‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 16 sur 171 · AFFAIRES ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

AFFAIRES ÉTRANGÈRES

« Dj:laciioix Homme de beaucoup d'esprit, très instruit en finances et « en adininistrat'on Dès sa jeunesse, il fut distingué par M. Turgot. qui <( se l'attacha comme principal Secrétaire à l'Intend ince de Limoges. Il « lui confia la place de premier Secrétaire du Contrôle général, lorsqu'il <( fut appelé au Ministè!-e des Finances. Licroix fut accusé d'avoir reçu « de l'argent pour f.ùre accorder la direction du spectacle de Lyon. « M. de Maurepas demmda son renvoi à M Turgot qui le défendit long- « temps. Il céda enfin aux imporjtunité.s et Lacroix fut renvoyé la veille « du jour où le R)i fit redemander à M. Turgot le portefeuille des Fi- « nances. C'est à l'espèce d'acharnement que la Cour montra alors contre « Lacroix qu'il faut att ibuer sa conduite révolutionnaire. Sa haine perce sonnelle pour le Roi lui a fuit voter la mort de ce prince.

« La nature des connaissances de Lacroix et ses travaux antérieurs le « rendaient plus propre au Ministè -e de l'Intérieur ou à celui des Fi- « nances. En homme sage, il a évité ce dernier poste; en homme habile « 11 a fait nommer au Ministère de l'Intérieur Benezeck, dont il dispose « entièrement. Lacroix n'est exagéré que dans sa haine pour les prêtres-

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changent d'opinion et se réunissent aux mécontents d'autant plus que quatre corsaires français sont établis sur la Meuse et en lèvent tous les bateaux qui sortent. Il y en a déjà plus de 20 qui ont été pris.

GÉNÉRAL DE STAMFORD AU PRINCE HÉRÉDITAIRE D^ORANGE (i).

(5. L. {2) 2 février 1798).

Les sophismes dont on se sert en Prusse pour tromper le Roi et l'entretenir dans son inaction. Entretien avec Gallatin.

Monseigneur, — Parmi les mille sophismes qu'on employé pour présenter au Roi (3) sa situation sous un faux jour et l'entretenir dans une sécurité funeste qui finira par le perdre, il en est sans doute plusieurs que Votre Altesse Sérénissime ignore.

Qu'il me soit permis de lui en citer deux que j'entendis ces jours passés.

« Qu'est-il besoin, me dit une personne qui ne laisse pas d'avoir

« Il ne croyait point à la durée de la République et il s'attendait à une « fin sinistre et il le disait à ses amis.

« L'icroix a des mœurs, un caractère sage, un extérieur calme que « rien n'émeut et qui le rend impénétrable. L'amour de l'argent est la « seule passion que je lui connaisse. Il y a sacrifié dans tous les temps, « et dernièrement encore il a eu besoin de tout son talent pour sauver « l'homme dont il s'était servi lors de sa mission pour la vente des « meubles des maisons lioyales. Il n'est pas douteux qu'on le déciderait « avec de l'argent. Il y a dans le Département deux Secrétaires généraux « et un Chef de Bureau dont je suis assuré ». (Dropmore Papers, III, 159-1(31).

Del,\cii(iix de Const.vnt (Cliarles\ (17'il-18!)5), Ministre des Relations Extérieures du 14 brumaire an IV (5 novembre 1795) au 28 thermidor an V (15 août 1797). Remplacé alors par Talleyrand, il alla représenter la République à la Haye. Préfet des Bouches-du-Rliône (1800), puis de la (rironde.

On sait que Charles Delacroix est le père d'Eugène Delacroix.

(1) R. 0. F 0.95.6. General Sta)nfo)d's Papers.

