‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 33 sur 171 · XXXÎW PANIN AU GÉNÉRAL DE STAMFORD · texte numérisé non relu

XXXÎW PANIN AU GÉNÉRAL DE STAMFORD

Berlin., 21 septembre, 2 octobre 1798.

Nécessité d'élucider un point dans la Note de Haugwitz relative aux indemnités. Il insiste sur les mesures préalables à prendre en cas de guerre.

C'est à bien juste titre, mon cher Général, que vous avez mis toute votre confiance dans Monseigneur le duc de Brunswick pour raffermir M. de Haugwitzdans ses bonnes dispositions (2). îl est tout autre depuis son entrevue avec ce Prince et s'est fort bien conduit dans nos conférences, une seule circonstance exceptée, qu'il est important de vous faire connaître.

La voici : Par votre apostille du 11 septembre, je sais que la première proposition de ne dédommager que les Princes héréditaires a été faite de Berlin, et non de Paris. Cependant M. de Haugwitz, en citant les conditions offertes à Siéyès comme les bases de la paix, passa cet article sous silence dans une Note verbale qu'il a remise au prince de Reuss et à moi (3). dont l'objet a été de nous

{1) Cf. plus liant, page 117, pièce XXX.

(3) A la fin d'octobre, la Prusse prouva ses sentiments d'amitié aux Cours Impériales en rendant à leurs Ambassadeurs un compte détaillé de se'< négociations avec Biéyès.Il résultait de cet exposé que la Prusse ava i toujours traité au point de vue allemand les questions pendantes à R;s att et avait par là provoqué un vif mécontentement à l'aris. Siéyès, de son côté, par son attitude haut;une et arrogante, ainsi que par direrses intrigues tendant à obtenir l'éloigneiuent do Haugwitz, avait fait tout oe qui était nécessaire pour changer les divergences politiques en oppositiiOTî déclarée. Les Envoyés Impériaux n'en furent que plus empressés à délibérer sur les mcs-ures collectives propres à garantir U\ neutrîdité ée

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faire connaître sans réticence tout ce qui s'est traité avec le Gouvernement français sur la pacification. Malheureusement il y a plus, car à la fin de la même Note, on trouve ces mots : « A la suite « d'une ouverture qui semblait avoir pour but de savoir si l'Em- « pereur et le Roi avaient renoncé à toutes indemnités pour les « pays qu'ils avaient perdus à la rive gauche du Rhin, le Ministre « de France (Siéyès) proposa comme une mesure propice à accé- « lérer ht prompte conclusion de la paix avec l'Empire l'insertion « d'un article dans le sens de ce qui suit : « La Prusse et l'Au- « triche renoncent à toutes indemnités. Il n'y aura parmi les Etats « ci-devant possessionnés à la rive gauche du Rhin que les Princes « héréditaires qui ayent droit à être indemnisés »

Quoique l'on ait soumis cette injuste proposition à la décision de l'Empereur des Romains et quoique M. de Haugwitz m'ait assuré de la manière la plus positive qu'elle n'aura aucune suite, si le Chef de l'Empire lui refuse son suffrage, vous sentez, mon cher Général, que je ne saurais voir sans inquiétude cette contradiction manifeste entre l'explication donnée par M. de Haugwitz à la Cour de Vienne et celle du colonel de Zastrow dont vous avez eu la bonté de me faire part. En la communiquant au Duc, tâchez d'obtenir de Son Altesse Sérénissime quelques exhortations qui

l'Empire. On s'entendit sans peine sur cette règle générale que la Prusse devait protéger le Nord, et l'Autriche, le Midi ; mais on se demanda ensuite si, au cas où les Français attaqueraient un des côtés, le protecteur de l'autre côté serait tenu d'agir et de prêter sou secoure, et ici le Roi déclara qu'il croyait pouvoir défendre le Nord avec ses seules forces, mais que les m:>yens de soutenir le Midi lui manquaient absolument. Les Russes déplorèrent vivement cette résolution qui, au lieu de faire entrer la l^russe dans la Coalition, lui assigniit en dehors de celle-ci une situation à part. Quant à Thugut, qui ne désirait guère plus le secours de la Prusse que son amitié, il aurait fait à cela peu d'objections ; mais il fut consterné, lorsque, la question des indemnités ayant été reprise, Haugwitz rejeta avec la plus grande fermeté le système des indemnités purement pécuniaires, sans acquisition de territoire

Cette décl iration décida Thugut Dès le 26 novembre, il chargea le comte de Cobenzl de diriger la puissante influence de la Russie

contre l'odieux système des indenmités territoriales (Sybel, Histoire

de l'Europe pendant la Révolution Française, V, 38>381).

