LE DUC DE BRUNSWICK ET LE PARTAGE DU HANOVRE
CLKWX DUC DE BRUNSWICIv AU GÉiNÉRAL DE STAMFJQRJD (4)
Srunswick, f 7 juillet i'80'3.
Il ne sait rien du lot qu'on lui iilastiBe. — Les doules sur ««n avenir — Les aspirations de l'Electeur de Jiesae, des duos de Mecklenibourg et d'.Oldanbourg.
Je n'ai point eu la moindre note du lot qu'on me destine et je n'en crois rien :
1" Parce q.ue Je Cabinet de Berlin n^ laissera pa:S échapjper une occasion si propice de s'emparer d'un pays si fort à sa convenance et qu'il CDnv.oite depuis ,si lûagtûmps ;
2° Parce que mes relations de famille jetteraient un jour si odieux-sur-une propasitimi pareilh que je crois qu'on ne voudra pas -me ia faire ;
3° Parce que je crois que l'Electeur de Hesse (2) s'est expliqué avoir le désir d'acheter les parlies du pays de Hanoivre les^pliHB à sa convenance ;
4" Parce.que.le.fuiur JEleetftur de Mecklembourg (•3).ain«eique,le
(2) Guillaume V, landgrave, :puis à 4)arMr .du 25 février "1808, ^Guillaume 1^', -élacteur de .Hesse+Ca-ssel (:1743i'182'l), comte de Hanovre depuis 1764, succéda commelandi^rave à son pèf e iFrédérrc II en l'78o, rpassa eii 17&7 .un traité avec l'Angleterre, à laquelle il -fournit, moyennîmt un -subside d'au .moins deux .millions , par 'an, un contingent ide l^.ftOO iTommes. En 1792, ïKentra dans la.Goalition at fournit de plus en 1793 et 1794 àl'Aftgleterrje,mûyennantun'f.ort<subside, o'abord un conlingentdeS.UOO hommes, puis un autre de i.(*00. .En 1796, il adhéra au traité de Bâle et Vécxli à partir de, ce moment en paix. avec lu .Fjrance. Après avoir vainement tenté d'obtenir en 1797 la dignité dM']l.ecteur, il vit son rêve réalisé en 1803 et bien qu'il eût conclu le 3 octobre 18Q6 avec Napoléon un traité reconnaissant la neutralité de l'Electorat, il n'en fut, pas moinsdépossédé le 1" noverribre et ses Etats servirent à constituer .le; royaume de Weatphulie. ,11 avait eu le soin, en s'éloignant de s.es Etats, d'emporter avec .lui sa cassette particulière, ses objets .lôs.plu-s.précieiïx et même sa galerie tte tableaux. 11 ne rentra à Cassel que le 21 novembre 1813, n'ayant rien oublié, ni rien appris dans son exil. A la mort de celui que ses pairs et ses contemporains désignaient sou's le nom de : banquier des Princes, OH : trouva dans ;8a cassette particulière onze millions en numéraire.
{'S) Frédérit-Françdis l", duc de 'MecklenxbourgTScbwerin ^l7î)G-ïl!837) suceéda'le 2-4août 1786 'à son oncle le duc Frédéric. .Resté neutre, ila^ait con'servé son'tr'ône ju«qil'à la fin de'l^C6, où les Français occupèrent s<5n. duché. A la demande d'Alexandre, Napoléon crnscntit à le rétablir en
duc d'Oldenbourg, (1) tous deux protégés par la Cour de Saint- Pétersbourg, ontrappéiil assez bon pour croquer des portions du ci-devant Electoral que les Hawkesbury et consorts ont donné à la France, pour qu'en le déchirant, elle ptit se faire de nouvelles créatures en AUenniagne.
A la fin de toutes ces raisons, j'ajouterai que ni un Electorat, ni un royaume ne sont des objets dignes de me tenter ; que je suis très las de ce monde et que la mort m'est plus désirable de beaucoup que le chagrin d'être témoin de tout ce que nous voyons arriver et de ce renversement total des principes qui heurte tout ce qu'on a senti dans le cours de sa jeunesse.
