QUESTIONS POSÉES PAR PANIN A STAMFORD
qu'on parle déjà depuis plusieurs jours dans le public d'une négociation secrète avec Siéyès relative à la paix de l'Empire. Il est superflu d'attirer votre attention sur l'utilité qui résulterait d'une explication des doutes que je prends la liberté de vous soumettre. Vous comprendrez que ceux qui servent la bonne cause ont un intérêt majeur à connaître les menées artificieuses de Haugwilz et de ses acolytes. Il faut pénétrer dans ce dédale pour pouvoir le surveiller et le brider au moment décisif. Telle est la tâche pénible que je dois remplir et je connais trop la noblesse de vos sentiments pour ne point compter sur votre appui. Voilà mon excuse si me.? questions sont importunes ou indiscrètes.
Je vais faire une tentative pour renouer la négociation entre cette Cour et celle de Vienne. Le succès en est au moins douteux. Au reste, je ne manquerai pas de vous tenir au courant de l'affaire.
« sirons à concerter tout ce qui est relatif à la pacification de l'Allemagne, « écrit Talleyrand le 7 septembre. C'est autour d'elle que nous voudrions « voir se rallier les Princes second;iires de l'Allemagne. » (Sorel, L'Eu- « rope et la Révolution fi-ançaise, V. 33G-337).
Entre temps, 24 heures avant de rendre compte à Talleyrand, Siéyès avait, le 8 fructidor an YI !^25 août 1798) répondu en ces termes à la Note de Haugwitz.
Berlin, 8 fructidor an VI.
« La Note remise le 2 fructidor à l'Envoyé de la République française « par le Ministre d'Etut et du Cabinet ne s'annonce que comme une réponse à l'entretien qui avait eu lieu huit jours ;.uparav;int entre M. le colonel de Zustrow et le citoyen Siéyès au sujet de la paix continentale. Mais ri'^nvové de France ne peut se dispenser d'y voir une offre positive et nouvelle qui, quoique non provoquée de sa part, exige qu'il la reçoive avec les sentiments d'intérêt et d'amitié qui l'ont dictée. Cette offre est celle des bons offices du Roi pour aplanir des difficultés qui, suivant la Note, se sont élevées de nouveau entre la République l'>ançaise et la Cour de Vienne depuis le traité de Campo-Formio. « Le soussigné ignore si, en effet, il s'est élevé entre ces deux l^uissances des difficultés assez graves pour appeler utilement l'interposition des bons offices de Sa Majesté le roi de l-russa ; mais il doit se .montrer infiniment sensible aune attention qui prouve au moins la part amicale que Sa Majesté serait disposée à prendre aux intérêts de la République Française dans le cas où de telles difficultés viendraient à s'élever. Dans cette hypothèse, le soussigné a cru convenable de faire connaître ces bonnes disposition.s à son (Gouvernement et il a l'honneur d'en prévenir le Ministre du Cabinet ».
En envoyant le 18 septembre copie de cette Note à Paul I", le comte *anin lui fourn:ssait-les explications complémentaires suivantes : « L'annexe à cette relation m'e-t parvenue par un canal sûr, quoique pas par leiitieraise secrète connue à Votre M jesté Impériale. Cette Note sert de réponse à celle qui a été remise par le comte de H.ugwiiz, dont je n'ai pas pu avoir de copie; mais son principal contenu a été inséré dans ma relation du 20 août. » {Dropmorc Papers, IV, 317-518, Cf. plus loin. Pièce XXXIII).