« La Prusse ne veut rien faire pour la paix, rien, absolument rien », écrivait Siéyès le 29 septembre 1798. Et quelques jours après : « Je ne « puis trop le répéter : Les Français s'opiniàtrent mal à propos à considé-

« rer la I*russe comme leur alliée naturelle dans tous les temps Quand

« on volt de près ce pays si mal connu des Français, même après le « gros et le petit livre de Mirabeau, on s'étonne qu'il puisse avoir un « parti en France... »

(SoREL. L'Europe et la Révolution Française, V, 338).

Sorel ajoute eu note : « Le gros livre de Mirabeau, c'est la Monarchie Prussienne, le petit livre: L'Histoire secrète de la Cour de Berlin. »

MESURES PRÉALABLES EN CAS DE GUERRE ih'.^

déterminent le Ministre à ne pas êlre confiant à demi. Il y a bien des bonnes choses à dire sur ce canevas que vous saisirez bien mieux que moi. Je passe donc à un autre article.

Dans notre entrevue à Potsdam, le Duc m'a fait une ouverture importante qui se rapporte aux mesures préalables dans le cas d'une nouvelle guerre avec la France. Je ne doute pas que Son Altesse vous ait confié notre entretien. Je ne le rapporterai donc pas et me bornerai à vous dire qu'il est essentiel pour le bien de la cause de m'instruire sur l'usage qu'on pourrait faire de celte ouverture. Pour cela il laut que je sache :

1" Si M. de HaugNvitz est dans les même sentiments;

2" Si on prêterait les mains à une extension de l'Autriche en Italie, dans le cas où celte Puissance voudrait garantir les acquisitions que la Prusse pourrait faire du côté du Nord en reprenant les armes (1).

La lettre ci-incluse au duc de Brunswick (S) renferme quelques mots à ce sujet et est invisible. Demandez-la à Son Altesse pour y passer le pinceau. Je me flatte qu'Elle me pardonnerala liberté que j'ai prise de faire usage de cette voie secrète. Sans une permission expresse je ne le ferai plus à l'avenir. La réponse est pressante, mon cher Général. S'il y a moyen de me la faire tenir par estafette sous une adresse indifférente et sans exciter de soupçons, vous m'obligerez de la manière la plus sensible et vous me mettrez à même de servir la chose publique très utilement.

Adieu. Je ne puis en dire davantage aujourd'hui.

Le duc de Brunswick avait en effet fait preuve pendant le cours de son séjour à Berlin d'une énergie et d'une fermeté bien rares chez lui et qui ne devait d'ailleurs être que d'assez courte durée. Panin n'avait pas été le seul à constater l'elficacité de son action sur Haugvvilz. Les démarches et les paroles du prince n'avaient naturellement pas échappé à Siéyès.

« Le duc de Brunswick, mande-t-il de Berlin le 8 vendé- « miaire an Vil (29 septembre 1798j a été fort caressé à Pots- « dam. C'est pour lui surtout que M. Haugwitz s'y est rendu.

(I) Cf. Dvopmore Papers, IV. Comte Panin au comte Woronzow- Berlin, 18 octobre 1798 et Exposé des questions qu'il faudrait soumettre à railord Grenville, 34'i-3i8 et comte Panin au comte Woronzow (Secret) Berlin, 18 octobre 171)8. 318-349,

(2; Gf, IMèce XXXII et Appendice. Note : Dépêches du comte Panin au comte Woronzow.

i54 UE (ÎÉNKHAL Dli; STAMPORD

« Ils ont eu enseïïible de longues conférences. Le prinoe a « été beaucoup questionné sur ce qu'il y aura à faire en « Westphalie dans le cas de guerre. Il s'est attaché dans « ses réponses à déprécier infmimeTit le DirectoiTe exécutif, « qu'il a assuré êti^e dans une véritable impuissance. ïl a « relevé l'opinion que l'on avait des forces de l'Angleterre, « de sa puissance, etc, etc. On ne dit pas s'il a offert un « subside de la part du Cabinet de Londres ; mais on le « regarde comme un étnissaire dévoué à celle Cour. Il n'a « pas ébranlé la neutr<ilihé prussienne . D'un autre côté, on a « donné l'oixlre à l'armée de démarcation de se tenir prête « à m«jncher, mais c'est un ordre d'usage

(( Les conférences av«c les Ministres Impériaux ont repris « le 4 vendémiaire (2o septembre). Il y en eut une seconde « hier soir. Le prince de Renss a dépêché un courrier pour « Vienne dans la nuit du 3 au 6 (26-27 septembre) Le « Ministre de Hesse-Darmstadt (M. de Lichtenberg) est venu « me dire dans le plus grand secret que Panin avait fait « partir aussi un courrier, non pas de Berlin, mais de la pro- « chaîne poste avec des dépêches pour 1« ^linistre de Russie « à Londres (1). Il a ajouté : AI. Panin écrit à son collègue « à Londres que c'est le moment de frapper un coup, que (( jamais le Caèinet de Berlin n'a été dans de meilleures (( dispositions et qu'il engage le Ministère anglais à faire des « offres (2). »

Le lendemain, Siéyès signale une nouvelle manifestation du Duc. Il parle à tout propos « d'une prétendue invasion « des Républicains dans le Hanovre qui l'oblige, dit-il à « prendre des mesures, qu'il appelle des précautions dans « l'armée de Brandebourg (3). »

Toutes les dépêches dy Siéyès sont à ce moment presque exclusivement consacrées au récit des faits et gestes du duc de Brunswick.

