‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 117 sur 171 · STAMFORD ET LE? BRUITS DE PARTAGE DU HANOVRE · texte numérisé non relu

STAMFORD ET LE? BRUITS DE PARTAGE DU HANOVRE

D'après^ les dfernrères^ lettres dli' jeune- Rivière à son* père' icf, on parle plus que jamais à; Paris dû' prochain partage-de'l'Ellec'torat de ITanovre, dont Ik majeure partie irait au duc dfe Brunswick, et cette affaire serait en ce moment un des points principaux des négociations de M. de.Laicchesini.

Quant à mon opinion sur ce projet, je crois qu'il n'est qu'un leurre, dont le; Pnemiar fionsul sh sert pour tnamper^ Ifet Prusse et en même temps que soporatif (sic) pour prolonger son sommeil. GommeTit peut-on croire que Bonaparte, quelque extravagant qw' il. soi t, sa décida dès à présent, à disposer d.'un pays- dont il n'est paa-sùr de restenle-Hiaîtr.e?

Bonaparte couve en ce moment un tout autre projet, très opposé à celui-ci. Il cherche à vendre les domaines royaux de cet Eléctorat et espère en retirer quinze millions d'é'cus.

Eef dtic dfe Bhunswick m'avertit de ce projet dans une conversation que j'ai eue avec lui avant-hier. Il me dit le tenir de l'a bouche d'un nommé Zetto, Allemand chargé par le GTouvernement' français dfe négocier cette vente, mais désespérant de trouver des acheteurs.

La Régence de Hanovre, à ce que m'a dit lé Duc, cherche, de son côté' à emprunter chez ses voisins une grosse somme d'argent. Elle n'a pas jusqu'ici ti-ouvé de prêteurs parce qu'on ne regard'e cette Régence que comme provisoire et que personne ne veut avancer de l'argent sans une obligation solidaire de tout le pays. Que deviendi-a cet infortuné Electoral si les Français continuent à lé pressurer, comme ils le font?'

Mbrlier avail, dit-on, exigé 15000 écus pour lés frais de la célébration de Ta fête de Bonaparte; mais il a été obligé' de se contenter de 6000'. Cela mettra ces Messieurs dans le goût dé faire payer à beaucoup d'autres, qui en ce moment-ci ne s'y attendent pas, les violons, quand ils auront envie dé danser.

D'après toutes ces communications qui me sont faites par le diic et la franchise dont il s'explique vis-à-vis de moi sur l'a condliitie du Cabinet de Berlin, dont vous verrez un échantillon par le billet autographe ci-joiut que je vous prie de me conserver (1), vous jugerez peut-être comme moï qu'il n'est guère apparent qu'il songe à devenir Electeur, quoiqu'on en dise à Paris Cependant vous pouvez compter que je continuerai à vous informer exactement de tout ce qui me reviendra à ce sujet et de ce que j'apprendrai d'ailleurs d intéressa>nt, soit par le; Duo, sroit par

(1) ir s'agit peut-être là de- la pièce précédenî'e,

d'autres canaux qui me mettront en état de vous servir, et par là, la bonne cause, d'une manière plus utile.

Recevez les assurances de mon inviolable attachement.

Stamford.

GLXXIV

Brunswick, 26 août 1 803.

Confirmation des bruits de partage du Hanovre. — Préparatifs de descente en Angleterre. — Reinhard à Brunswick.

Monsieur, Faute de nouvelles plus sûres et plus importantes, je vais avoir l'honneur de vous informer de celles qui occupent l'attention des politiques d'ici.

Des nouvelles venues de Paris, de la source que vous connaissez, disent qu'indépendamment des assurances tranquillisantes que Lombard a rapportées de Bruxelles, on a présenté aussi au Roi le projet d'un nouvel agrandissement.

Elles confirment aussi le bruit de partage de l'Electoral de Hanovre et du lot majeur qui sera assigné au duc de Brunswick, mais on ajoute que ce dernier ne conservera pas tout ce qu'il possède actuellement.

Plusieurs avis annoncent que les Français se proposent de s'emparer de l'embouchure de la Trave et de tout le Holstein.

Les rapports de Police Prussienne varient. Les uns font présumer que cette Cour est sur le point de se prononcer contre la France. D'autres disent qu'elle s'en tiendra aux offres de médiation. On prétend aussi que l'Espagne s'est mise aussi sur les rangs pour être médiatrice.

Une personne bien pensante, arrivée ces jours-ci de Paris, a entretenu M. Rivière des préparatifs immenses qui se font en France pour la descente en Angleterre. « C'est, a-t- elle dit, un esprit de vertige et l'espoir du brigandage qui anime toutes les troupes. C'est à qui se présentera pour être de l'armée d'Angleterre. On aura autant d'hommes qu'on voudra. 4000 bateaux, dont chacun portera 60 hommes et 12 rameurs, sont déjà construits (2). >»

(1) R. O. — F. 0. Jackson Papers.

(2) Cf. Colonel Desbrières. Projets et tentatives de débarquement aux Iles Britanniques [1793-1805] II et III. — Correspondance VIII, 70-26, 7030.

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