LE COMTE DE GOBENZL AU COMTE DE STARHEMBERG
Ne serait-ce qu'à cause de la date on trouvera, je crois, quelque intérêt à lire la lettre que Cobenzl adressait à Starhemberg, le jour même où Mo. veau réduisait à néant à Hohenlinden les derniers espoirs de l'Autriche.
Lunéville, 6 décembre 1800.
« Le courrier Moritz, arrivé ensemble avec Mayritz, m'a apporté la lettre de lord Grenville du 17 novembre et celle que vous avez bien voulu m'adresser le 18. Si j'ai différé plusieurs jours à répondre à Votre Excellence, c'était dans l'espoir de pouvoir lui mander quelque chose de positif sur la détermination des Français, relativement à l'admission du Plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique aux conférences pour la paix.
D'après l'autorisation de lord Grenville, j'ai déclaré à Joseph Bonaparte que le collègue, avant l'arrivée duquel je ne pouvais absolument pas traiter, n'attendait que le passeport du Gouverne-
ment français pour venir me rejoindre. J'ai insisté avec d'autant plus de force sur la décision du Gouvernement français à cet égard en me refusant à toutes les tentatives qui ont été faites pour entamer du moins la négociation. Cette demande et celle de l'évacuation instantanée de la Toscane ont été les seuls objets discutés dans les difTérentes notes échangées entre moi et Joseph Bonaparte. Je ne les envoie pas à Votre Excellence, parce qu'elles auront sans doute été communiquées à Vienne à lord Minto.
Sans être intimidé desmenaces des Français, j'ai laissé venir les choses jusqu'à la rupture effective de l'armistice et à la reprise des hostilités. Il paraît que le Premier Consul ne s'attendait pas à cette fermeté et qu'il a toujours voulu se flatter que nous céderions au dernier moment ; au moins, plusieurs indices semblent ils annoncer qu'il ne serait pas impossible d'en venir encore à un renouvellement pur et simple de l'armistice en reprenant l'ancienne position, bien entendu que nous ne pourrions y consentir sans l'évacuation de la Toscane. Ce n'est que la solution de celte question qui m'arrête encore ici. Il serait sans doute de quelque avantage de pouvoir épargner à l'armée les pertes qui résultent toujours d'une campagne d'hiver. Dans très peu de jours je saurai à quoi m'en tenir et si le Gouvernement français ne se résout pas à une négociation commune avec les deux alliés, je quitte sur le champ Lunéville, en informant aussitôt Votre Excellence. Entre temps je n'ai pas voulu la laisser si longtemps sans aucune nouvelle de ma part.
Je n'écris pas aujourd'hui moi-même à lord Grenville, parce que dans la circonstance actuelle je suis obligé de me servir de chiffres, mais Votre Excellence voudra bien lui faire part du contenu de cette dépêche.
Je crois très apparent que le parti, que je serai dans le cas de prendre, sera de m'éloignerdu lieu des négociations. En tout cas, Sa Majesté aura prouvé à ses peuples et à l'Europe entière qu'aucun des moyens combinables (sic) avec les engagements qui l'unissent au roi d'Angleterre n'a été négligé pour faire cesser le fléau de la guerre et que c'est l'obstination seule du Gouvernement français de vouloir à tout prix séparer les deux Cours qui est cause de la reprise des hostilités. » [Dropmore Papers, VI, 410-41 i).
L'arrivée de la nouvelle de la victoire de Hohenlinden devait quelques jours plus tard déterminer la nouvelle altitude de l'Autriche et de son plénipotentiaire.
700 LE GÉNÉIiAL DE STAMFOIiD
« Le comte de Cobenzl, lit-on dans un Mémoire rédigé quelques années plus tard par le chevalier de Bray, qui représentait la Bavière à Vienne, n'avait plus joui d'aucun crédit depuis son retour de Rastatt. Une maladie dégoûtante, dont il fut attaqué et qui, de fort laid qu'il était, l'a rendu hideux, écarte de lui au physique comme son caractère perfide en écarte au moral. l\ devait épouser par procuration la Grande-Duchesse (1), mais il inspirait un tel dégoût et une répugnance si invincible à l'Impératrice et à la Princesse, qui aurait été obligée selon le rite grec de boire à la même coupe que lui dans la cérémonie du mariage, qu'on dût renoncer à ce projet et que 1 Archiduc fut obligé de venir en personn'î. » (Revue d'Histoire Diplomatique^ année 1905, volume XXXII, page 582).
Ad pièce CXXXI.
Deux lettres de Frédéric-Guillaume III à Lucchesini.
( / 5 décembre i 800 et 2 janvier 1801).
Bien que la dépêche du 15 décembre i 800 de Frédéric-Guillaume III n'ait pas été complètement déchiffrée et qu'elle présente par suite plus d'un point obscur, je n'ai cependant pas cru pouvoir me dispenser de l'extraire du volume Prusse, 223, n» 1, f" 158 161.
