‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 120 sur 171 · L'ANGLETERRE ET LES PRÉPARATIFS DE DESCENTE · texte numérisé non relu

L'ANGLETERRE ET LES PRÉPARATIFS DE DESCENTE

fitai de notre dernière entrevue pour le lui demander. Il me répondit en substance ce que j'ai eu l'honneur de vous mander plus haut. Au reste, il m'a semblé que les préparatifs, qui se font en France pour une descente en Angleterre ne l'inquiétaient en aucune façon, vu les précautions et les sages mesures prises par le Gouvernement Britannique. Parmi ces mesures, il approuvait beaucoup celle d'avoir un grand nombre de bateaux à rames armés d'un ou deux canons qu'il croit destinés à aller à la découverte en longeant les côtes aux endroits où l'on juge qu'une descente pourrait être tentée. Cela me paraît un excellent moyen d'être averti à temps de l'approche de l'ennemi.

Brunswick, 1 2 septembre iS03.

Contributions levées par les Français en Hanovre. Von de-r Decken et Mortier.

Monsieur, Voici le détail exact des sommes que les Français ont extorquées en trois mois du pays de Hanovre.

Vous jugerez par là combien le ministre von der Decken (2) a eu raison, s'il est vrai qu'il ait dit au général Mortier: « Monr sieur, je ne saurais plus douter que ce ne soit un plan formé par votre gouvernement de combler la ruine du pays en le livrant a^ pillage complet. Je vous prie en conséquence de commencer par mes propriétés. Voici les clefs de ma maison. »

(1) R. O. F. O. ;35;}.8!). Jackson Papers.

{■i) D::cki-;n (Claus von der} (17'i2-1826) entré, dés qu'il eut fiai ses études à l'Université de Gôettingue, au service de l'Electeui- de H movre, ne tarda pas à être placé à la tête de l'administration de Brème.

Vkhden, Conseiller privé hanovrien (179o), Minlstie de Cabinet et d'Etat deuxième Curateur de l'Université de Gôettingue, la même année, Premier Curateur de cette Université (iSOi). Relevé de ses fonctions dès le début de l'occupation franc lise (1803), il re.^ta néanmoins à Hanovre, où, grâce à la considération dont il jouissait, il exerça pendant toute cette période une action des plus utiles à ses compatriotes. Menacé d'être emmené comme otage par les Français en 1813, il ne leur échappa qu'à grand peine et redevint presque aussitôt Ministre d'Etat et de Calilnet du nouveau Gouvernement. Mais la dureté et la sévérité de ce régime porièrent une assez forte atteinte à sa popularité. Il se démit définitivement d« ses fonctions en 1823, bien qu'en réalité depuis quelques années déjà il n'ait plus exercé aucune action sur la marche des affaires.

Je n'ai reçu les pièces ci-jointes qu'une heure avant le départ de la poste.

Brunsivich', i fl octobre 1803.

Envoi d'une lettre du duc de Bruns-wick et de brochures sur le Hanovre.

Monsieur, Mon mari, qui malheureusement n'est pas en état de vous écrire lui-même par une indisposition plus forte qu'à l'ordinaire, me charge de vous dire qu'il n'a rien de nouveau à vous apprendre depuis l'arrivée du Duc. Il vient de recevoir le billet ci inclus qu'il veut vous communiquer, non qu'il le regarde comme une nouvelle officielle et qu'il ne croye que ce ne soit une rodomontade des Français, mais cependant il croit qu'il est bon d'être avisé de tout ce qui se prépare et que le dire d'un officier de marine n'est peut-être pas sans conséquence.

Quant aux brochures qui paraissent sur l'invasion du royaume de Hanovre, il en pleut. Comme vous dites bien, Monsieur, on aurait mieux fait d'agir, et tous ces raisonnements, ces diatribes ne mènent à rien qu'à aigrir les esprits et à semer la dissension parmi ceux qui devraient former le bon parti et surtout penser que la réunion et iharmonie produisent la puissance et la force, comme dit notre proverbe hollandais. Pardon de ce que je m'émancipe à faire des réflexions que vous feriez sans moi.

Pour en revenir aux brochures sur le Hanovre, voici celles qui ont paru les plus intéressantes à mon mari et encore est-ce plutôt la pièce française en réponse, que l'allemande, qui est écrite avec trop d'aigreur.

Acceptez, Monsieur, les compliments tout dévoués de mon mari. Je suis. Monsieur, votre très humble et très obéissante servante,

Stamford, née de Heiden.

P. S. Vous recevrez les brochures par le chariot de poste. Nous croyons que le paquet serait trop lourd pour la pdste à cheval.

(1) R, 0. F O. .353 8 \ Jackson Papers.

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