‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 40 sur 171 · ACCORD POSSIBLE KNTRE VIENNE ET BERLIN · texte numérisé non relu

ACCORD POSSIBLE KNTRE VIENNE ET BERLIN

ensemble proposer leur avis au Roi. Lui ayant dit que le Duc m'avait écrit que sans une invitation du Roi il ne pouvait se rendre à Berlin, il me répondit que je pouvais compter qu'il serait invité, J'ai cru devoir rendre compte à Votre Altesse Sérénissime de cet entretien, parce qu'il me semblait prouver deux choses ; l'une, que M. de Ilaugwilz sent qu'il n'a pas assez d'ascendant sur l'esprit du Roi pour faire prendre à Sa Majesté les déterminations que les circonstances exigent ; l'autre, c'est que le Roi témoigne beaucoup de répugnance pour tout ce qui pourrait l'entraîner dans une guerre qu'il se flatte d'éviter, erreur dans laquelle Sa Majesté est entretenue par ses intimes qui lui prônent la paix, parce qu'elle seule leur offre des moyens de jouissance.

Berlin, s. d. {[in décembre) 1798.

Possibilité d'une amélioration des rapports entre Vienne et Berlin. Les secours de la Russie. Les subsides de l'Angleterre.

L'harmonie entre cette Cour et celle de Vienne a bien de la peine à s'établir. La méfiance de cette dernière et les demi-explications qui en résultent empêchent qu'on en vienne à des déterminations finales. Mais comme tout se traite sous les auspices de la Russie, que Cobenzl est d'accord avec cette Cour et donne au prince de Reuss des instructions, auxquelles celui-ci est autorisé à se conformer, les choses ne laissent pas de s'acheminer lentement vers le point où il esta désirer qu'elles arrivent. La Cour de Vienne s'est offerte à protéger le sud de l'Allemagne, comme la Prusse en protège le nord, à condition que l'une ou l'autre des parties venant à être attaquée, celle qui ne le serait pas ferait aussitôt une diversion en faveur de l'autre. On avait d'abord refusé ici d'admettre ce principe de diversion (2). Mais dimanche passé, M. le prince de Reuss, ayant été appelé à une

ij K. 0. F. 0. 9j.O. Cette dépêche est vraisemblablement de la fin de décembre. '

(2) La réponse que les Ministres du l^oi (de Prusse) firent à la suite de la Conférence du 16 juillet aux observations, auxquelles donna lieu le projet de convention éventuelle dressé par le prince Repnin, projet qu'ils mirent sous les yeux de leur souverain et dont lord Elgin avait envoyé à lord Crenville une copie jointe h sa dépêche de Blackhe ith, le 12 sep-

conférence particulière avec M. de Haugwitz, ce Ministre la enfin admis en demandant que chaque partie de l'Empire à protéger par les Prussiens fût exactement déterminée.

La Russie est très satisfaite des explications que lui a données la Cour de Berlin et Panin, sil écrit aujourd'hui ou demain au sujet des questions qu'il a mandées lui-même à Votre Altesse Sérénissime, est autorisé à déclarer, au nom de son Souverain, que la Russie tiendra une armée de 50000 hommes prête à marcher au secours de la Prusse, dès qu'elle le requerra (1). Cet article est encore secret ici. Une dépêche de M. de Woronzow à sa Cour, dont il a été envoyé une copie au comte Panin, me prouve que la Cour de Londres est infiniment plus disposée à accorder des subsides à la Prusse qu'elle ne Test à en donner à l'Autriche, dont elle est fort mécontente.

Je ne sais rien de la sensation qu'a produite le N° 4 -du Mercure Britannique là où il est à désirer qu'il en produise une avantageuse à la bonne cause. Mais j'avoue que, quelque plaisir que j'aie éprouvé en lisant ce numéro, j'ai été fâché qu'on ait fait connaître que par ses procédés Siéyès ait agrandi l'éloignement qu'on avait déjà conçu antérieurement pour le Gouvernement français. Car c'est apprendre au Directoire qu'il doit envoyer ici un autre Ministre, qui sache se rendre agréable à cette Cour afin de la tromper encore, si c est possible. Cet article, à mon avis, est d'une grande maladresse.

tembre, se terminait par les considérations suivantes : « Pour être efficace, « la neutralité, qu'on a en vue, doit être garantie et la Prusse est hors « d'étal de se charger seule de cette garantie d'ins toute son étendue. En « se bornant à la partie septentrionale que sa position géographique lui « permet de défendre mieux que le reste, elle couvre plus que la moitié « de l'Allemagne et ce n'est pas un léger fardeau qu'elle s'impose. « Serait-ce trop prétendre ensuite que d'inviter la Cour de Vienne à pour- « voir à la sûreté de l'autre moitié, qui est le plus à sa portée et d'era- « ployer pour cet effet les moyens qui sont à sa disposition. Ce partage » est dans l'ordre naturel des choses, et à cet égard encore, il ne s'agirait « que de bien s'entendre paur s'assurer mutuellement la reconnaissance « des Etats de l'Empire et leur rendre les services les plus réels. » {Dropmorc Papcrs, IV, 313).

1) « Nous renouvelons actuellement, mandait Paul I" au comte Woron- « zow, de Saint-Pétersbourg, le 30 décembre 179 S, les ordres à notre « Ministre, comte Panin, de lui (au Roi de Prusse) faire définitivement « les mêmes demandes, comme vous le verrez par notre Rescrit, dont la « copie est ci-jointe. Nous faisons consister le secours en question dans « 45.000 hommes d'infanterie et de cavalerie avec le nombre suffisant « d'artillerie, aussitôt qu'un traité provisional [sic], conclu par notre Mi- « nistère et par le Chevalier Whitworth et signé par ce dernier sub spe « rati, aura été ratifié par Sa Majesté Britannique... » {Dropmore Papers, « IV, 428).

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