J'ai d'autre part pensé qu'on lirait avec intérêt la dépêche du 2 janvier jSOI — déchiffrée intégralement quoique le roi de Prusse se fût encore servi de son nouveau chiffre — dans laquelle après avoir fait connaître à son ministre à Paris ce qu'il pense de la mission de Sprengporten, il se préoccupe de la tournure qu'allaient selon toutes les probabilités prendre les négociations de Lunéville.
Berlin, le 15 décembre 1800.
Le HOi DE Pkusse a Luccuesini.
« J'ai reçu avant-hier votre dépêche du 6 de ce mois expédiée à l'occasion du courrier Dieckmann à Wesel.
« J'ai lu avec satisfaction 1637 et ne puis assez vous témoigner combien j'approuve le 4057 et la sage mesure que vous avez apportée à l'exécution 705 de mes ordres du 13. Vous avez au
(1) La Gri.iKie-DnchesscAlexaiidruPavlovnaiiiii épousa l'archiduc Joseph.
AI'I'KNDICK 701
mieux rempli mes desseins à cet égard et l'heureîix effet de voire marche 2387 et 1100 se fait déj'i sentir par le 1698, avec 'eqiicl 242 s'est résigné à attendre la réponse de la Russie, malgré le refus prononcé d'une garantie positive de la rive gauche du Rhin. C'est un point 4076 d'avoir posé en principe 4260, 4365, 892, que je ne puis d'après les 4952 mêmes du général Bonaparte que me tenir sur la même ligne avec celte Puissance et je suis d'autant plus charmé de voir ce principe admis et reconnu que l'on ne peut 1458 répondre encore de la manière dont l'Empereur de Russie aura accueilli mes dernières propositions importantes 1328 encore des copies que le baron de Kiiidener 4781 attache comme vous le 3845 aux idées du comte Panin et 1425 aux intérêts de l'Angleterre a 4690 l'envoi du Mémoire que vous connaissez d'observations absolument contraires à mon système. Il les aura 2343 adressées à cet ancien Vice-Chancelier (1) et 3017, toujours imbu de l'idée de faire rentrer sa Cour et 1348 dans la Coalition contre la P'rance, n'a jamais donné les mains à un projet qu'il eut regardé comme le coup de grâce porté à cette association. 1041 le courrier doit être arrivé à Pétersbourg deux jours après sa retraite, mais il reste toujours douteux sous quel point de vue les 4728 contenues dans le Mémoire et les observations du baron de Kriidener ont été présentées àl'Empereiir et dans quelles dispositions elles l'auront trouvé 5053, 2093, 3767 de celles de la France. Mais à en juger par plusieurs indices, il me semble que l'on pourrait se flatter de son 4939. Néanmoins, il faut supposer qu'elle ne montre aucune opposition à l'évacuation de la Bavière sous une garantie 1945, parce que le Sieur Otto a fait entrer cet article dans son projet de traité 3812. Les traités particuliers que le Gouvernement français est disposé à conclure avec d'autres princes, tels que le duc de Wurtemberg, viendront à l'appui de la proposition d'une évacuation totale de la rive droite ef ne peuvent 2313, 3844 l'exécution. Enfin la garantie de la rive gauche, que le Premier Consul a proposée, si elle n'est et ne peut être accordée dune manière explicite et positive, le sera toujours virtuellement et par le fait, puisqu'en rétablissant et garantissant la paix, vu l'état de neutralité de l'Allemagne, nous aurons 4449 la France contre toute attaque sur les pays de ladite rive.
« Je suis extrêmement impatient de recevoir la réponse de Pétersbourg pour pouvoir 3767 pousser l'offensive en France et je me flatte de n'être plus fort longtemps h l'attendre. 1489 verradu
(1) Panin venait de tomber en disgràre el d'être relevé de ses fonctions.
reste quelles sont les vues du général Bonaparte sur cet article relativement aux îles ci-devant vénitiennes, qu'il voudrait introduire dans le traité avec la Russie et nous pourrons après 3319 nous décider 378.
