LE PREMIEH CONSUL, LES RÉPUBLIQUES ITALIENNES, ETC
merce, entre autres, entre le Rhin et le Danube par la Rednilz, — le système d'agrandissement de la Maison d'Autriche, où il montra assez qu'il n'était pas Tami de cette Maison, — l'avantage d'une alliance solide entre les princes les plus puissants d'Allemagne et de la protection sincère et naturelle qu'ils devaient attendre de la France.
La question de savoir si la France gagne par le chef commun des Républiques française et italienne fut posée et Bonaparte prétendit que non II s'engagea à prouver que la France perdait par là 60 millions d'avantages de commerce. Ensuite il parla de la guerre avec l'Angleterre et dit : « J'ai fait une faute. J'ai voulu éviter les calamités d'une guerre à lEurope et j'ai trop cédé. L'Angleterre a cru que j'avais peur. Peut-être les aflairesn'en seraient pas là si j'avais refusé tout net. »
La seule chose qui m'est encore inconnue, c'est que le Premier Consul s'est compromis sur une décision de la Russie, de l'Au • triche et de la Prusse dans les disputes avec l'Angleterre et qu'il a compromis de souscrire à leurs.décisions et que la Prusse aurait accepté de mener la médiation.
Il est vrai que les négociations continuent et qu'on a établi la communication entre Douvres et Calais par un arrangement.
En attendant, les troupes françaises sont entrées dans le Royaume de Naples et elles y occupent les forteresses. Elles occuperont de même la Sicile, si les Anglais ne les y ont pas devancées (1).
Bonaparte eut encore un long entretien avec M. de Cobenzl» Le voyage du Premier Consul est difïéré de quinze jouis.
L'Angleterre n'a pas encore commis d'hostilités contre l'Espagne, qui espère encore réussir dans sa recherche d'une neutralité mutuelle avec le Portugal. Mais les hostilités continuent toujours avec la République batave. Le pauvre ambassadeur Van Steenjwijk (2) a eu le malheur de perdre tous ses efïets, qu'il attendait depuis trois mois. Un câpre anglais les a pris.
(1; L'i première colonne des troupes de (xouvion-Saint-Cyr partiL le- 15 juin d'Ancône pour entrei- dans les Abruzzes, et le 28 elle était à Burletta en marche vers Tarante. (Cf. Ciouvion-Saint-Gyu, T. II. -298-305, 399-40.5. — Correspondance VIII 6950 et G951. Au roi et à la reine de Naples. Bruxelles, 28 juillet 1803).
(2) Vos Van Stkknjwijk (Jean-Arend, baron de) (17'i()-i813) se Ri. remarquer de bonne heure à la Chambre d'Amsterdam, puis au Con?:eil des Eats. Après le changement survenu dans la forme du (îouvernement en 1795, il représenta la province d'Over Yssel avant d'être, en 1797, accrédité à Paris, où il ne fit qu'un assez court séjour. Lors de l'invasion
La Heine d'Etrurie (l) a été nommée Régente. Le chevalier d'Azara (2) cherche beaucoup à y être nommé premier Ministre par la protection du Gouvernement français. Mais sa faiblesse extrême s'y oppose.
Le Premier Consul désire le rappelle M. de Getto (3). Il s'est permis des expressions très fortes dans l'affaire d'Eichstedt (4' et il n'était pas déjà trop bien auparavant. On dit que l'Electeur a nommé un autre à sa place.
auttglaiseen 1799, il représentait LaKépublique batave n Berlin, où il resta deux ans jusqu'au jour où il fut nommé Trésorier Général de la République et Membre du Conseil des Finances. Nommé Conseiller d'Etat par 1« roi Loui.s, lors de son avènement, il devint en 1810 Gouverneur do la Gueldre et occupa ces dernières fonctions pendant près de trois ans.
L'arrivée à Berlin de Vos Van Steenjwijk à l'automne de 1799 n'avait pas été sans attirer l'attention du monde diplomatique e1 en particulier celle d'Otto. Le 27 septembre 1799, il mandait en effet à Talleyrand {^Prusse, Volume 2'2G f° 9) : « Un personnage très mystérieux vient d'exciter la curiosité des diplomates. C'est un nommé Vos Van Sieenjwijk. arrivé depuis peu. On le croit chargé d'une mission secrète du parti modéré des patriotes bataves. Il a demandé une audience à M. de Haugwitz, qui lui a répondu ne pouvoir le recevoir faute de loisirs. Il vit très reiiré, ne voit personne et écrit beaucoup. J'ai mis plusieurs personnes à sa poursuite et je préviens de cette appariti m notre Ministre à La Haye »
Trois jours plus tard [Ibidem f" 13) il savait déjà par les émissaires, qu'il avait mis en campagne, que « l'agent batave avait eu avec M, de Haugwitz une conférence de deux heures, à la suite de laquelle le Ministre se rendit à Potsdam et que depuis il avait eu avee lui une autre entrevue assez longue. »
Otto ne s'en tint pas là ; il ne cessa de suivre de près les démarches et les faits et gestes du représentant des modérés bataves à Berlin. . (1) Marie-Louise (Infante d'Espagne, Reine d'Erurie) (1.782-1824). fille du roi Charles IV, veuve le 27 mai 1803, elle devint en 1817 duches.s€ de Lucques.
{Tj AzAiiA (don José. Nicolas) né en 1731 à Barbunales (Aragon), arrivé à Rome en 17(il comme ag-eut de Sa Majesté Catholique auprès de la Daterie, collaborateur du comte de Florida Blanca, ambassadeur de fait sous son successeur, le duc de Grimaldi, à la mort duquel il devint titulaire de ce poste, s'était fait une réputation auprès des artistes et des écrivains en proiégeint le iveintre Mengs, dont il écrivit la vie. et en rédigeant l'oraison funèbre du roi Charles IIL Mais, d'autre part, il entretint avec les Cours de Madrid et de Rome et les agents de la République une correspond.mce en partie triple pendant les années 1795 et 1796, de sorte que lagranie finesse, qu'on s'accordait à lui reconnaître, pourrait bien n'avoir été que de la duplicité. Nommé ambassadeur à Paris, le 29 mars 1798, il y arriva le 26 mai, perdit, puis recouvra par deux fois cette situation et mourut le 26 janvier 1804, au moment où une dernière disgrâce venait de le frapper (Cf. Du Theil. Rome, Naples et le Directoire. Pages 94, 95).
(3) Ministre de Bavière,
(i) L'Evèchô d'Eichstedt. donné lors de lu sécularisation à la Bavière, avait été en fin de compte attribué au nouvel électeur de Salzbui-g. Eicihstedt fit retour à la Bavière «n 1805 en vertu du traité de Presboucg.