LA RUSSIE, L'ANGLETERRE ET LE PREMIER CONSUL
Brunswick, 24 juin i 803.
La Russie bien disposée pour l'Angleterre, d'après une lettre reçue de Paris par le duc de Bruns^vick.
Je vous envoie par la posle d'aujourd'hui, et sous couvert de M. Richard, copie d'une dépêche que le Duc a reçue de Paris et qu'il vient de me communiquer. Je ne puis deviner de quelle Cour est l'Envoyé qui a écrit cette dépêche. Il me l'a communiquée en original. Elle confirme les bonnes dispositions de la Russie envers l'Angleterre. Il est fâcheux que l'Empereur ait trop compté sur la déférence qu'aurait pour lui le Premier Consul et que cela ait également induit en erreur la Cour de Londres. Je me persuade néanmoins que si l'on continue de montrer sérieusement les dents au Lion, il rentrera les griffes. Mais toujours sera-t-il prudent d empêcher qu'il ne les plante dans la chair du roi de Prusse, ce qu'il tâchera de faire d'une manière ou dune autre.
Brunswick, 27 juin 1803.
Nouvelles de Berlin. — Irritation d'Alexandre 1^" et de Haugwitz contre la France. — Mouvements des troupes françaises vers les frontières de la Hollande.
Voici la traduction d'une lettre allemande que le Duc a reçue hier de Hambourg. Les lettres du Palatinat et de Berlin n'ont apporté rien d'agréable Haugwilz est dit-on, très irrité et indigné contre les Français. Nous pourrions bien voir dans peu les Russes dans notre voisinage, si Bonaparte ne se hâte pas de changer de ton et de manières. Jusqu'à ce moment, les
.Wz LE Oi'XKÎÎAL DE STAMFOIVD
Français n'ont pas encore évacué Ritzebullel et Cuxhaven (1).
On ne fait plus aucun cas des assurances prussiennes et on continue à ne point accepter les lettres de change de la Silésie.
Les lettres arrivées en ce moment de la Hollande portent que les Français font de nouveau marcher des troupes vers les frontières de la République batave (2).
Les deux princes, le duc de Cambridge (3) et le duc de Gloucester (4) sont heureusement arrivés à Londres. (Cette lettre était du 24).
(1) Les Français ne songeaient, pas à évacuer, du ]n(,iLii- .■: ri- nKuaent, Ritzebib*tel et Cnxliaven. Le gônérnl Frère qui. ]> y si[i;e (ji.' la cunvention (le Sijiiiingen. Mecujiail Harburg' et Stade, s'étai;. alin di? l'crnuir l'ELbe aux baiiuionis anglais ijui pourraicni (-Jicnrt; .s'y :rouver, mis en marelle sur ('uxli.-iven c' iiit/.i'liu 'l'I. que ses ii'ouju's nccui èi'<'n! !e
15 juin.
(2) (jf. l'orrespoinhim'c. V1!I, (iSv 1 . Ut ijrnérnl Jin-tlilcr. S^ini-Cîouù
16 juin 1S();î, Xe vimlani rien livrer ;:u liasard, prévuvaiit que l'Angleterre refuserai; de ra iii('i- la «"iinven; ion de Sidilingen. M'duvin! ({'.le lu siluation de Mer ier pduv.-'i! devenir eritique si l'armée Jiannvidenne recevait des renl'or s par le Mecklembourgou [lar un débarquement de troupes anglaises à Travi.'iiiiind.c ^'t Luluadv. repass:iit l'Elbeet premiit l'olTensive et qu'alors menacé sui' -es di'n'iércs il [)Ourrait éii-e ciintraiii. ii'«'\ acU'T le Hanovre. 1(^ l'remier Consul le lit snuieiiir jiar une réserve 1nr.c de trois demi-brigades avec ies([U(dles le généi'al Dessoile a\'a!ti-i'ru ordre de &e rendre dans l'évéché d'Osn djriirk e, d'où cllo surveillia-,!!. les H movriens. On y joignit, à cp.use de la n:iture du pays, deux régiment;, de chasseurs à cheval et deux de draguns. Le <-<)rps batave continua à lesior à Deventer, OÙ on devait lui envoyer trois demid^rigades en remiilacement de celles qu'emmenai; le général Dessoile.
(3) Cambridgk (Adolphe, L'rédéric. cojutc de Tippemry, Irii'.iU de Culhiden, duc de) (1774-18(in), 7« fils de George III. servit, de l?.):; a IT'.IS. dans l'armée h;in(,videnne. Entré à '.^a niajori.é à la Cdiambre des Pairs, il se rangeadu cùié de l'Opposition, du cù.édc lord (irenville. Envoyé en 1803 sur le continent pour déiciidre le Hanovre, il ne t u'da p;;s a retnurner eu Angleterre après avoir l'emis le commandement au général Wallraoden. que Morier fonai, on li- s li'. à cai)ituler. Eimeml aih:irii(- de Napoléon, il se livra à de 1"ré(jueiitrs dia.ribes comre la France. Nommé t'eld-maréchal en ]N13, gouverneur général du Hanovre, après la chuie du Roy;;ume de Westphalie, vice-Roi en bSKi. il administra inîelligenimeii: et s;igemenf cette province jusqu'au jour où le duc de Cumberldanf monta sur le trône à la mort de Guillaume IV.
CO Glotjgester (Guillaume-lM'éûéric, •2" duc de) ' r77(i-lo:îij ])or;a, jusqu'à sla mort de son père (IsiKi) le îiive do yirince (tnilh^ume <le Gloucester, ;mais n'eut le droit à celui d'Aliesse Ii<jyale qu'en lsl(;, — Entre dans i'armé(3 avec une commission de capitaine e: le rang de colonel eji mars I7S'), promu colonel en février I7:i'i. il servit avec son régiment sous S r William Mrskine en Flandre, h\l appelé le ;] mars au cruiimandement du lia" régimeni ei par lettre de service destiné a remplir peiid<uit la campagne un emploi de son grade à l'Eî;!t-M;ijor. Le bi février 179.'3, il reçut une commission de Général-Major et en mn en bre o.i lui donna le 6° régiment d'infanterie. Comniandaiiî d'une brig.-^de -> us Sir David Dundas, lors de l'expédition du Helder (179!)). il se distini.ua d:ii:s les id'hùreï
ENTRETIEN DU PREMIER CONSUt AVEC MARKOFF 503
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