« Je serais curieux de savoir par quel canal le duc de Wurtemberg a demandé et obtenu les passeports qui viennent d'être accordés 't ses Plénipotentiaires. Les principes du Gouvernement français sur les arrangements séparés à conclure avec les princes de 1 Empire de cette 2709, 1142 s'accorderont difficilement avec mes vues sur TaffranchissemenJ, de la rive droite et ne peuvent, ainsi que je l'ai déj\ observé, guère les favoriser. Ils serviront ainsi à motiver de plus en plus mes 4939 prononcés à 3747 de la rive gauche, parce que tous ces princes y ont renoncé ou ne manqueront pas d'y renoncer pour leur part. 4342 être instruit ; 1692 du projet de traité rédigé par le Sieur Cetto. Mais je dois observer que tout en appuyant de notre mieux la négociation de ce Plénipotentiaire, il faudra 2454, 1592 que dans le traité à conclure on n'y articule pas nommément les articles 3910, 1212, que l'Electeur voudrait obtenir à titre de compensation. Tout arrangement défi nilit à cet égard doit être réglé entre les cinq Grandes Puissances et dans les traités 946 des princes à indemnités, il suffit d'établir 2427 le principe de cette indemnité. — Cette précaution est d'autant plus nécessaire dans celui de l'Electeur qu'il y est 1176 question de l'évèché d'Eichstâdt et de l'abbaye d'Essen et des 1248, 43"28, 4625, sur lesquels à raison de leur situation locale mes propres vues de compensation doivent porter.
« Le général Beurnonville n'a point reçu de courrier ces derniers jours et la supposition qu'il est chargé de procurer des passeports au général Clarke pour se rendre en Russie, paraît porter à faux. Néanmoins la commission de ce général français avec le général Sprengporten ne mérite pas moins l'attention la plus suivie et je suis certain que vous y veillerez du plus près possible.
« L'atïaire de la Neutralité maritime avance à grand pas. L'Empereur de Russie m'a fait communiquer son projet de traité sur cet objet auquel j'ai adhéré et mon Ministre à Pétersbourg y étant muni des instructions et des pouvoirs nécessaires, nous sommes à la veille de voir cet important 4683 définitivement accommodé. Quant 5165 militaires, il me reste à vous observer que 5830 à 4590 le 5 près de Hohenlinden, s'est confirmé et que la perte des Autrichiens en prisonniers seuls doit monter 409 à 7 ou 8.000 hommes
« Néanmoins l'Autriche, ayant repassé l'Inn doit avoir pris derrière le fleuve une position 963 inexpugnable.
« On regarde à Vienne la négociation du comte de Cobenzl comme absolument rompue et le comte de Kellef s'attendait à le voir revenir au premier jour. »
Berlin, 2 janvier 1801 (1). Le roi de Prusse a Luccuesini.
« Je suis entièrement de votre avis sur le sens des explications du Premier Consul et de M de Talleyrand envers le général Sprengporten. Elles paraissent se réduire ?» la même demande de garantie et aux mêmes assurances articulées envers nous depuis les ouvertures précédentes et moins admissibles que celles qui ont fait le contenu de notre Post-Scriptum du 7 novembre.
Le général russe s'est borné, dites-vous, à la simple expression des sentiments pacifiques de son Maître ; mais je doute qu'il ait même été autorisé à cette assurance générale, ni à écouter les propositions politiques du Gouvernement français, sa commission n'ayant eu que le but militaire de l'extradition des prisonniers. Il faudra en conséquence voir ce que produisent les rapports favorables qu'il aura faits à 1 Empereur par les derniers courriers. Mais tant qu'il se trouve à Paris et en pourparlers avec le Gouvernement, il convient, je pense, de le laisser faire tranquillement et de voir venir la France avec les nouvelles explications, dont elle pourrait vouloir se servir envers nous dans les circonstances actuelles. En efFet, la face des affaires a bien changé depuis les succès progressifs des Français en Allemagne et l'armistice qui en est résulté (2). L'introduction de cet armistice annonce, dit-on, que Sa Majesté Impériale, pour parvenir à la conclusion d'une prompte paix, ne s'arrêtera plus aux dispositions ultérieures de ses alliés. D'où je dois conclure, comme aussi on s'y attend à Vienne que la négociation pour la paix séparée va être incessamment poursuivie à Lunéville. Je m'en remets à vous d'en suivre les progrès avec la plus grande attention. Il est à présumer que la suspension d armes va être étendue aux armées d'Italie, où celle de l'Empereur pourrait se trouver dans la position la plus critique, si la possession du Tyrol accordée aux Français les mettait en état de descendre pour prendre le comte de Bellegarde à dos
(1) Prusse, volume 228, f° 193 (Ciiilïre nouveau). C?) Armistice de Sîeyer du 1b décembre IHOO.
704 LK GKNÎIUL UK SÏAMFOliD
(< Je ne sens que trop la justesse de votre réflexion générale sur le danger des nouvelles prétentions des Français à la suite de leurs rapides succès sur le Continent. Vous avez touché légèrement ces objets, mais vous en sentez toute l'importance et je suis certain que vous n'omettrez rien de ce qui pourrait nous donner sur cet objet des lumières utiles dans un moment surtout où les événements devront se lier aux idées, dont il pourrait être question et pouvoir en amener le développement.
« La conduite, que la France tiendra à l'époque oii la négociation va s'ouvrir, décidera de ce qu'on doit en penser et en attendre.
