PAUL P'^ AUX COMTES WORONZOW ET PANIN
Une note de lord Grenvilli^.
Le jour même où Panin faisait « cette confidence » au générÊtl de Stamford, Paul I" faisait tenir à Panin, à Berlin et à Woronzow, à Londres des Instructions qu'il m'a paru indispensable de faire pasaer sous les. yeux du lecteur.
Paul I*' Empereur de Russie au conate Woronzo-w à Londres.
Saint-Pétersbourg , 30 août 1798.
Par Bos rescrits qui vous ont été envoyés précédemment, vous avez vu qu'afrn de détourner toute dispute et malentendu entre nos Alliés, qui auraient pu causer non seulement de l'empêch'ement, mais même un mal réel à la bonne cause, nous avons employé à Vienne nos représentants, afin qu'à l'égard des difficultés survenues avec la Cour de Londres sur des emprunts et les secours d'argent, on se serve d'un arrangement à l'amiable et amical. En conséquence de quoi, nous avons reçu, tant de la part de notre ambassadeur comte Razoumowsky que de celle du comte de Cobenzl, retourné à son poste,, des informations que l'Empereur des Romains, désirant sincèrement finir cette affaire à l'avantage réciproque, la remet à notre médiation, nous priant d'en devenir l'arbitre. Par délicatesse et par égard pouj* la dignité de nos alliés,
(11) Lord Grehville LEVi-:i-aN Gowi-:r. Private Corvespondence, II, 103. Note.
A.PPENDICE 6t9-
niOii»itt« Toiilons pas nous approprier ce dernier titre, mais agis>sant uniquement d'après Botre amitié envers eux et d'après la Itiaison de aos intérêts coramuns qui, dans les circonstances atCrtuelles difficiles et dangereuses exigent de notre part des eflorls analogues et énergiques, nous sommes prêts à contribuer par nos bons offices à le décision de cette affaire.
« Le paquet, que porte le présent courrier, contient des instructions données parle comte de Cobenzl au comte de StartieBaberg et domt les copies sont jointes ici pour votre information. La connaissance que vous avez vous-même de la nature de cette affaire, la certitude de l'utilité et de la nécessité de la finir, et des observations locales vous donneront des moyens suffisants, aprè» vous être concerté avec le Ministre de l'Empereur des Romains^ pour l'arrangement convenable de cette affaire, afin d'aller parla, pour les temps à venir toute tendance au refroidissement mutuel et pour ne pas occasionner de nouvelles difficultés dans les opérations contre l'ennemi, qui réussit encore plus par la raésinteïligeoee entre les alliés que par la force des armes II dépendra de votre prudence d'employer auprès des deux côtés en notre nom les insinuations les plus fortes pour leur rapprochement ».
Paul P', Empere^or de Russie, au comte Panin, à Berlia.
Saint-Pétersbourg, 30 août 1798..
« A l'arrivée de l'ambassadeur de Sa Majesté Impériale Royale, le comte de Cobenzl, auprès de notre Cour, il s'est expliqué avec notre Ministère, que, comme, conformément aux instructions qui vous ont été données par notre Rescrit du ti juillet, la négociation entamée sous notre médiation entre les Cours de Vienne et de Berlin, malgré son peu de succès, n'a pas été rompue, il n'existe non seulement aucun inconvénient pour son renouvellement, mais au contraire il est nécessaire pour l'intérêt de la cause commune de la mener à une conclusion. En conséquence de cela, il transmet des instructions au prince de Reuss dont vous recevez ci-joint les copies pour votre information, qui contiennent les demandes que l'Empereur, notre allié, tant pour sa sûreté que pour préserver l'intégrité de l'Empire Germanique, en guerre contre les Français, juge absolument nécessaires et qui, d'après la part active que nous y prenons, nous intéresse pareillement.