« Les plans de guerre (4), lit-on dans sa dépêche chiffrée

(1.) WorûJizow.

(2) Archives des Affaires Eirangères. Prus:s<'. •. olurae 2-24. n" 3, f" '21-22. (i) kiem in ibidem, f" 39.

i. Cf. i.lus loin pièce XXXVTTI.

PLAN DK CAMPAGIKE IMT DUC DK BRUNSWICK 15a

<( du 13 vendémiaire an VII (6 octobre 1798;), occ-upent « toutes les conversations de Berlin. On lui attribue d'avoir i< ollert de tomber inopinément sur l'armée française en « Vétéiravie qu'il s'est eiîoreé de peindre comme faible et mal « dirigée et qui ne passe pas, suivant lui, 400.000 hommes. « L'absurdité palpable de ces rodomontades met à décou- « vert les desseins dirn homme qui, l'année passée encore, « faisait des démarches pour se rapprocher de la République « Française, Il appartient aujourd'hui complètement à « rAnglelenre. Il est présuriiable qu'outre l'argent on lui a « ollert en perspective une augmentation territoriale dans le « Nord -Ou est de rAUemagne (1), s'il réussite brouiller les « affaires..

« Son plan de campagne serait de diriger son armée sur « l'Yssel au moment où Joubert entrerait en Franconie. Il (' assure que les Anglais tentecaiemt alors la descente sur « dillérentes côtes de la République Batave et même sur « celles de nos Départements Réunis, attendu, ajoute-t-il, « qu'on les aura dégarnis de toute nécessité pour renforcer « l'armée de Joubert (2). Mais il me semble qAie la levée de u 200.000 hommes, dont la nouvelle est arrivée au milieu <( de ses petits discours, a dû tempérer son humeur guer- « rière (3). Quoiqu'il en soit, je ne peux m'em pécher de

:l) Cf. Dropmore Papers V. 333. Garlike à lord Grenrille, Berlin, 3 octobre.

'2) Le 13 juin, Joubert « épure » les Gouvernants qui avaient k épuré » en janvier. Delacroix, qui marchait avec les radicaux, est rappelé et remplacé par Roberjot. M-iis comme les exigences sont les mêmes (le Directoire exige 18 millions), la résist-mce continue. Le nouveau Gouvernement est constitué le 10 août, selon le vœu de la France; mais, dit un Mémoire présenté au Directoire, l'inquiétude reste extrême: « La « Hollande se trouve livrée à de nouvelles convulsions ». Les Directeurs n'y comprennent rien. « La Hollande, écrit la Reve'.lière, redevenait ce « qu'elle était jadis, par le fait, une province anglaise. » La souffrance tourne ce pays à désirer le retour de l'ancien ordre de choses, à se soumettre, à se prêter même h une intervention étrangère qui le débarrassera des Français. Des complots se nouant, le Stathouder ne rêve rien moins que de revenir avec les Anglais, de repousser les Français « dans leur « coquille », de se faire décerner par l'Europe la garde noble des Pays- Bas et de réunir, dans l'intérêt de la paix générale, la Belgique et les Pays-Bas: « C'est l'extension du traité de barrière de 1715 et l'esquisse « du traité de Paris de 1814 ». (Sonia. L'Europe et la Révolution Française, tome V, Sl'i).

(3) La loi de la Conscription du 19 fructidor an VI (5 septembre 1798},

d56 LE GÉNÉRAL DE STAMFORD

« faire un rapprochement entre le bavardage fanfaron du « duc de Brunswick et un autre bavardage uniquement « diplomatique. Je veux parler de M. Haugwitz m'insinuant « de rendre leur indépendance aux Républiques d'Italie par « le retrait de nos troupes, mais avant tout d'appliquer ce <v beau principe à la Republique Batave, qui intéresse bien « davantage la Prusse. Vous allez en conclure^ Citoyen « Ministre, que tout le monde est donc disposé pour la « guerre dans ce pays. Non, pas précisément. On connaît au « moins trois personnes quine'le sont pas : Le Roi, Zastrow « et Haugwitz^ et cela suffît pour qu'on puisse dire avec « autant de certitude qu'il peut y en avoir dans les affaires « humaines, que la Prussse ?i' abandonnera jamais son « système de neutralise. Cette assurance est fondée sur le « mécontentement très marqué de M. M. Panin et de Reuss, « qui se sont plaints vivement de leur dernière conférence ; « sur le témoignage positif de deux princes qui passent « habituellement la soirée avec le Roi et la ReinC; enfin sur « l'impuissance pécuniaire (1). »

Siéyès ne se trompait pas. A peine de retour dans ses Etats, le duc de Brunswick se laissait de nouveau aller au désespoir et au découragement et Haugwitz reprenait ses anciennes allures louches, sa politique de bascule et d'échappatoires.