« La Cour Palatine vient d'expédier au courrier au Sieur Cetto avec Tordre de signer la paix avec le Gouvernement français, si la réponse du Ministre Talleyrand ne s'écarte pas pour les objets, essentiels de ses instructions et de continuer à vous consulter pour les démarches qu'il fera. Comme le contre-projet de traité du Minisire Talleyrand n'avait pas encore été remis au départ de vos dernières dépêches, il reste à savoir comment il s'en expliquera, mais il est fort à désirer pour les intérêts de l'Electeur que l'aflaire ne tarde pas à s'accommoder. »
Ad pièce CXXXIII.
TA LOT (Notice biographique)
Talot (Michel-Louis) (1755-1828) fils d'un marchant égrier, clerc chez un procureur du Roi à Angers, puis agréé au tribunal de Commerce, acquit en 1786 une charge de procureur postulant près la juridiction consulaire, entra en 1790 dans la Garde Nationale d Angers, capitaine en octobre 1791, chef de bataillon commannant l'artillerie en 1792. Elu député suppléant de Maine-et-Loire à la Convention, il continua son service dans la Garde Nationale, fit ses premières campagnes contre les Vendéens, enleva le ii avril 1793 le poste de la Jumellière, prit part au combat de Chemillé et contribua à mettre les Chouans en déroute aux Ponts de-Cé.
Nommé le 23 juin Adjudant général provisoire, confirmé peu après dans ce grade, il fut appelé le 8 septembre à remplacer à la Convention, Pilastre démissionnaire et entra aussitôt au Comité de la guerre, où ses qualités d'administrateur furent très appréciées. Secrétaire de la Convention le 1" pluviôse an III (20 janvier 1795), il fut envoyé à l'armée de Sambre-et-Meuse et assista au
APPKNnicE 705
siège tU à la Ccipitulalioa do Luxembourg. Rappelé à ce moment, il rentra à la Gonvenlion le 4 messidor, proposa le 5 vendémiaire an IV l'établissement d'un Conseil de guerre pour juger et pour fusiller les Chouans, Us émigrés. Réélu au Corps Législatif par l'Assemblée électorale de France, il fut classé dans le Conseil des Cinq Cents, demanda une loi qui réprimait la liberté illimitée de la presse, dénonça la presse royaliste le 17 pluviôse an V (6 février 1797). - Au 18 fructidor, il soutint le Directoire et le 13 brumaire an VI combattit et fit rejeter la proposition de Malibran d'accorder au général Bonaparte une indemnité de 300.000 livres.
Réélu aux Cinq-Cents par le Maine-et Loire, il prit la parole dans diverses discussions militaires, se prononça contre les Directeurs en prairial an Vil, s'opposa énergiquement au 18 brumaire, fut exclu du Corps Législatif, emprisonné, mais remis en liberté grâce à l'intervention de Berthier et d'autres officiers qu'il avait connus en Vendée.
11 fut même nommé colonel de gendarmerie à Grenoble, mais refusa ce poste, comme celui de Sous-Inspecteur aux Revues, demandant à être employé dans son grade. Arrêté encore après ratleiilat de nivôse, mis au Temple, puis déporté à l'Ile-de-Ré, il y organisa la défense contre les Anglais qui attaquèrent les digues de Saint-Martin et les repoussa. Remis en liberté en mars 1802, on lui proposa de participer à l'expédition de Saint- Domingue ; mais il refusa et fut mis au traitement de réforme (1"200 francs). Il reprit du service en août 1809, fut chef d'Etat- Major de la division commandée par le général Soulès à Gand ; mais ses infirmités 1 obligèrent à abandonner le service et le 28 avril 1811 il fut admis à a retraite (1).
« Il y a eu plusieurs réunions de patriotes décadi dernier. On y a bu à la santé du Directoire et à la prochaine victoire des Républicains purs. Les députés, sur lesquels on compte le plus, sont : Stevenotle, Troisboeufs, Lesagé-Senault, Lucien Bonaparte, Talot; et autres (2) » -
« On massure, mandait Sandoz-Rollin à Haugwjlz dans sa dépêche du 15 mai 1799 (3), qu'une députation de Jacobins s'est rendue chez le président du Directoire pour demander, entre autres l'éloigneraent de Talleyrand du Ministère des Relations extérieures, la nomination de Moreau au commandement de l'ar-
(1) ICusGiNt^Ki. Dictionnaire des Conventionnels, 579-580.
