COMTE PANIN AU DUC DE BRUNSWICK
Berlin, 21 septembre/ 2 octobre 1798.
Amélioratioii causée par riruterventian du Duc et son action sur Haugwitz. Nécessité d'un accord préalable entre les alliés. Comment le Roi et ses Ministres accueilleront-ils un pareil projet?
Les espérances que Votre Altesse Sérénissime avait conçues de la reprise des conférences do Berlin se sont réalisées, il est vrai, par une manière de traiter plus franche et plus loyale de la part des Ministres prussiens. II y a un ])oint cependant sur lequel j'ai observé avec douleur que les explications données à la Cour de Vienne contredisaient les rapports adressés à Votre Altesse Sérénissime.
Ce point est relatif aux conditions de paix proposées par M. de Haugwitz. Je me réfère à ce que M. de Stamford aura l'honneur de vous exposer à ce sujet, mais je me fais un sensible plaisir d'ajouter que dans tout le reste la conduite de ce Ministre se ressent de l'heureux effet de sa confiance en vos lumières et sagesse. Puisse-t-il, Monseigneur, suivre toujours un guide aussi sûr !
J'ai profondément médité ce que Votre Altesse Sérénissime a daigné me dire de l'utilité d'un accord préalable entre les Alliés sur le but politique de la guerre. Plus j'y pense, plus je me pénètre de la conviction que cette mesure salutaire peut devenir 1« gage d'une union indissoluble en prévenant les causes qui ont fait échouer la première ligue contre l'hydre révolutionnaire et en étouffant les germes de discordes qui fécondèrent l'inégalité des chances de guerre. Pour utiliser cependant mes efforts dans l'exécution de ce plan, il est indispensable que je sache s'il est goûté par le Roi et ses Ministres, ou du moins s'ils accueilleraient une proposition dirigée vers le but qu'indique ce sentiment de Votre Altesse Sérénissime rapporté plus haut. Il s'entend de soi-même que Son nom ne paraîtrait pas dans la négociation. Mais quelle douceur ne serait-ce pas pour moi d'être délié de ma parole, lorsque le succès de l'entreprise assurerait
(1) R. 0. F. 0. 95.6. Cf. I^ièce XXXTII.
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à soTi premier moteur la recoai'naJssance de l'Europe entière «t radmiration des siècles à venir.
J'attendrai vos ordres, Monseigneur, pour m'y cooformer avec l'exactitude la plus scrupuleuse. J'ose me (latter que Votre Altesse Sérénissime recevra avec quelque indulgence le motif qui m'a porté à Lui adresser ces lignes directement. Je n'abuserai pas do ce sentiment et si j'avais eu le malheur de Lui déplaire en me servant de ce moyen, je La supplie de considérer que ym eu particulièrement à cœur de ne pas La compromettre.