(2) De Brunswick, puisqu'en terminant son rappoit à lord Grenville de Berlin en date du G lévrier 1798. De Luc lui fait savoir (Dropmore Papers, IV, 77) que « L'invitation à M. de Stamford ne put partir d'ici que le soir » de mon arrivée (le 3 février) et en supposant que rien ne le retienne, « ce que je désire ardemment, je pourrais le voir arriver le 10'... »

Stamford, ainsi qu'il ressort d'une autre dépêche de De Luc à lord lirenville, de Brunswick le '.7 février {Idem in ibidem, 117) ne partit de Brunswick pour Berlin que le 28 février de bon matin.

(3) Cf. Appendite. Notice sur Frédéric-Cuillaume HT.

*(!fâ LE (lENKHAL DE STAMFOH&

« une eerlaine influ'eaee, que la Pruâse se bâte de contracter des « alUancesavec la Russie et l'Aûgleterre ? Ces. Puissances n'ont- « elles pas nn iûtérêt à sa conservation et, daas le cas oîi elle « serait attaquée, cet intérêt ne leur commande-t- il pas de la sou- « tenir ?

« J'ai observé à cette personne que, pour que des Puissances « puissent en soutenir un* autre, il faut nécessairement qu'elles « se concertent entre elles et ayent le temps de s'y préparer ; que, « de plus, leurs forces, pour être agissantes d'après un plan « déterminé, soient disposées de manière à rendre le secours pos- « sible ; que de plus, les distances entre Berlin, Londres etSaint- « Pètersbourg occasionnent déjà des lenteurs fort préjudiciables « aux afïaires et que telles circonstances peuvent naître en temps « de guerre qui interrompent toute communication entre elles ; « q'tie l'Angleterre qui, dans ce moment est à même d'offrir des « sommes, ne laissera pas, en attendant qu'il plaise à la Prus«e « de les accepter, reposer cet argent dans ses cofïres. Enfin, que u c'est une supposition des plus gratuites que l'on fait à Berlin, « que l'empereur de Russie, qui itérativerwent s'est offert à s'u- « nir à la Prusse et qu'on a constamment rebuté, n'en consertf téra pas moins ses bonnes intentions pmr elle...

« Un autre sophisme de la même personne et que j'entends « répéter par d'autres, c'est que la Prusse, en formant des « alliances, peut s'attirer par là les Français sur les bras (1) ».

P. S. -^ Je vois comme tout le monde des dangers dans tous les partis que peut prendre la Prusse, mais je suis persuadé que C^lui pour lequel elle paraît vouloir se décider, est le plus dangereux de tous. Dans un entretien que j'ai eu hier soir avec M. Galiatin (2) je lui ai parlé d'un parti qui me paraît tenir une

(1) Cf. Dropmore Papers. IV, 41-43 un Mémoire du comte dé Haugwitz envoyé par De Luc à lord Grcnville, et. Ibidem, ôG-SS, une lettre de lord Greiwille à Ùe Luc, de Londres. 14 Janvier IÎO'n. à laquelle est jointe la Réponse de lord Grenville au Mémoire du comie de Ilaugwilz (Ibidem, 5S-60) et enfin un Mémoire confidentiel de Haugwitz en réponse à la note de lord Grenville [Ibiflem. 89-91). Cf. Aiipendii-(\

(2) Le Chevalier de Gall.\tix. un Suisse, ami intime du duc de Brunswick, un des confidents de ses p-èttsées (Dropmore Papers, V. 99. Thofaas Urénvillè à lord Crenrille. Lettre particulii're de Ber-lin, 36 juin 1Y09).C1 Aiipcri(lic(?, Note VI, la dépêche du prince de Reuss à Thugut du À mai 1798. à liujuellé il joignait une lettre de (iallatin à M, de 'Reede du 30 avril et surtout les observations, que le duc de Brunswick avait confiées à GaUatin, et qtfi, arrachées dans un moment aussi critique -à un prince f)réÔceitpé avallt tout du soin de ne pas engager sa responsabilité, permettent de se rendre exactement compte de la confiance dont 'Galiatin jouiss:iit auprès de lui.

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