(2) AuLAUD. Paris pendant la Réaction thermidorienne et le Directoire, V, 182. (Rapport anonyme du '25 octobre 1798). ■■'-,
(3) Cf. Bailliu. Pn'usse/i itud Frankreich, etc.
i^TAMFORD 46
mée du Danube, celle de Joubert à l'armée d'Italie, l'entrée de Siéyès au Directoire. Ils auraient offert dans ce cas d'appuyer la levée d'une taxe de guerre de 150 millions et de 80.000 hommes en surplus des conscrits déjà enrôlés en échange de la mise en possession, eux et leur parti, de toutos les places à rintériëiir de la République ; Talot j)ortait la parole. Celle d^putation a été fort mal accueillie du président Barras. »
Comme on Ta vu plus haut, Talot avait été compris dans i'uiiêté des Consuls du 26 brumaire an VIII (17 novembre 1799;, dirigé sur le département de la Charente-Inférieure et remis en liberté grâce à la protection et aux démarches d'amis puissants ci dévoués. Il n'avait pas renoncé pour cela à combattre le Gouvernement et à attirer sur lui l'attention des pouvoirs publics
« Un rapport annonce aujourd'hui que Talot ex -membre du Conseil des Cinq- Cents est arrivé à Paris et qu'hier il a cherche à se faufiler avec des ouvriers du faubourg Saint Antoine. Il a été dans la matinée à Suresnes, où il dit vouloir établir une fabrique d'amidon.
« Il s'explique chaudement sur notre situation politique. Il dit que le plan est si bien combiné cette fois qu'il est impossible qu'il ne réussisse pas et que le Gouvernement tombera aivec tous ses amis. Talot n'a pas fait viser son passeport et n'est pas en maison garnie. Les ordres les plus sévères ont été donnés pour le rechercher et le surveiller (1).
« Le 28 frimaire an IX (24 décembre 1800), autre rapport : « Les ex conventionnels T.ilot, Charles Duval et quelques autres voient journellement les tribuns et les législateurs de leur bord. Ils parcourent les faubourgs, dont les anciens meneurs leur sont dévoués et entretiennent une correspondance suivie avec les Chouans du Midi.
« Il y a eu avant hier un dîner chez Gohier à Eàubonne et où se sont trouvés Talot, Ginguénée, Duval et autres Après le dîner Talot a juré sur son honneur qu'on pouvait compter sur Masséna. « Nos amis, a-t-il dit, qui le voient tous les jourâ, m'ont assuré qu'il était très bien disposé et gémissait sui* le sort actuel dé Ja France(2) ». Enfin après l'attentat de la rue Saint-Nicaise, on trouve dans le Tableau de la situation de Paris du 22 nivôse an IX (12 janvier 1801) sur le départ de Talot et consorts les détails que voici :
(1) AuLARD. f\iris.:sous le Consulat, I, 828. Rapport de la Préfec ure de Police du 3l) bvuniiiire an IX ('28 novembre 1800). {'i)Idem in Ibidem, 11. 62.
Ai'PKNorcic TOT
Déportés : Desirem, Félix Le Peletier, Tdlol, Charles de Hesse sont partis pour Saintes aujourd'hui à midi, escortés d'un olficier
de gendarmerie et de quatre gendarmes Ils avaient été mis
en surveillance spéciale hors du territoire européen de la République par arrêté des Consuls du 14 nivôse an IX (4 janvier 1801) (1). »
« Le Journal des Débats du '26 nivôse (16 janvier) donne un récit encore plus complet de ce transport : « Les nommés Talot, Destrem, Félix Le Peletier et Charles de Hesse, mis en surveillance spéciale hors du territoire européen de la Képublique par ari'êté des Consuls du 14 de ce mois, ont été extraits le 23 de la maison d'arrêt du Temple oii ils étaient détenus et remis à l'heure de relevée à la gendarmerie pour être conduits de brigade en brigade par devant le Préfet du Déparlement de la Charente-Inférieure à Saintes, chargé de les faire retenir aux îles de Ré et d'Oléron jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le lieu de leurs destinations (2). »
LU
Ad pièce CXKXIV.
SONTHONNAX (Notice hiographique)
SoNTooNNAX (Léger-Félicitô) (1765-1813) Avocat au moment de la Révolution, avocat au tribunal do cassation (juin 1792j, envoyé par le Roi comme commissaire à Saint Domiûgue, ayant appris qu'à la suite delà chute des Girondins il avait été décrété d'accusation le 16 juillet 1793, revint en France, parut à la barre et se disculpa. Député au Conseil des Cinq-Cents, sorti du Conseil en floréal an VII, nettement hostile au 18 brumaire, envoyé en conséquence en surveillance dans la Charente-Inférieure (3) arrêté
(^1) Idem in Ibidem. II, cl Moiiileur du 28 nivôse an IX.
(2") Idem in Ibidem, II, 130, Cf. pour plus de détails, Destkkm. Leg^ déportations du Consulat et de l'Empire. ''^''•'
(3) Extrait des registres des Délibérations des Conseils. Paris 26 I:>ruinaire an Vil (17 novembre 1799)... 2* Les individus ci-après nommés... Son- . thonnax... seront tenus do se rendre dans la commune de La Rochelle (département de la Charente-Inférieure) pour être ensuite conduits et retenus dans (el lieu du département qui sera indiqué par le Ministre de la Police générale.
