur de l'Angleterre ? Celle-ci n'aurait-elle pas à répondre : « Je lui ai offert « mes bons offices, elle les a repoussés. Vous-même m'avez « déconseillé d'y prendre part. Très bien. Vous en voyez les con- « séquences. Voulez-vous qu'à présent j'établisse le théâtre de « la guerre au milieu de mes Etats et m'empresse à une guerre « contre la France dans laquelle je ne puis rien gagner et cours « le risque de tout perdre ? Croyez -vous qu'entre deux maux, le
(1) l^■lr le Recès (le la Députation de l'Emiiire du 25 février 1803. il élait attribué, entre auires, au roi de Prusse, à titre d'indemnisés pour ses possessions de la rive gauche du Rliin 1 evèché de Hiidesheim (.3'2 milles carrés, 129.000 habiianis. 750.000 florins de revenus).
Sécularisé en 1801. donné à la Prusse en 1803, annexé en 1800 à la France, en 1807 au royaume de Westphalie, l'évéché de Hildoshein fit retour au Hanovre en 1815.
Le marchandage relatif à cet évêché avait dès l'automne de 1802 gravement irrité George m.
« Je trouve, écrivait le 20 septembre 1802 le marquis de Buckingham à lordGy^enville, que Hiidesheim etleseA cœ/era.s allemands ont sérieusement indisposé le Roi contre ses ministres {Dropmore Papevs. VII, 111).
i:tat des Ksi'RiTS A L'c.viVEiisni': i>e (loirrrisMii k 4î»9
<( Cabinet de BerliD ne eooseltlera pas plutôt au Roi de s'exposer « à une guerre contre la Russie que eootre la France ? »
Voici les raisons qu'on alléguerait :
AHiée de la France contre la Russie, la première tiendra l'A-Utriche en respect et elle concertera, soit la Porte Ottomane, soit les Persans, soit peut-être même les Suédois en notre faveur, et nous ferons la guerre sur une frontière éloignée avec toutes nos forces réunies. En faisant la guerre à la France dans l'état actuel des choses, le théâtre serait au centre des possessions nouvelles et anciennes de la Prusse. La France concerterait l'Autriche, contre laquelle il faudrait laisser des forces considérables. La Pologne, nouvellement acquise ne pourrait être abandonnée et l'entrée des troupes russes dans les Etats du Roi serait considérée, même étant alliées, par leur indiscipline comme un malheur po«r le pays.
Ces raisonnements ne sont que spécieux, il est vrai, mais ils existent. Il serait donc injuste et imprudent de pousser la Prusse à prendre un parti violent. On devrait, ce me semble dans la situation actuelle, se borner à ramener les esprits et s'appliquer de faire intervenir la Prusse et la Russie (1) pour faire évacuer, par leurs bons offices, TEleclorat de Hanovre. Ce serait le seul
(1) Sincère oti non, le i^ juin, le Premier Consul lirait à Saini-Gloud, dans un entretien qui dura trois heures, fait connaître à Markotî le« conditions auxquelles il consentirait à offrir la paix. 11 se prèlerait à tout, même à une sorte de Congrès, mais surtout à l'arbitrage du tsar le plus illimité, pourvu que leSiatu qu(î> de la Fra.nce fût maintenu d-«is les poiiiis essentiels... Sur iudeniancic du Premier Côu-suJ, Markoff écrivit à Woroaizow à Londres en ajoutant, il est vrai : « Plus les ofîi*es du Premier Consul me paraissent libérales et plus leur sincérité me paraît s'uspeet«. » En même t«mps il e.nvoys,it à Alexandre un comple^-endu détaillé de sa conversation. Et comme SoHix le fait remarquer quelques lignes plus loin : « Cette médiation russe remplit les cartons des chancelleries, fastidienso, fallacieuse comme un dossier de procédure. Les Anglais ne s'y méprirent pas un instant »
(SoREL. L'Europe et la Révolulion Française, Vil, 311-314).
il m'a paru curieux de relever en passant un passage du Post-Scriplum (confidentiel) du rapport de Lucchesini du 9 juin, dans lequel il rendait compte à Haugwitz des entretiens qu'il avait eus le 5 avec Talleyrand d'abord, puis avec le Premier Consul et des réponses que Talleyrand venait de faire le 8 à son Office du 5. Il ajoutait que : « En occupant le Hanovre, le gouvernement français poursuit son plan d'éloigner, en les étendant ailleurs, les limites de la monarchie prussienne des bords du Rhin afin de dominer entièrement le cours de celte rivière et d'y placer une puissance de troisième ordre comme intermédiaire entre la France et la Prusse. » (Cf. Bailleu. Preussen und Franhreich, etc. II, 161-l()i).
Enfin j'ai cru qu'on trouverait quelque intérêt à lire un passage assez curieux que j'extrais de la Private Correspondence de lord Grenville Levkson Gowku et qui peint le caractère, les manières et le tacl de M: rkoff. (Cf. Appendice).
moyen de sauver le pays, de le conserver au roi d'Angleterre, moyen plus sage, plus adapté aux circonstances que toutes les autres spéculations politiques qui ne mèneront à rien de bon et exposeront le pays de Hanovre à toutes les chances que la guerre peut amener.
Brunsivïck, 20 juin 1803.
(En chiffre).
Le duc de Brunswick furieux contre lord Hawkesbury. Stamford tentera de le pousser à agir à Berlin.
Le duc de Brunswick vient de m'adresser une lettre qui est une vraie invective contre Mylord Hawkesbury.
Je ne sais comment vous la faire parvenir sûrement. La meilleure voie serait de vous l'envoyer sous l'adresse de M. Richard. Mais j'ignore si, en lui écrivant si souvent, il ne craindrait pas qu'on le soupçonnât à la fin d'entretenir avec moi une correspon dance politique.
Veillez me mander ce que vous pensez à cet égard et me mettre à même, en m'écrivant de temps en temps quelque lettre que je puisse montrer en confidence au Duc, de l'entretenir dans les bonnes dispositions où je l'ai mis. Car j'ai dessein de faire de nouveau des tentatives pour l'engager à quitter le rôle subordonné, qu'il joue dans la politique du Cabinet de Berlin, pour en prendre un qui soit avantageux à la bonne cause et en même temps plus digne de lui.
(1) li. O. F. O. 353.80.