DÉCOUVERTE DE LA CONJURATION IRLANDAISE
France, et elle remplira cette tâche glorieuse, parce que Dieu a voulu que la conjuration en Irlande fût découverte à temps (1) et que la Porte Ottomane sentît enfin qu'elle ne pouvait se sauver qu'en s'attachant plus fermement que jamais à l'Angleterre (2).
Ne m'épargnez pas les bonnes nouvelles s'il vous en arrive. J'en ai grand besoin dans le mauvais état où se trouve ma santé.
A jamais tout à vous, Stamford.
GLXXI
DUC DE BRUNSWICK AU GÉlNÉRAL DE STAMFORD (3)
Brunswick, 15 août 1 805.
Il n'ose croire à un changement de politique du Cabinet de Berlin.
J'ai reçu deux choses analogues à ce que vous me mandez.
M. de Haugwitz m'écrit sur un ton beaucoup plus ferme que par le passé. Cela me fait espérer une amélioration de principes ; mais je voudrais voir prendre quelques mesures, défensives au moins. Sans quoi, si nous montrons de 1 humeur avant d'être à même de soutenir nos thèses, nous courons le risque de recevoir des insultes et d'être pillés avant de pouvoir rien empêcher. Les arrangements militaires devront marcher de pair avec les démarches du Cabinet.
Tout à vous,
Brunswick.
(1) La conjuration en L-lande ne fut pas découverte, comme Stamford se plaît à le dire ici. On s'en convaincra aisément rien qu'en lisant la lettre que, de la Chambre des Communes, où l'on vient de recevoir la première nouvelle de ce qui s'est passé le 23 à Dublin, Wickbam adressa le '27 juillet à lord Grenville et celle que de Stowe, le 29, Thomas Grenville écrit à son frère (Dropmore Papers Vin, 176-181). Stamford, en revanche, ne se trompait pas en voyant dans ce mouvement, qui éclata trop tôt, la main de Bonaparte. (Cf. Correspondance VIII, 699i). Au contre-amiral Decrès. Sedan, S août 1803, au sujet des appuis de tout genre que le Gouvernement donnera aux Irlandais « pourvu que 20.000 Irlandais-Unis au moins se joignent à l'armée française dans les premiers jours de son débarquement en Irlande ».
(2) Les efforts de Brune, arrivé à Constanîinople en janvier 1803, n'avaient en effet pas pu amener la Porte Ottomane à signer un traité d'allianco avec la France.
(3) R. 0. — F. 0. 353.80. Jackson Papers.
BruHswick, i&août i8'&3.
Découragement du duc.
Vous recevrez ici le Journal des Débats avec l'expression de ma recQi>QiLissiaiic€.
Quand on renonce à tous les principes, quand aucune p!ume n'ose répondre aux assertions sophistiques (sic) d'une Nation ou plutôt d'un Gouvernement qui parle seul au Continent et quand enfin la Nation allemande cesse d'être une Nation et que ses membres principaux tournent le poignard contre leurs compatriotes, que reste-t-il à espérer ? Et que reste-t-il à appréhender?
Joignez à tout ceci l'igncffance des Princes et de leurs Ministres, leur peu de caractère et la faeiJiké, que Bonaparte leur procure de gagner des pays, sans qu'il leur en coûte et d'enrichir nombre depersoûiiLes qui n'ont aucun talent, ni aucun mérite que celui d'encenser la fo-rkuoe et de se taire à pro-pos, et vous ne serez plus surpris de tout ce qui arrive et de tOHt ce que nous verrons arriver encore, surtout si l'Angleterre devait avoir le dessous dans la lutte actuelle.
GLXXIII
GÉiNÉRAL DE STAMFORD A JACKSON (2)
Brimswkk, 23 août fS03.
Bruits persistants du partage de l'Ëleetorat de Hanovre. Stamford se refuse à y croire.
Monsieur, je ne saurais voir partir M. de Stetgner sans vous remercier de votre bouté de me tenir au courant de ce qui se passe et dit de chez vous. Pour moi, je n'ai rien de bien importaol à vaus mander d'ici.
(1) R. O. — F. O. 353.80. Jackson P.,per8. {■2) R. O. — F. 0. 353.80. Jackson Papcrs.