(1) « Archives des Affaires Etrangères ». Prusse, volume 2-24, Dépêche chiffrée n° 5, f° 4i-45. Siéyès à Talleyrand, 15 vendémiaire an VU (6 octobre 1798).

NOUVEL ENVOI UE STAMFOHD A BERLIN l.%7

s. l.n. d. (entre le i 5 septembre et le 10 novembre).

On désire le retour du Général à Berlin. Conditions à remplir pour que sa présence puisse y être utile. Il devrait y être accrédité par le prince. Son intimité avec Grimm.

Monseigneur le Prince héréditaire d Orange mécrit dans toutes ses lettres (2) que Votre Altesse Sérénissime désirerait que je retournasse à Berlin, afin de m'y trouver à portée de profiter des circonstances, qui peuvent se présenter encore, d'opérer quelque bien.

Je ne cacherai point à Votre Altesse Sérénissime que je me sens une grande répugnance à rentrer dans le margouillis politique de cette Cour, où l'ineptie, si ce n'est la fourberie du Ministre principal enfonce de plus en plus un jeune Roi, qui ne montre pas d'élévation dans les sentiments, aucune énergie, pas de lumières et nul désir d'en acquérir, en un mot, oîi les choses marchent à la ruine d'un pas plus rapide encore que sous le règne précédent, parce que toute chute se fait par un mouvement accéléré. Cependant, malgré ma répugnance à rentrer dans une carrière avec la presque certitude d'y échouer encore, il n'est rien que je ne fasse dès qu'il s'agit du service de Votre Altesse Sérénissime (3).

(1) Cf. Pièce XXVIII. R. O. F. O. 95.6.

Starnford était à ce moment et depuis quelque temps déjà à Brunswick.

(2) Le Prince hérédit;iire d'Orange, venant de Potsdam, était attendu le 17 octobre à Brunswick. Il devait, après av lir conféré avec le Duc et Starnford, p.irtir pour se rendre en Angleterre.

i.3) « Le personnage, (qui n'est autre que Starnford) dont j'ai annoncé, « dans ma dernière, le départ immédiat pour Berlin, lit-on dans un des « rapports en date de Brunswick le 1"" octobre et envoyés à Monsieur, y « sera vraisemblablement chargé de presser cette réponse du Ministre «( (celle que le duc de Brunswick demandait à Haugwitz) et du soin de « la faire rédiger conformément au désir du Sérénissime négociateur. »

Et le 18, on trouve dans une autre Note que le duc de Sérent trrnsmet à lord Minto: « La méfiance a prévalu dans le Cabinet Prussien et, malgré « toute la force des raisons qui ont été exposées dans la réponse du Duc '< au Comte, ce dernier s'obstine dans ses soupçons de négociation p; r- « ticulière et perfide. Cela ne laisse pas de donner ici peine et travail au « personnage, qui doit retourner à Berlin ; mais malgré cette reprise « d'inceititude et de méfiance suspensive, le comte de Panin marque

4'58 LE GÉNliIxAl. ^)\i SÏAJIFOr.D

Mais pour que je me voie en état de travailler à Berlin avec quelque apparence que mes peines ne seront pas tout à fait perdues, il serait indispensable que Votre Altesse Sérénissime me chargeât d'une lettre de créance qui, m'autorisant à soigner ses intérêts, me mît à même de m'approcher de la personne du Roi ou de ses Ministres, chaque fois que les circonstances l'exigeraient et en second lieu que je puisse m'établir à Berlin, pour le temps où mon séjour y serait trouvé convenable, sur un pied honnête, sans que m^s affaires en soient dérangées. Les appointements, dont on fait jouir un simple Secrétaire me suffiraient, je crois, à cet effet. — Quant à ce dernier article, ma façon de penser n'étant pas connue en Angleterre, je ne puis me permettre de la proposer, parce qu'on pourrait me soupçonner d'avoir le projet de vouloir faire pour moi une affaire d'intérêt d'une chose que j,e prévois n'en pouvoir devenir une que de peines et de dégoûts. D'ailleurs, je ne sais si j'ai bien ou mal répondu jusqu'ici à la confiance qu'on a daigné m'accorder en Angleterre sur les rapports, peut êlre trop tlatteurs, que M. De Luc a faits sur moi et qui peuvent m'avoir valu cette confiance, et cela même doit me rendre encore plus circonspect Au reste, comme M. De Luc (1) prolonge son séjour à Berlin, je m'imagine qu'il aura trouvé moyen d'y être plus utile que je n'aurais pu l'être en m'y arrêtant plus longtt^mps. Je souhaite de tout mou cœur qu'il se trouve dans ce cas. Mais je ne cacherai pas à Votre Altesse Sérénissime que depuis la rupture des négociations de Berlin et le départ des Ministres de Vienne et de Russie, je ne vois guère que le chapitre des incidents qui permette l'espoir de quelque heureux changement dans le système de ces trois Cours.