Brunswick, 25 juillet i 803.
Les Français semblent vouloir s'installer en Hanovre. Danger qui en résulterait pour la Prusse et les pays voisins,
Monsieur, Mon correspondant me mande que les Français s'occupent au pays de Hanovre d'arrangements qui semblent annoncer qu'ils comptent y faire un long séjour (3). L'armée de
juillet 1807 après Tilsit. En 1813, il fut l'un des premiers des princes allemands à se déclarer contre l'Empereur.
Charles II Frédéric- Auguste duc de Mecklenibourg-Strelitz (1741-1816) succéda le 2 juin 1794 <à son père Adolphe-l-'>édéric IV. Après avoir commencé par servir dans l'armée anglaise, il avait en 17G2 suivi en Portugal le comte de Lippe-Bûckeburg, avait été un peu plus tard gouverneur de Hamovre avant d'aller vivre à Darmstadt- Devenu duc, il s'efforça de mettre de l'ordre dans les finances du duché. Resté neutre jusqu'en 1801, le duc Charles dut à l'intercession du roi de Bavière d'être maintenu sur son trône pendant l'occupation de ses Etats par les Français. Il sortit de la Confédération du Rhin pour entrer dans la Coalition le 30 mai 1813.
(1) Guillaume-IMerre-Frédéric (1754-1813) succéda en 1785 à son père le duc Frédéric-Auguste, mais son ét:it de santé (la perturbation de ses facultés intellectuelles) le mettant dans l'impossibilité d'exercer le pouvoir, l'administration du pays fut confiée, à partir du 7 juillet 1788, à son cousin germain Pierre-Frédéric-Louis, prince évêque de Lubeck.
(3) Cf. Correspondance. VIII. 6956. Bruxelles 10 Thermidor an XI. (29 juillet 1803) ; Au roi de Prusse en réponse à sa lettre qui vient d'être remise au Premier Consul par Lombard. Voir aussi dans Bailleu Op. cit. II. 190 dans l'un des deux rapports de Lombard le portrait qu'il fait de Bonaparte et le passage commençant par ces mots : « Bonaparte voulait la paix »
LES FRANÇAIS ET l'oCCUPATION DU HANOVRE 517
réserve, sous les ordres du général DessoUe, reçoit des renforts par petits détachements et vient de pourvoir à sa subsistance pour quarante jours au moyen de contrats renouvelables. Plusieurs ingénieurs arrivés à l'armée du général Mortier ont ordre d'examiner les places sur l'Elbe qui pourraient être mises en état de défense et ce qu'on pourrait ajouter aux fortifications de Stade, Nienburg et Hameln pour renforcer ces places.
On a même assigné le bois destiné à être employé à cet eff'et(l).
Enfin on vient d'exiger de nouvelles sommes d'argent que le pays se trouve dans l'impossibilité de fournir vu l'épuisement total de toutes les caisses et le manque de numéraire et de crédit.
Si le projet de Bonaparte est tel que ces mesures préalables semblent l'indiquer, nous verrons avant peu une colonie gauloise établie solidement dans le cœur de l'Allemagne, d'où elle pourra s'étendre de proche en proche.
Malheur à la Prusse, à tous ses voisins, s'ils permettent à la France de faire du pays de Hanovre une immense place d'armes, d'oii elle ne manquera pas de leur dicter la loi. -
Dès que les Français auront oJanté la première palissade pou se fortifier sur l'Elbe, ce sera, je crois, le signal de sortir de ma retraite. J irai me réfugier chez vous et si la Prusse se décide à prendre les armes pour défendre la bonne cause, j'irai me ranger sous ses drapeaux en volontaire.
Tout à vous.
GLXVIII
Brunswick, 5 août i 803.
Le Commissaire ordonnateur Michaud à Brunswick.
Si j'ai laissé passer plusieurs courriers sans vous donner de mes nouvelles, c'est que mon correspondant ne m'a rien mandé qui méritât de vous être rapporté.
