‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 37 sur 171 · ENTHKTII N AVEC STRUENSEE ET LE ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

ENTHKTII N AVEC STRUENSEE ET LE ROI DE PRUSSE

parte en Egypte et il me dit qu'il serait très fâché, si la nouvelle de salin tragique était confirnciée (1). J'allais répondre, lorsque le Roi s'approcha de nous. Ne voulant pas laisser tomber la conversation, j'informai Sa Majesté du propos de M. de Struensee et j'ajoutai, en adressant la parole à celui-ci : « Je ne sais quelinté- « rètpeut inspirer ce brigand. Quant à moi, je le trouve trop heu- « reux de n'avoir pas terminé sa carrière comme il l'eût mérité. »

M. de Struensee me répondit qu'il ne s'intéressait à lui que parce qu'il avait prouvé qu'il était un grand général.

« J'ignore,'Monsieur, lui réparlis-je, à quelle échelle vous mesu- « rez les chefs d'armée. J'appelle Turenne un grand général, parce « qu'avec de petites armées il sut tenir tète à Montecucuili qui, « lui aussi, était un grand général. Si Bonaparte avait eu affaire « à de pareils généraux et qu'un boulet de canon l'eût emporté « comme Turenne, aucun d'eux sûrement n'eût dit de lui : // « faisait honneur à fhommel Voilà mon échelle. Grand Général « n'en est que la moitié. Grand Général et en même temps Grand « Homme. C'est tout l'entier »

M. de Struensee ne jugea pas à propos de pousser plus loin cette conversation, qui ne mériterait pas l'attention de Votre Altesse Sérénissime, n'eût été que le Roi en me faisant de la tête un signe d'approbation, ne m'eût fait connaître qu'il n'était pas fâché que j'eusse réduit ce petit Necker à ne savoir que répondre.

On commettrait une très grave erreur en croyant que le parti démocratique en Allemagne s'affaiblit ou s'humilie. On le voit au contraire lever insolemment la tête.

J'ai retenu pour exemple un journal qui parait à Altona et qui se vend dans toutes les villes d'Allemagne, intitulé /.a Verge (Die Geissel). Il adresse, dans son numéro 5, aux peuples de l'Empire germanique un appel à l'insurrection. L'article, qu'on se propose de continuer dans les numéros subséquents, a pour titre : La Lanterne. C'est le pamphlet le plus abominable qui ait été publié. Tous les Souverains y sont traités avec un mépris qui passe tout ce qui a été imaginé dans ce genre. J'ai donné connaissance de cet infâme journal à Haugwitz, qui m'a remercié hier soir chez le Roi, où les politiques se sont beaucoup entretenus de la déclaration de guerre des Français aux rois de Naples et de Sar-

(1) « Je vous remercie pour le plaisir extrême que vous m'avez fait en « me communiquant la nouvelle que le chevalier Eden a eue du baron « de Thugut. Elle est si probable, si dans les mœurs du pays où s'est « passée l'aflaire que je la crois et que j'ai toujours cru que toile serait « la fin de Bonaparte et de ses satellites... » Comte Woronzow à lord Grenville, liichmond, li décembre \~'.)H. [Dropmore Papers, IV, 144).

daigne (1). Je n'ai vu personne qui n'en fût indigné. Le Roi surtout en a témoigné, paraît-il, une profonde indignation.

Du 21 décembre 1198.

Pas de lettre de M. de Thugut, ni de nouvelles de la Cour de Vienne depuis la reprise des hostilités entre le roi de Naples et le Gouvernement français. On ne peut savoir oii en est cette Cour à l'égard de la paix ou de la guerre. Ici tout le monde se monte à la guerre qu'on regarde comme inévitable depuis le dernier Conclusum de la Députation de l'Empire et la réponse qu y a faite la Légation française, par laquelle elle fait entendre qu'il va maintenant être question des indemnités à accorder aux Princes lésés que la France se croit obligée de protéger et des Sécularisations (2) à faire pour assigner à chacun d'eux la part que le Directoire daigne leur attribuer. Mais je laisse au comte Panin le soin d'informer Votre Altesse Sérénissime des entrevues qu'il vient d'avoir tant avec M. de Haugwitz qu'avec M. de Zastrow.

L'échec essuyé par les troupes napolitaines n'a pas été aussi grand que Siéyès en avait d'abord fait répandre le bruit. L'armée française occupait une forte position en avant de Macerata, sur leur droite et vers Fermo sur leur gauche. Le général Mack détacha un corps sur leur droite, pendant qu'avec son armée il s'avançait sur l'ennemi pour le déloger. C'est ce Corps qui a perdu huit canons et quelques centaines de prisonniers. Mais, ni cette perte, ni un second échec des Napolitains près de Terni n'a empêché cette armée d'avancer et de débusquer les Français qui se

(1) Les Napolitains ayant attaqué le 23 novembre les avant-postes français en territoire pontifical, le Directoire déclara le 7 décembre la guerre au roi de Xaples (Cf. Lord Gi-enville à Thomas Grenville, Cleveland Road, 20 décembre 1798. Dropmore Papers, lY. 120). — La déclaration officielle de guerre au roi de Sardaigne porte la date du 10 décembre, date à laquelle tout était terminé. — A la suite du manifeste fulminant de Joubert en date du ■'), de l'attitude de Grouchy à Turin, de roccupation des principales villes du Piémont, Charles-Emmanuel avait signé le i> son acte d'abdication et quitté le jour même sa capitale.

(2) Le I^lénipotenliaire Impérial ayant ratifié le Conclusum, W fut porté le 11 décembre à la connaissance des Ministres de France qui dans leur réponse du 12 exprimèrent « le sentiment agréable qu'ils « avaient éprouvé en voyant que leur confiance dans la prudence et l'hu-. « manité éclairée de la IDéputation de l'Empire n'avait pas été trompée » et comme « au moyen de l'adhésion formelle et entière de la Députation (c à. leur ultvnatunri. tout l'essentiel de la première base de la négocia- <c tion se trouvait aiTêté », ils annoncèrent qu'ils présenteraient incessamment leurs propositions sur l'application de la seconde base, savoir, du principe reconnu des indemnités par la voie des Sécularisations. (Gar- DEN. Histoire Générale des traités de paix, etc. etc., VI, 65-66}.

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