Le Duc est désespéré. Il m'avait depuis quelque temps laissé un peu de côté, parce que je lui avais peint les choses très difïé-

« cependmt être asse-z content de la façon franche avec laquelle le comte « de Haugwitz traite avec lui. »

Droprnore Papers. IV, 363 et 3ti8.

(1) De Lue. fils d:'im not;ibIe de deuève. membre du Conseil de cette ville, avait commencé par s'occuper des atïaires publiques. Mais il ne tarda pas à abandonner la diplomatie pour se livrer aux études et aux recherches scientifiques vers lesq:uelles l'attiraient ses goûta. Ecrivain des plus distingués, il avait brillamment défendu la Religion contreles Encyclopédistes et la propagande jacobine. Ses foncti.ons à la Gour de George iii, à laquelle il appartenait en qualité de lecteur à la. Maison de la Reine Charlotte, lui valurent l'estime et la confiance la plus absolue de toute lai funille roy.ile. Afin de cacher son rôle et sa mission auprès du duc- de Brunswick, (-ieorge 111 l" nomma professeur d.'histoire naturelle et de- biologie a l'Université de Gœttingue:. De Luc était un ami intime de Stamford, dont il partageait, les^ idées et les vues,

LA l'HUSSK ET L'aLLIAXCE AVi'C LA FliANCK iu)ii<

rentes de ce qu'on les lui avait représentées. Aujourd'hui que les faits ont justifié mes prévisions, le voilà revenu sans être plus disposé à agir comme il le pourrait. Une lettre, qu'il a reçue de M. de Zastrow, aile-de-cauip du Roi et ami ijitime du comte de Ha-ugwitz, dont il partage les principes, a opéré le changement. Cet officier ydit des choses qui paraissent annoncer que Siéyès pourrait bien eatraîner la Prusse dans une alliance avec la France (1). Comme cela cadce- parfaitement avec le soup^oa que je nûuiTis depuis longtemps et dont, j'ai souvent parlé au Duc, que M. de Haugwitz cherche à amener les choses à un point où il pourra dire au Roi que les circonstances nécessitent cette alliance et que le prince Henri, qui la veut h tout prix, va s'établir à Charlottenburg pour être plus à portée d y travailler, le Duc a pris une telle épouvante qu'il en a perdu tout repos, sans toutefois vouloir se mettre en avant pour détourner l'horreur d'un pareil événement.

Voilà où en sont les choses Nous avons ici depuis quelque temps le baron Grimm (2) qui m'a fait l'honneur de rechercher ma connaissance. Il est en correspondance directe avec l'Empereur de Russie et je profite de cette circonstance pour transmettre en Russie des idées tendant à retenir au moins la Prusse d'ans son état de neutralité.

J'aurai l'honneur une autre fois d'en dire davantage à Votre Altesse Sérénissime sur ce sujet.

^1) '< On caus lit autour riu Roi des moyens de défense de la République- « Franc lise, avait en elTet écrit le '23 vendémiaire an VII (14 octol^re t793) Siéyès- à, Talleyrand, et l'on expliquait comment il était facile de les- rendre nul». « Vous vous oecupez, dit le Roi, d'un objet fort, inutile-, « car je ne serai jamais dans le cas de profiter de ces avis, regardant « une guerre avec la France comme un grand mallifiur pour la l^russe. » « Archives dos Alïaires Etrangères ». Prusse. Volume 224. Dépêche chif-

■■'en° 17, f" 146).

['i) « M de Grimm, Ministre de Russie, va à Munich dans la même qualité. M. Svitchin le remplace ici comme Chargé d'affaires. » « Archives ■l's Affaires Kirangr'^i^^s » (Hambourg, volume 113, n* 10 f* 33). Roberjot à Talleyrand. Hambourg, 27 germinal an VI il(3 avril 1798). Le 28 floréal (17 mni 1798) il mande au Département que « Grimm a communiqué à l'émigré Rivarol une lettre venant de Pétersbourg et annonçant que Paul I' vient de faire mettre à la voile une escadre portant i' 15.00J hommes de troupes. » [Ibidem, n" 15, f° 76).

