‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 13 sur 171 · ENTRETIEN AVEC KALITCHEFF · texte numérisé non relu

ENTRETIEN AVEC KALITCHEFF

fait de grands éloges de Barthélémy et de Pichegru. Je lui ai dit que je me proposais de revenir auprès de Haugwitz sur la nécessité de négocier en faveur de la Hollande les armes à la main et il m'a fait espérer qu'il chercherait à lui faire goûter cette idée en lui laissant ignorer qu'il en avait parlé avec moi. »

Du 1 6 janvier 1196.

J'ai eu hier un entretien avec M. KalitcbefT (1). 11 me fit part de Tordre qu'il avait de sa Cour de porter celle de Berlin à rompre avec la France et à reprendre les armes ; que rimpéralrice s'ollrait à engager la Cour de Londres à lui payer des subsides ; qu'en outre Elle ferait marcher un corps de troupes là où il pourrait agir le plus utilement ; qu'EUe désirait établir un concert entre Elle et les Cours de Vienne, Londres et Berlin ; qu'EUe avait écrit 'outcelaau roi de Prusse et que lui, Kalilchefï, avait dit tout cela à Haugwitz. Celui-ci lui avait répondu que trois choses le mettaient dans l'impossibilité d'articuler une opinion sur tout cela : le Message du roi d'Angleterre sur la paix, (2j l'armistice entre les Français et les Impériaux (3) et la négociation entamée

■ orgueil démesuré s'est accru depuis lu conclusion du traité de Bâle. « Aussi les partisans de M. de H;iugwitz ne cachent-ils pas le désir de X lui en ôter le mérite et d'en décorer un agent subalterne nommé Har- « nier, dont le cabinet prussien s'est servi avec succès dans les négocia- ■< tions avec la France, mais qu'on a écarté avant de terminer sous le " prétexte d'une mission près la Cour de Munich et pour raison de ses »' principes trop favorables à l;i République. «.

Note signée (jECROes Kernkr jointe à la dépêche w 22 de lieinhard, Altona, 21 nivôse, an V, 10 janvier 1797. (Prusse, volume 9, Mémoires et Documents).

Haugwitz avait été remplacé par Hardenberg « l'homme loyal, l'homme « de nerf » d'après Czartohyski [Mémoires, I, 143) « bien disposé pour t< la Russie, qui avait de tout temps regardé le système d'union entre les » Cours de Russie et de Berlin comme la Ijase, sur laquelle reposaient " la tranquillité et la sûreté du Nord, par conséquent celle de l'Europe " entière... » (.Mautens, Recueil des Traités de la Hussie, VL. Allemagne, 351 -35;).

(1) Cf. Appendice, noie V.

(2) Le Message du roi d'Angleterre à la Cham.bre des Commui.es porte la dite du 8 décembre 1795.

(3) Proposé par les Autrichiens à Jourdan le 19 décembre, l'annistice fut signé le 1" j ;nvicr 1796. « Les généraux autrichiens, dont les troupes « étaient aussi fatiguées que les nôtres, se voyant exposés à une suite « de conibats opiniâtres au milieu de l'hiver, proposèrent un armistice. « pendant lequel les armées impéri;iles et françaises conserveraient leurs '< positions actuelles. L'armistice fut accepté à la condit'on de le dénon- « cer dix jours avant la reprise des hostilités. La ligne qui sépara't les " deux armées suivait le Rhin depuis DtiiscUlorf jusqu'au dessus de

STAMFOnD 6

arec k France par rapport à la neutralité du Nord de l'Allemagne (1).

J'ai répondu à Kalilcheff : que peut être un secours puissant de troupes russes contribuerait à dùlerminer la Prusse à reprendre les armes. — Je me suis aperçu dans cet entretien que Kalitchefî mettait beaucoup d'ardeur dans l'exécution des ordres de sa Cour qui lui a enjoint d'en conférer avec le duc de Brunswick. Comment s'y prendra-t-il pour ce dernier article F Le duc n'est pas ici et Kalitclieff' ne peut aller à Brunswick.

La correspondance de Stamford se taisant pondant plus d'un an, il n'en sera que plus utile de faire rensarquer que tandis que l'Angleterre, alarmée parles victoires ininterrompues de Bonaparte, adressait à ses ?^Iinistres accrédités auprès des différentes Cours, le Mémoire,, dont Stamford ne reproduisait que les passages les plus saillants, quelques jours avant l'ouverture des préliminaires de Leoben, avant l'arrivée au quartier-général de Bonaparte des généraux autrichiens qui venaient lui demander une suspension d'armes, le Directoire avait de son côté esquissé une démarche, sur laquelle il me semble indispensable de rappeler l'attention.

Le 19 mars 1797 (19 ventôse, an V) le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II faisait tenir à son Résident à Vienne M. de Goesar (2) les ordres suivants:

« Neuwied, abandonnait le lleuve à cette hauteur, formait un demi-crr « <ie Bingen à Mannlieini où elle rejoignaii le iiliin et ne le quitta- ■ ; « jusqu'à Bàle » (Thieus, tome VII î).

« I^icliegru ;>, lit-on dans les Mémoires cJo I>arras, 11.20..., " nous fait « part de la suspension d'armes..... 11 avance que son armée a été forcée « à cet armistice par celui consenti à IV.rmée de Sambre et Meuse. Jour- « dan do.nne la, même raisuA de son enté. "

D'autre i)art, Tuugut à Colloredo ( \' ^- r- irai ; licite Urivj'c. 1. 3;8), lui parle, dans une lettre postérieure en dAa du 9 noveni])re 179 i, de « l'ar- « jnislice si in. onsidérément conclu ».

(1) Traité de Bàle du 17 mai 1793 pour 1;! neutralité du Nord de l'Empire. — Traité de lierlin du 5 août KQ'i iiuur la neutralité dn No'rd de rAllemngne. — Traité de neulr liitô d'Ei'l;>iigen du 3 août 1796. — 1' Convention secrète de iîerlin, 5 août 179i). P;u' cette Convention on accordait en principe connue dédommas-ement a la Prusse ^Iiiu.sier, ;iu prince d'Orange, les évéchés de Wurzburg et de H.uiiberg -Cf. Prusse. Mémoires eA Docwmoiits, volume 9).

(2) " (Lii.sAii, [irésidenl ûi^ Brandehoui'g ». lit-on d;ins une note du 22 germinal, an VI {Vinitic. volume 368, f' :27U, « homme instruit, des « conniissances profondes, mais finatique pour les intérêts de son Roi « en raison des siens ».

Page 1