(1) Correspondanoe VIII. 6959. Bruxelles 29 Ijuillet 1803. Au général Berthier « Faites connaître au général Mortier qu'il ne doit pas acheter de bois à Hambourg pour la construction de chaloupes canonnières, mais se servir des forêts de Hanovre. Il n'y a aucune difficulté à faire couper sur le champ les bois dans ces forêts et à s'en servir. Ils dureront moins sans doute, mais au moins durer/ont-ils plusieurs années. II faut abandonner l'idée de rien acheter à Hambourg. »
Nous avons eu. ici le Commissaire ordoonaleiir Michaud (L).. n'entra avant-hier dans cette ville accompagné de Icois autreiS. personnes qui,, sans vouloir décliner leurs noms à. la porte, de La. ville, se dirent de la suita du Commissaire. Celaient proba? blëmeni des officiers, qui profilaient de cetta occasion pout reconnaîtra le tecr-ain. Ils arrivèrent, avant, midi et repartirent. ïe soir sans avoir demandé à être présentés au Duc. le rogardeces Messieurs comme des oiseaux de mauvais. augurje^
GÉ^fÉRAIL DE STAMFGRD' A MCKSON (2)
BnuttAwichy 8 aoûi» i>8'0S.
Envoi {Tuno lettre de RiVière à son père. Il lui conseille de rester à Brunswick. — Lombard et le Premier Consul.
Jw vous transraets^ Monsieur, la; dëpèche- chiffrée' suiva^nte- :" « M. Rivière, Secrélaire de la^ Légation- Saxonne' à PaTis-, vienU « d:écpir'e^àison père qui péside ici depuis plusieurs années-, qu'il «/ peut compter qu>e^ dans peu' ii. verra se rassembler à^ Bi?unewick «. uo> Corps- dîptematique ; qti'en cotiséqueaee, il le prie dfe ne pas
(1) Michaux (Etienne) né à Versailles en 1771^ gendarme à la compagnie d'AfIry (26 janvier 17S9;, passé au régiment' Diesbach (1*' janvier 179'2^, sous-lieuténant à la légion du Nord(l" septembre 1792), Employé à l'Etat, Major de l'armée des Pyrénées-QïàeiTtalesUSmars 1794), Capitaine adjoint près l'adjudant-général Saint-Hilaire (!•• mars 1794) Commissaire des guerres de 2' Classe (^0 mai 1791), de l."" Classe (19 mai; 1298),. Commissaire ordonnateur des Guerres (du 4 octobre ITDDau l"' mai 1806), a éîé successivement Ordonnateur en chef aux armées d'Observation du Midi, de Hanovre et' d'Espagne, a rempli les fonctions d'Ordonnateur en chef et d'Intendant général à l'armée, du. l^rtugal, destitué le 'iÛLavril 1810 comme prévenu de prévarications à propos d'une contribution dé ÎOO.OOO francs dont avait été frappée la ville d^Astorga, envoyé en exil à Bruxelles le 28 juin 1811, a joui du traitement de réformé en 1812 et 1813, a rempli par oedreda Général Dupont, Ministre de la guerre-, en date- des- 5 et 29 avril 1814, les. fonctions de Commissaire général près les armées aUiées,. accompagna Louis XVIir jusqu'à Lille en avril 1815. Admis à la retraite le 24 avril 1816. {Archives administratives^ de la Guerre)
Il est, à plusieurs reprises, question de Michaux dans la CorrespondSince de Napoléon- I'",GïitvenutV'eSi dans une Note= au général I>ejeaa' de Suint-Cloud le' 16 août' 1803 (Tome VlIP. 701©), « Faites connaître- au
Gomraissaire et^ ordonnateur Micha.nxqTie mon intention estque roTdr»ef' «" de la comptabilité s'oit rigoureuse-ment maintenu et que rind«épendance» «I dœ^s receveurs e^: payeurs soit respectée. L'argent ne- doit être reçu et w donné que par eMX et: llordonnateur n'a droit à aucun© caisse particu.- « lière »