Enfin le 13' prairial (l"' juin 17ft8) il' rend compte que Grimm a enfin remis ses lettres de rappel' au- Sénat et qti'il est i"emplacé par M. de Mouravielî, Ministre de Russie auprès du Prince-Evêque de Lubeck, poste qui vient d'être réuni en sa faveur à celui de Ministre près les Villes et Etats du Cercle delà Basse-Saxe {Ibidem, n* 2Î, f» 89).

Après avoir quitté la Fi-ance, la mort dans l'âme, avec- tous les autres membres du corps diplomatiiiue en 1792; Grimm, qui is'était fixé à Gotlin, avait été au commencement de 1796 nommé Ministre da Russie près le

GÉNÉRAL DE STAMFORD AU PRINCE D'ORANGE (l).

(Berlin 10 novembre 1798).

Etat des négociations entre Vienne et Berlin. Causes de leur lenteur. Progrès réalisés. Conditions d'une convention d'appui réciproque. Soutien promis par la Russie à la Prusse en cas d'attaque de la France.

11 me semble qu à mesure que les disposilions du Cabinet de Berlin pour un rapprochement avec la Cour de Vienne sont devenues meilleures, les dispositions de cette dernière, qui devaient tendre au même but, s'en sont au contraire éloignées. Je sais très positivement que M. de Thugut n'a consenti à reprendre ici les négociations, dont avait été cliargé M. le prince Hepnin, que dans la vue de ne pas indisposer la Cour de Saint-Pétersbourg, nullement dans le dessein d'en venr à des déteiminations fixes telles que les désire celte Cour. Tout cela cependant n'étant qu'un effet de cette défiance qui existe entre Vienne et Berlin, que tant de causes ont contribué à nourrir, il est probable que, les causes étant connues, on parviendra à détruire leur effet. Comme tout

Cercle de la Basse-Saxe avec résidence à Hambourg par Catherine II. La perte d'un œil, qui le mit dans l'impossibilité d'écrire, l'obligea dans le cour.int de l'année 1798 de se démettre de ses fonctions, dont Paul I' et Alexandre lui continuèrent, les appointements jusqu'à sa mort (19 décembre 1807].

Grimm (Théodore-Melchior, baron de) (17-23-1807) d'abord secrétaire (1743) du comte de Sclionberg, Ministre de la Saxe Electorale à Francfort lors de l'élection de François I '■, puis en 1749 gouverneur d'un de ses fils qu'il accompagna à Paris, y devint bientôt le lecteur du duc de Saxe- Cobourg-Gotha. Jean-Jacques Rousseau, qu'il connut alors, l'y trouva, comme il l'était d'ailleurs lui-même, en mince état de fortune, et le mit en relation avec les principaux littérateurs de l'époque. Le comte de Friesen, neveu du maréchal de Saxe, qui le prit comme secrétaire, lui ouvrit les portes des salons de Paris. Secrétaire des commandements du duc d'Orléans après la mort du comte de Friesen, Grimm et son ami Diderot se chargèrent, à partir de ce moment, de tenir au courant ceux des princes allemands qui suivaient avec intérêt le mouvement de la littérature française. Adressée dans le principe à la duchesse de Sa.xe- Cobourg-Gotha, celte corre.<pondance s'étendit l)ientôt à Catherine II (1774-1792) à Frédéric II (Cf. ïome XXV de la Correspondance du Roi) aux rois de Suède et de Pologne, au duc de Deu.x-I*onts, etc., etc. Baron de l'Empire (1775), Grimm entra l'année suivante dans la carrière diplomatique et représenta le duché de Saxe-Cobourg-Gotiia de 1776 à 1792.

ETAT DES NÉGOCIATIONS EN lUE. VIENNE ET H^RLIN 161

se traite ici sous les auspices de la Cour de Russie, que M. de Cobenzl (1) entre parfaitement dans les vues de cette Cour et est autorisé à faire parvenir à M. le prince de Reuss des instructions conformes à ces vues, les choses ne laissent pas de s'acheminer ici lentement vers le but, où sans doute il serait à souhaiter qu'elles fussent déjà arrivées. On s'est avancé ici, depuis dimanche dernier, d un pas qu'on peut regarder comme très important. La Cour de Vienne avait déjà depuis quelque temps proposé, au cas oii l'on en vint à une paix pour l'Empire Germanique, de proléger le Sud de l'Allemagne comme la Prusse a protégé jusqu'ici le Nord, à condition que l'une ou l'autre de ces parties étant attaquées, celle qui ne le serait pas ferait aussitôt une diversion en faveur de l'autre. On avait toujours refusé ici d'admettre ce principe de diversion, mais dimanche passé, le prince de Reuss ayant été demandé à une conférence particulière avec M. de Haugwitz, ce Ministre a enfin adopté ce principe, en demandant que chaque partie de l'Empire à protéger et les forces à y employer fussent exactement déterminées.