« Après avoir convenu avec le prince de Reuss, vous ne man-
querez pas d'employer de nouveau tous vos soins pour amener le roi de Prusse à l'arrangement de celte affaire et à l'assurance que ses engagements positifs seront scrupuleusement remplis par des faits et non par des phrases seulement. Si le roi de Prusse, sans même entrer dans la Coalition, désirait pour la sûreté de nos provinces acquises en Pologne, faire des stipulations de concert avec nous et l'Empereur des Romains, ou même séparément avec nous, vous pourrez, d'après les pleins pouvoirs que nous vous avons donnés, les conclure dans des termes clairs et propres. Nous nous réservons de vous munir des instructions ultérieures sur les affaires générales, lorsque nous recevrons les réponses de Londres et d'autres Cours et alors nous vous mettrons encore mieux en état de vous expliquer plus en détail et plus décisivement avec le Cabinet de ce Pays-là (1).
Note by lord Grenville of thb ueads of a conférence with
COUNT WORONZOW, RUSSIAN AmBASSADOH IN LONDON, ON THE PROJECT
OF A NEW Coalition ag.unst France.
Londres^ Août 17 98.
« 1° Les différences qu'il y a entre notre situation actuelle et celle de 1796, surtout par rapport à l'Autriche, qui, depuis ce temps-là, a fait la paix séparée en nous abandonnant seuls à la rage d'un ennemi auquel heureusement nous avons su résister avec fermeté et succès.
« 2" Les dépenses que nous faisons aujourd'hui pour le soutien des autres :
« L. St, 200.000 pour le Portugal et qu'il est même question d'augmenter.
« L. Si EOO.OOO destinées à la Suisse.
« L. Si 1.500.000 à peu près pour la flotte de la Méditerranée qui, quoiqu'elle nous y soit sans contredit de quelque utilité, n'y aurait certainement jamais été envoyée que sur les instances de Vienne et de Naples.
« 3" L. St, 100.000 par mois avaient été destinées pour aider l'Autriche, si elle eût voulu établir un concert sincère et surtout remplir ses anciens engagements. Mais puisque nous n'avançons pas depuis le mois d'avril, nous consentons bien volontiers à transférer ce secours à la marche d'une armée russe pour être employée à des opérations que l'on réglera du consentement
Dropmore Papers, IV, 293, 294.
commun des trois Cours, sachant d'ailleurs que c'est là le moyen le plus efficace d'aider l'Autriche elle-même.
4" Mais comme ces opérations ne peuvent être réglées qu'en concert avec celles de l'Autriche, nous avisons l'Empereur de Russie d'agir efficacement à Vienne pour persuader au Gouvernement autrichien :
« 1° de remplir ses engagements avec l'Angleterre ; sans quoi nous ne pouvons contribuer à la secourir, soit directement comme il en était question, soit indirectement par la coopération qu'on nous propose aujourd'hui.
« Cet article tient à la nécessité des discussions parlementaires et est pour cette raison d'une nécessité absolue. Tout notre crédit serait employé en vain pour faire passer de nouveaux subsides sans la ratification de cette éternelle convention.
(( II" De s'ouvrir franchement sur ses plans de guerre et de paix et sur le moment où il agira.
« IIP De tenir, en attendant, une marche plus capable d'encourager les faibles et de rassurer les bien intentionnés de l'Europe.
« 5° Sur ces bases, le Roi se prêterait (par l'entremise de votre Cour) à un concert avec l'Autriche où elle pourrait stipuler.
« 1° Pour que la flotte reste dans la Méditerranée.
« 2" Sur les secours à donner respectivement aux Suisses pour recouvrer leur indépendance.
« 3* Sur les plans militaires, auxquels la coopération des secours de votre Cour et de celle-ci serait employée de la manière ci-dessus mentionnée.
« 6" Et pour éviter la perte du temps, notre ministre pourrait déjà signer chez vous une Convention provisoire, où il serait stipulé quel serait le montant des troupes que S. M. l'Empereur mettrait en marche en retour du secours ci-dessus mentionné, si le concert venait à s'effectuer. Mais que cette Convention n'aurait son exécution qu'au cas où, d'après l'établissement de ce concert, Sa Majesté se verrait dans le cas de demander et Sa Majesté Impériale, d'accorder la marche des troupes à ces conditions.
« La somme pour les payes extraordinaires serait réglée sur le pied du projet de 1796, mais d'après le nombre des troupes employées, et resterait comme dette à être liquidée après la conclusion d'une paix faite d'un commun accord (1) ».
(1) Dropmore Papers, IV, 297 298.
Ad pièce XKIX.