2' Immédiatement après la publication de cet arrêté, les individus compris dans les articles précédents seront dessaisis de l'exercice de tout droit de propriété et la remise ne leur en sera faite que sur la preuve authentique deleur arrivée au lieu fixé par le présent arrêté... » (Aitlahd, Paris sous le Consulat I, 38 '
708 LE GÉNÉRAL Dli STAMrOP.D
après l'attentat de la rue Saint-Nicaise, il fut remis en liberté quand il fut prouvé qu'il n'avait pris aucune part au complot (1).
L'opinion publique n'était en efïet pas restée iodifférente devant ce qui se passait aux Antilles et plus particulièrement à Saint- Domingue.
« La situation des Colonies françaises a été hier le sujet de beaucoup d'entretiens, ainsi s'exprime le rédacteur d'un rapport du Bureau Central en date du 5 ventôse an V (23 février 1797). Le rapport de la commission chargée de recueillir les renseignements relatifs aux Iles est désiré avec beaucoup d'intérêt et on paraît l'attendre pour asseoir une juste opinion sur la conduite des commissaires du Directoire Exécutif, Sonlhonnax et autres, contre lesquels le plus grand nombre et surtout les colons sont très prévenus »
11 suffit d'ailleurs dejeler un coup d'œil sur le rapport du lendemain, 6 ventôse pour comprendre l'impatience et la curiosité du public et surtout de ceux qui avaient des intérêts aux Colonies: « Leblanc, commissaire à Saint-Domingue est mort dans la traversée de son retour en France et passe pour avoir été empoisonné par Sonthonnax, Les colons et les intéressés au Commerce des Antilles ne parlent qu'avec une extrême indignation de Sonthonnax et désirent ardemment la publication des pièces qui doivent mettre à jour la conduite de ces agents (2) ,. »
« Une opinion générale se manifeste contre ceux que le Directoire a envoyés aux Colonies. Leurs actes mis à jour par le dernier rapport ont fait la plus vive sensation. On ne parle de tous côtés que de la conduite de Sonthonnax et des persécutions que lui et ses adjoints ont exercées ou attirées sur une grande partie des habitants de Saint-Domingue et des désastres dans lesquels leur administration ou leur influence a plongé la colonie. Il est rare que l'on ne déverse pas l'odieux de ces faits sur le Ministre de la Marine et que l'on ne demande compte au Directoire des motifs qui l'ont poussé à charger Sonthonnax d'une nouvelle mission (3)... »
Quelques jours plus tard, le 18 prairial an V (6 janvier 1797) un autre rapport relève de nouvelles attaques contre Sonthonnax et
(1) Cf. Robinet, Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l'Empire, IL 76 ).
(2) AuLA^g,D• Paris pendant la réaction thermidorienne et le Directoire III, 724 etW6.
i3) AULARD. Ibidem, IV, 1 iô, 147. Rapport du Bureau Central du 12 praii^ial an V (31 mai 1797).
le Ministre de la Marine : « Tout ce qui paraît intéressé à la
situation des colonies et surtout le grand nombre de colons ou de négociants qui ne cessent d'accuser Sonlhonnax de leurs malheurs, se déchaîne contre le Ministre de la Marine (1).,. »
Dans un rapport anonyme en date du 25 octobre 1798 on lit ee qui suit : « Sonthonnax est celui qui paraît avoir le plus pris part à ces intrigues et distributions d'argent. Son but est, à ce que Ton croit, de faire passer à la faveur d'un mouvement du faubourg Saint-Antoine une loi qui déclare la colonie de Saint-Domingue indépendante, ou, ce qui reviendrait au même, indépendante sous la protection de l'Angleterre (2).... »
Le 26 juin 1803, un tableau de la situation de Paris 3 messidor an XI adressé au Ministre de la Justice nous apprend que « Sonthonnax, ayant reçu l'ordre de quitter Paris et de se rendre dans sa commune s'est d'abord transporté à Versailles, d'où il écrit le 6 au Grand juge pour lui exposer qu'il est depuis vingt ans domicilié à Paris, qu'il n'a aucun établissement dans la commune rurale où il est né près de Bourg (département de l'Ain) à Oyonnax et demande qu'il lui soil désigné une autre commune plus près de Paris et dans tous les cas qu'il lui soit accordé un délai de dix jours pour régler ses affaires 3).
Le 29 juin, la Préfecture de Police constate dans un de ses rapports que « les exclusifs sont désolés du départ de Sonthonnax (4). »
(1) On sait que TruguetfuI remplacé en juillet 1797 parl^iévillc le I^eley lors de la crise ministérielle qui amena Talleyrand aux Afî;iires Etran» gères.