L'Empereur de Russie est très satisfait de la manière dont se prononce vis à vis de Sa Majesté le roi de Prusse et son Cabinet et le comte Panin a eu hier une longue conférence avec M. de Haugwitz, dont il est sorti fort content. Le premier a déclaré au nom de son Souverain que, dans le cas où la Prusse rentrant dans la Coalition serait attaquée par les Français, Sa Majesté ferait aussitôt marcher à son secours une armée de 34000 hommes d'infanterie et de 14000 de cavalerie. Nous ne saurons que dans quelques jours ce que cette déclaration aura produit sur l'esprit du Roi, qui est encore à Potsdam. C'est pour cette raison que je n'ai pas encore été présenté à Sa Majesté, ce qui se fera cette fois ci par M. le Ministre de Finkenstein.

M. le prince de Reuss m'a communiqué une lettre que lui a écrite à mon sujet le baron de Thugut en des termes si élogieux que ce prince, ainsi que le comte Panin, me sollicitent de lui écrire de manière à le faire revenir de sa défiance à l'égard des vues cachées de la Prusse, défiance qui entrave toutes les démarches de la Russie tendant à opérer un concert entre Vienne et Berlin. Je tâcherai donc de lui prouver que l'ignorance des résolutions arrêtées à Vienne retient la Cour de Berlin qui vient

^ U) Voir à la suite de cette pièce les dépêches de lord Grenville, de Slarhemberg et de Woroiizow relatives à l'attitude prise par Cobenzl à Pétersbourg et au jugement que ces trois hommes d'Etat portent sur la situation,

STAMFORD il

162 •* LE GÉNÉHAL DE STAMFOlîD

de se déclarer au risque de rester peut-être seule dans la lice. Je lui dirai qu3 la Coalition qui se forme ne sera véritablement formidable que lorsque la Cour de Vienne sera déterminée à agir

Je lui parierai des chances favorables qu'offre le moment actuel pour terrasser l'hydre de la Révolution et je finirai par développer les avantages qui résultent d'une diversion opérée du côté de la Hollande et des Pays-Bas. En effet, les avantages de cette diversion me paraissent si importants qu'ils me semblent pouvoir doubler, tripler même, le succès des opérations d'une campagne. J'ai été charmé de rencontrer ici M. De Luc, qui s'est fait estimer et aimer de M. de Haugwitz et qui par ce moyen peut faire beaucoup de bien. Je crains toutefois le caractère timide de ce Ministre, qui toujours le portera à essayer d'échapper à un danger par la ruse, alors même qu'il sera prouvé qu'on ne peut y échapper que par la fermeté et le courage. Il est bon par conséquent de lui représenter sans cesse que le danger dont la Révolution menace les Etats est de ce genre, et c'est ce que fera M. De Lue.

11 m'a paru inutile de reproduire la lettre que Stamford, « que la nécessité, dit-il, ramène pour la troisième fois à « Berlin, » écrit à Tbu^ut, parce qu'il ne fait qu'y développer les ide'es exposées çi-dessus.

Lord Gren ville, Starhemberg et Woronziow étaient loi» d'être aussi saiisfgiits que Stamford l'était par extraordinaire à ce moment. Ces trois hommes d'Etat critiquaient vivement et jugeaient sévèrement le rôle que Cobenzl jouait à Saint' Pétersbourg, l'allure qu'il imprimait ou qu'il avait laissé prendre aux négociations.

« J'ai l'honneur de vous envoyer huit pages de radotage « de notre Crispi7i de Pétersbourg, ne peut, dans son dépit, « s'empêcher d'écrire le 25 octobre, d'York Farm, Starhem- « berg à lord Gren ville. Ce maudit homme gâte tout. Il « m'ennuye, m'impatiente et m'indigne. Plaignez-moi et (' renvoyez-moi ce barbouillage diplomatique de Goben?! « après l'avoir lu.

« Pourquoi M. Whitworth convient-il que nous avon§ « raison ? Il travaille aussi à gâter ma besogne, ce me semble . »

Et lord Grenville d'abonder dans son sens en lui répondant, presque sans perdre une minute.

LOUD GHKNVILLK, STARHEMBEHG, WORONZOW ET COBENZL 163

Dropmore, 97 octobre il 98.

(( Je vous restitue avec bien des remerciements la réponse « de votre Chef in par fibus. En vérité, je vous plains d'avoir « à exécuter de pareilles instructions et je trouve l'Angle- « terre bien et bien heureuse de ne pas être sous la dépen- « dance de ceux qui font de si beaux raisonnements »

Mais cela ne suffit pas à lord Grenville. Le lendematn, il écrit à Pitt II proteste de toutes ses forces contre les prétentions de l'Autriche, qui ne demande rien moins qu'un subside d'un million, ou même d'un million et demi délivres sterling pour se décider à recommencer la lutte et que l'attribution d'une somme égale à la Russie qui doit dans ce cas lui prêter son coneours.

