‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 22 sur 171 · LES CONFÉRENCES DE BEKLIX · texte numérisé non relu

LES CONFÉRENCES DE BEKLIX

aux frais de TAngleterre, je veuille en recueillir du profit, M. vau der Haer (1) a la bonté de tenir un compte exact de ma dépense. Valéludinaire comme je le suis et réduit par là à des besoins que d'autres n'ont pas, je prendrai ces articles sur mon compte et ne porterai sur celui de ma dépense que le nécessaire indispensable. Je me flatte que Votre Altesse Sérénissime approuvera cette déclaration et qu'Elle me permettra de Lui faire parvenir à la fin de mes voyages la spécification des dépenses qu'ils m'auront occasionnées.

Berlin, 26 mai 17 98.

Les conférences des 23 et 23 mai. Gaillard remplacé par Siéyès, Attitude douteuse du Cabinet de Berlin. Explication assez vive qu'il a avec le duc de Brunsvsrick. Départ imminent de Stamford pour Vienne.

Depuis l'arrivée du prince Repnin, le 17 de ce mois, et les premières conférences qui ont eu lieu, le 21 et le 23, entre les Plénipotentiaires des Cours de Russie et de Vienne et les Ministres du Cabinet de Berlin, les choses ici ont un peu changé de face et il se

(1) Van deu Hakr (Van Gampen van Nii^wland) un des membres les plus actifs et les plus populaires de l'ancien Gouvernement dans la province de ï'rise, partisan déclaré de la Maison d'Orange, un de mes amis, écrit, à lord Grenviile, de Varel, le l"' décembre 1795, Charles Bentinck, agent de l'Angleterre pour la Hollande, m'a longuement parlé ce matin du Corps à. former sous les ordres du prince t^-édéric

Le 8 décembre, Bentinck rappelle à lord Grenville « que M, Van der c Haer, dont le zèle est infatigable, très populaire et très influent, fait « partie du Gouvernement de la Frise depuis l'année 1779 ; Qu'il n'a pas « cessé un seul instant d'être tout dévoué à la Maison d'Orange et aux < intérêts anglais ; Qu'il n'a quitté le pays lors de l'invasion que pour ne (t pas faire acte d'adhésion au nouveau Gouvernement et afin de pouvoir « travailler à la délivrance de son pays. »

Le 18 février 1796, Bentinck informait encore lord Grenville que van der Haer disposait de 3000 fermiers dans la Frise et de '2 à 3000 autres dans le reste du pays et qu'il continuait à travailler cette province et entretenait une correspondance active avec le prince d'Orange. Enfin le il avril, il transmettait à son Gouvernement deux Mémoires de Van der Haer contenant l'exposé des mesures prises par lui pour soulever les provinces de Frise et de Groningue, d'Over-Yssel et de Drenthe, dès que l'Angleterre l'y autorisera et lui donnera quelque appui.

(Cf. Dropmore Papers. III, 150-159; 170-172; 17G-178 ;" 182-189; 209-211 ; 217-221 ; 237;.

ttiànifesle quelqoe désir de rapprochemeot entre Vienne et Berlin, qu'on peilt croipe BÎocère de part el d'autre.

Le prince de Reuss, après avoir déclaré dans la première de ces conférences que sa Cour renonçait à toutes les indemnités dams TEmpire malgré les pertes immenses qu'elle a faites, à condition cependant qiae la Prusse use de la même modération, obtint pour réponse de la part des Ministres évi Roi, qu'ils deTaiemt prendre cette déclaration ad référendum et qu'ils priaient le prince ^de Reuss de la leur donner par écrit, ce que celui ci ne refusa pas de faire (1).

Cette première conférence finit là et n'annonça pas que le Cabinet de Berlin ait une forte envie d'accélérer les nègooiations, mais qu'il paraissait au contraire vouloir les traîner en longueur. Les Ministres de Russie et de Vienne en jugeaient du moins ainsi.

Hier matin, M, le duc de ©,.. (Brunswick) m'ayant fait pri^r de passer chez lui, Son Altesse me communiqua secrètement que dans la seconde conférence, qui aurait lieu danslaprès-midi, le Ministre du Roi déclarerait :

1" Que Sa Majesté renoncerait également à toute indemnité ;

2" Que, quant aux Margraviats, tout resterait sur le pied actuel et qu'on demanderait seulement pour ces Etats le Jus de non .appel landô ;

^" Que pour SorU Altesse Sérénissime Monseigneur le prince d'Orange, on demanderait la restitution des possessions que Trêves ■et Cologne avaient anciennement enlevées à ses Etats en Allemagne.

M. le Duc me fît connaître qu'il ne serait pas fâché que sCOô main et sans le nommer, je préviuBse les Plénipotentiaires des deux Cours de ces articles afin qu'ils y fussent préparés. Ce que je fis effectivement.

On s'est arrêté dans celte seconde conférence à rartlcle qui

1) « J'ai vu M. de Staiaford >» écrivait le 19 mai De Luo à lord Greriville. « Il a conversé avec beaucoup de personnes, mais il ne revierit « pas satisfait de l'apparence des choses... » Et il ajoute, non sans raison : « Chacun se défie et sur ce sujet la défiance mutuelle produit un« « conduite réciproque qui la fait croître sans cesse de part et d'autre. » « Aussi, comme il le disait dans «on rapport du 2è. les conférences à « peine commencées ont-elles été â peu près Suspendues. La cause iminé- « (fiate de cette su.spension provenait de la Cour de Vienne, dont inopi- « némentle Ministre a fait des difficultés sur la restitution des bailliages « qui pourront êt»"e une indemnité naturelle pour Monseignetir le Prince « d'Orange, et comme je ne l'avais que trop prévu, dès qu'un prétexte « s'est offert, M. .de Haugwitz s'en est prétal-u pour faire traîner ta «fégo- « ciation en longueur, vu le départ du Roi et le sien. ■>

Cf. Dropmore Papers. De Luc à lord (in' avilie. J}er!.n. 19 mai IV, 211-212 et 28 mai, IV 2 18-219.

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