Il m'a paru curieux d'emprunter à la Correspondance inédite de Mal- LKT DU Pan avec la Cour de Vienne, IV, UÏÏ, les quelques phrases dans lesquelles il stigmatise la conduile de Sonlhonnax el du Directoire : « L'injusiice surnage forcément. Nous en voyons en ce moment un exemple frappant. Saint-Domingue a é;é couvert de cadavres el inondé de sang par un scélérat nommé Sonthonnax, jacobin forcené et commissaire du Directoire dans cette île, où le brigandage, la discorde et les l'avages sont au comble. Le Conseil des Cinq-Cents voulait sauver les débris de cette colonie, écouler les plaintes de ses habitants, rechercher la conduite des agents directoriaux Le Directoire s'est empressé d'en publier la plus scandaleuse apologie. Nonobstant ce message révoltant, les Cinq-Cents nommèrent une commission très bien composée pour examiner la conduile de Sonlhonnax et l'état de Saint-Domingue. Le Directoire elTrayé a fait jouer ses mines et peu après la Commission a été révoquée et formée de Jacobins détei-minés... »
(•2) AUL.4UD. Paris pendant la réaction thermidorienne et le Directoire, V, 182.
(3) AuLAiiD, Paris sous le Consulat, IV, 194.
{A)Tdem in Ibidem, IV, 20i.
710 LE GKNKi'.AL DE STAMFOI'.D
Environ deux mois plus lard, le ^0 août 18U3, la Préroclure de Police s'occupe encore du ci-devant commissaire civil à Saint- Domingue « On dit dans la Société que le général Rochambeau traite avec les Noirs pour les empêcher de se vendre tout à fait aux Anglais et que Sonthonnax est envoyé à Saint-Domingue pour l'aider à travailler à la pacification (1). »
Enfin le 1"" thermidor an XII (20 juillet 1804), il est encore question de Sonthonnax dans le Bulletin de ce jour. fourni par le Ministère de la Police générale : « Par ordre de Sa Majesté Impériale, Sonthonnax avait été envoyé en surveillance à Orléans. Il obtint ensuite de se rendre dans le département de l'Ain sous promesse de ne pas venir à Paris sans autorisation. Par une première pétition du 17 messidor, M'"« Sonthonnax a demandé qu'il fût permis à son mari de venir à Paris et d'y résider quelque temps pour vendre ses biens. Par une seconde du 27, elle demande la liberté absolue de son mari afin qu'il puisse réintégrer son domicile à Paris (2). »
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Ad pièce C XX XIV.
LE COINTIIE
Le CoiNTRE i^Laurcnt) (1742-1805), marchand de toile à Sèvres et à Versailles, devenu en 1789 lieutenant-colonel de la l""" division de la Garde Nationale de Versailles, dénonça le i^' octobre au Comité militaire de la Constituante les orgies dos officiers et les outrages qu'ils se permettaient contre l'Assemblée, prit le 5 octobre le commandement do la Garde Nationale abandonnée par ses chefs et sut contenir les masses populaires venues do Paris et qui voulaient se livrer à des actes de violence. Président de FAdminislration du département de Seine-et-Oise en juin 1791, il fut élu député à lAsseniblôe Législative le 2 septembre. Sans instructions et sau« talent, il débuta par des dénonciations dans la carrière parlementaire qu'il termina de la même façon. Délégué avec cinq autres députés le 29 août 1792 (3' pour alhr dnns les
(1) Al'lahi) Paris sous le Consulat, IV, .'kSô.
(2) AuLAUD. Paris sous l'Empire, 1. l'2.!-l':^'2.
(3) La. liste des Présidents de la, Société des Jacobins lAuLMjn La Société dcti Jacobins) nous apprend que Le Coin.re fut Président de cette Société du 3 au 11 mai 1792 et plus loia au tome VI, page 518, on lit dans unrapporL fait par un comité de Corrcsponda.ncp : u Le 24 septembre 1794,
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départements stimuler le zèle des citoyens pour la défense de la patrie, il fui pendant son absence réélu à la Convention. Il vota naturellement la mort sans sursis.
l-]n mission à l'armée des Côtes de Cherbourg, puis dans la Manche, il comparut au Tribunal révolutionnaire comme témoin dans le proc^s de Marie-Antoinette, puis se mit à conspirer contre Robespierre. Poursuivant son système de dénonciations, il signala au Comité, en vendémiaire an III, les artilleurs de la Garde Nationale comme des partisans de llobespierre, puis, lorsque cette dénonciation fut reprise le 26 nivôse, il demanda l'amnistie de ceux qu'il avait dénoncés.