Il est si mécontent, si exaspéré même qu'il propose tout bonnement à Pitt de cesser la conversation avec les deux Cabinets et que sur l'heure même il éprouve en outre le besoin de s'épancher dans le sein de Woronzow.

Dropmore y ^8 octobre il 98.

« J'ai reçu une dépêche dé Whitworth, qui m'a bien u afiligé en m^informant que votre Cour a voulu renvoyer « l'arrangement de nos affaires à un concert avec l'Autriche « qui, selon toute apparence, ne s'effectuera jamais. Gomme « notre Ministre sera renvoyé pour tous les détails à vos «< communications, je serai bien aise de vous en parler. Je « serai en ville mardi vers les 2 heures »

Woronzow s'empresse naturellemeut d'accepter le rendezvous.

Richmond, 29 octobre i798.

« Je serai demain mardi à 2 heures, dans votre maison « en ville, comme vous me l'indiquez. Je suis mécontent de « la dépêche que j'ai reçue et que je vous communiquerai. « C^est encore une intrigue de ce gueux de Cobenzl. Il ne « faut pas se décourager et attendre quelle sensation pro- « duisent chez nous les représentations et les nouveaux « expédients que porte le courrier que nous avons expédié « le 19 de ce mois. En attendant il faut être ferme. La force « de la raison appuyée par la force d^âme doit prévaloir sur

164 LE GÉNÉiîAL DE STAMFOIin

« les basses intrigues. Vous avez pour vous la justice et l'in- « térêt général de l'Europe. L'Autriche ne vous oppose que « les vues retrécies d'un vil intérêt et d'une vanité ridicule, « croyant ou s'élever seule dans le démembrement de TEu- « rope, ou avoir à elle seule la sagesse et la puissance de la « sauver sans s'apercevoir qu'elle sera la première à être « engloutie dans le gouffre que la France nous creuse à tous. »

Mais 'Woronzow ne s'en tient pas là. A peine sorti de la Conférence qu'il a eue le mardi 30 avec lord Grenville, il reprend la plume et dès de son retour à Richmond, le 31, il lui adresse le billet suivant:

« En vous renvoyant la proclamation polyglotte du trop « fameux Corse (Ij avec bien des remerciements, je vous « joins ici la lettre du chevalier 'Whitworth. Vous, êtes censé « ne pas l'avoir vue et je vous prie de me la renvoyer. C'est « un honnête homme, qui ne connaît pas toutes les four- « beries de Cobenzl, de ce vil Scapin politique et il est natu- « rel qu^il ait été trompé par lui. Ce gueux, qui a égorgé « Venise et vendu Mayence, a trompé son Empereur et son « Ministère. S'il n'est pas démasqué, ce ne sera pas de « ma faute (2), »

(1) Cf. Correspondance, IV, 2.7 23. Proclamation. Qu irtier Général, Alexandrie, l'i Messidor an V"I (2 juillet 1798) 18 du mois de muharem, l'an de l'hégire 1213. Bonaparte débarqua le I" juillet. Des proclamations adressées aux habitants de l'Egypte composées et imprimées en arabe, à bord même du vaisseau amiral, furent aussitôt répandues à Alexandrie. Les Arabes et les chefs de la religion y étaient avertis que la France venait châtier les beys, leurs oppresseurs, ces hommes assez mal avisés pour l'avoir insultée. Bonaparte venait venger leurs injures en même temps que celles de la République, délivrer le peuple égyptien et lui rendre sa nationalité tout en respectant en apparence les droits de la Porte Ottomane (G.^hdkn. Histoire générale des traités de Paris, etc. VI, 47-48).

(2) Dropmore Papers. IV, .15>355. Cf. Ibidem 345 dans un billet de Woronzow à lord Grenville, de Richmond, 10 octobre les phrases que voici: <( ... Le Mémoire, que le comte de Cobenzl a présenté à notre « Cour, ne m'a pas été envoyé, mais que le comte de Starhemberg m'a « montré, n'est qu'un amas de mensonges et de calomnies contre l'An- « gleterre. S'il s'est permis tant d'impudences par écrit, que n'aurait-il « fait verb ilement ? Il faut donc éclairer l'Empereur qui est porté par « inclinaison et avec raison à croire plutôt le Ministère Britannique que « celui de Vienne, si avili à la face du monde. Du reste, je ne copierai « ma dépêche que d'après vos corrections. Vous savez mieux les affaires, « vous en avez tout l'ensemble, tandis que je n'en connais qu'une partie. »

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