Décrété d'arrestation et accusé de connivence avec les insurgés de germinal an 111, il fut enfermé au Mont Saint-Michel (1), mais ne tarda pas à être transféré à son domicile de Versailles et bénéficia de l'amnistie de brumaire an IV. Ne pouvant se résigner à se laisser oublier, il chercha i\ attirer l'attention sur lui par un« série de réclamations et de propositions sensationnelles. En nivôse an VIII, il fut le seul habitant de Versailles qui rejeta la Constitution en motivant son vote. Il vota ensuite contre le Consulat à vie, fut arrêté le 4 nivôse an X comme prévenu de machinations contre la sûreté de l'Etat, exilé à Guignes, où il resta en surveillance jusqu'au !24 fructidor an XII et où il mourut le 16 thermidor an XIII (4 août 1803) (2).
L'Ami des Lois, du 2 nivôse an VIII (23 décembre 1799) trace de Le Cointre un portrait par trop chargé pour qu'on puisse le croire ressi-mblant, mais qui donne toutefois une idée assez exacte de la façon dont on traitait à celte époque ceux dont on ne partageait pas les opinions.
« Le Cointre, de Versailles, espèce de chaudron usé qui veut
le résulat d'une iliscussion solenuelle u été l'exclusion de Le Cointre, Tu 1 lien et Fréron ».
(1) Aux huit dépu'és montagnards arrêtés les 2 et 3 avril 1795 on a joint Ttiuriot, Gainbon c' Lo Coinire de Versailles. Ces trois derniers entrés en première ligne dans la conspiration du 9 thermidor et de la faction des Modrrés. avaient passé depuis, irois mois dans celte des Iftdépcndantn et' soutenaient indirectement les' Jacobins par haine des Fédéralistes. — Le Coinire fui le premier jiccusateur d'é Gollot el de Barôre l'année dernière. Probablement la ('onvention déblayera encore son sol de quelques au re; enragés. Les décre s d'arrestation ont élé rendus sans formes et sans entendre les prévenus comme da:ris le cas de flagrant délit. » (Mai.let DU Pan. CorrcHpondance inédite avec la Cour de Vienne, I, lt.8, 169). Cf. dans la Revue de la Révolulion française, nnnéG 1«95, tome 28, l'article de Th. Thuillii;», Laurent Le Coinire, de Versailles, Député à la Convention.
(2) Cf. plus détails Kuscixski. Dictionnaire des Conventiotinels, 388,
encore faire du bruit, homme desséché d'amour propre et de jalousie, qui a une présomption égale à son incapacité et qui pourrait vivre tranquille avec la fortune qu'il a amassée, s'immisce dans toutes les afîaires politiques, veut y jouer un rôle malgré sa nullité et l'obstrusité {sic) de son jugement, aujourd'hui ne vient-il pas de rejeter la Constitution, parce que toute sa commune l'a acceptée. Pauvre fou ! (1) »
Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son. Voici au contraire ce qu'on lisait 24 heures plus tard dans le numéro du 3 nivôse an VIII (24 décembre 1799) du Journal des Hommes Libres. € Le sincère et honnête républicain Le Cointre, de Versailles a
refusé l'acte Constitutionnel Il a pensé avec raison que les
Consuls n'attendent pas des citoyens à ce sujet une obéissance servile et passive, mais un vœu. Il a émis le sien avec la liberté qui convient à un homme qui a tout sacrifié à celle de son pays... Au reste, Le Cointre n'est pas un de ces fous qui voudraient tout soumettre à leur manière de voir. Après avoir émis son vœu, il a déclaré que, quels que soient son goût et son opinion, il reconnaîtra la Constitution et la défendra même de tous ses moyens dès que la majorité l'aura acceptée (2) »>
Pour que rien ne manque à ces notes, j'y joins encore deux extraits tirés de^ rapports de la Préfecture de Police.
Le l*' nivôse an X (22 déceinbre 1801) on rend compte que : « On a annoncé au Café Manoury que Le Cointre, de Versailles était arrêté. On en donnait pour motif des propos très hardis qu'il aurait tenus contre le gouvernement. On a saisi cette occasion pour passer en revue sa conduite à la Convention Nationale et il n'a point été épargné (3)... »
« Le Cointre, de Versailles, lit-on enfin dans un autre rapport du 26 fructidor an IX(13septembe 1803), a confié à un frère et ami que tout allait bien, mais qu'il fallait de la prudence et surtout ne rien précipiter dans une afiaire aussi importante ; que peu à peu on préparait les esprits dans les départements, qu on s'assurait des mécontents qui sont en grand nombre et que c'est particulièrement sur quelques officiers généraux et sur les subalternes réformés que l'on compte davantage (4) «
(Ij AULARD. Paris sous le Coisulat, I, -2 il.
(2) Idem in Ibidem, l; 261.
(3) Idem in Ibidem, HT, 503.
(4i Idem, in Ibidem, IV, 372.