LE VOCABULAIRE DE STAMFOIU
de faire en cas que cela arrivât et je crois que l'un et l'autre ont aujourd'hui la même opinion. D'ailleurs, les circonstances et les derniers événements commandent si impérieusement l'union entre les Cours de Saint-Pétersbourg, de Londres et de Berlin, qu'il serait inconcevable qu'on n'y eût pas égard. Au reste, je ne suis pas sans inquiétude sur les menées de Siéyès qui envoie et reçoit très fréquemment des courriers.
Je prie Votre Altesse Sérénissime de passer de l'eau forte sur la page ci à côté. Elle y découvrira, d'un côté les noms des diiïérentes personnes, dont il sera nécessaire que je lui parle, et de l'autre, les noms sous lesquels je me propose de les lui désigner. Je conjure Votre Altesse Sérénissime de ne communiquer cette lettre à âme qui vive, hors M. Grenville. Le projet qui rend cette précaution nécessaire n'est pas encore mûr. Il n'est connu que de M. le duc de Brunswick, du comte Panin et de moi.
Noms désignés.
Pichegru Major Peyrou ou Baptiste.
Monnier... (1). David.
Bottot [%). L'ami de Pauline.
« en Allemagne, mais veut se borner à des arrondissements en Italie.., » {Dropmore Papers, IV, 478-479, Baron de Lehrte. à lord Grenville, Londres, février 1799).
(1) Pour les intrigues de David Monnier, de Fauche-Borel et de la Maisonfort pour le fameux projet de restauration du Roi avec le concours de Barras, voir Ernest Daudkt : Les Emigrés et la Seconde Coalition, — FAUCHE-BoREt,, Mémoires. — Fonds Bourbon, 607/254. Supplément I, Cahier II, et Dropmore Papers, IV. 439-498, V, 6, 20-23, 29. 33-38, 177-184.
(2) « Nous avons fait mention dans notre rapport d'hier, lit-on dans la « dépêche que Gallo, Cobenzl, Merveldt et Degelraann, envoyent à Thu- « gut, d'Udine le 4 octobre 1797, de quelqu'un qui était arrivé à Bona- « parte de Paris et avec lequel il avait eu une longue conversation. Le « quidam est un nommé Bottot, secrétaire et ami intime de Barras, qui " a apporté sans doute au général français ou la nouvelle de la rupture « des négociations de Lille ou d'autres renseignements de grande im- « portance. Il doit repartir demain pour Paris. Comme il a été, passé « vingt ans en Russie à la suite de M de Juigné. M. le comte de Cobenzl « s'est entretenu quelque temps avec lui de choses indifférentes. Bottot « lui a seulement témoigné un grand empressement pour la conclusion « de la paix. » (Ilaus. Ilof und Siaats-Archiv. Friedensakten 69^ B. 2 et dans Huffer. Quellen zur Geschichte des Zeitalters der franzSsischen Révolution, 413-il4).
En note de ces pages, on trouve dans le résumé du rapport fait par Bottot à son retour {Archives Nationales. A. F. III, 473) le curieux jugement que porte sur Bonaparte ce confident de Barras. « Bonaparte peut « être regardé comme un pantin politique qui affecte des formes poli- « tiques auxquelles il était étranger et qui le rendent ridicule aux yeux « des négociateurs autricliiens ».
■244 LE iGÉNÉI',AL DE ST.VMFOrïB
Barras. iPauliM.
Jauehe-JBûrel. Lonia.
La Maisonfort ,[i). DiK-iH^uit.
Louis XVIII. Mon (îknde ou le Marquis.
L'ElciapereuT de Russie.. Le ForL
Comie Panin. Le Sage.
L'Empereur des Romains. Le Jeune.
iLe duc de BruQSwick. Ma Taate.
Stamford. Le Ps'eveu.
L'Angleterre. Le Marin.
Bitt. Le Pilote.
Le Parlement ti'Âiîgl'eterre. Les Parents.
Le Dirrectaire françai.. Les Romafiins.
«Conseil des Anciens. Le bras droit des Romains.
Conseil des oOG. Le bras gauche des fto-mains.
Le Ministre de la Guerre ou des Affaires Extérieures d'un Souverain sera désigné sous le nom de son bras droit, ainsi HaugwitE sera appelé le bras droit du roi de Pt-usse. Le Ministre ou Envoyé d'un Souverain à une autre Cour sera appelé son Homme d'Affaires. Par exemple, le comte de Keller sera désigné sous le liom de VBomme d Affaires du roi de Prusse.
Berlin, 1 9 janvier 1799.
Malade, inquiet de la maladie du prinoe Frédéric d'Orauge. Il ne ipeut se rendre chez le Duc. Il le piie et lui conseille d« s'entretenir avec le comte Panin avant de voir le Rdi et Haug-witz.
Une forte indlspositioTi, augmentée par mes inquiétudes au sujet de mon cher prince Frédéric d'Ui^ange qu'an dit très malade 4 Padoue (3), m'empêchant de quitter la chambre, je prends la
(1) Voir Pièce LXVIT.
i3) La maladie était en effet très gTa\-\e. Le prince Frédéric d'Orange ine ;S'en releva pas 'et ne tarda même pas à succomber, le 9 fè\Tier.. jLa mort de .ce Jeune Prince était pour la Maison d'Orange -une p«rte presque irréparable, puisque, comme Siéyès le ana-ndait dans las éerniErs jours de février à Talleyrand Prusse, volume "^iô, f° 13, Dépèchern» 50) : « 3ialgré
LE J)UC im BRUÎJSWItlK à BERLIN vil»
liberté d'adresser par écrit à Votre Altesse Sérénissime mes compliments sur son arrivée à Berlin,
J'ose me flatter, Monseigneur, que vous y trouverez la plupart des personnages principaux dans d'excellentes dispositions pour ce qui concerne l'objet au sujet duquel le Roi désire s'entretenir avec Votre Altesse Sérénissime et d'entendre ses sages avis. Elle vaincra sans peine quelques ecrupules qui semblent encore arrêter le Roi, scrupules qui ne proviennent que du manque (i'jdées et de connaissances claires et précises de l'état des afTairee.
Je désire infiniment, Monseigneur, que M. le comte de Paninait l'honneur de vous entretenir le plus tôt possible. Il a dans son portefeuille des choses qu'il importe de connaître avant de parler d'affaires au Roi et même à M. de Haugwilz.
J'ai rhonoeiw, etc..,, etc..
Berlin^ î^ janvier i 799.
Eépoua» au billet précédent. Bomue» dispositioas de la Cour de Berlin. Attitude suspecte de Vieane, U repartira incessajoament.
Pardonnez mon silence, cher Général. Je n'ai pas un moment à moi : M. de Zastrow sort de ma chambre. J'espère trouver demain occasion d'entretenir le comte Panin. lime paraît qu'en général on a ici de très bonnes intentions, mais que la Cour de Vienne continue à causer de grandes inquiétudes. Veuille le Ciel qu'on se trompe ou plutôt que M. de Thugut nous détrompe d'une manière consolante.
Je fais des vœux pour votre prompt rétablissement. C'est un bien fâcheux contre-temps pour moi que votre indisposition. Je saisirai le premier moment favorable pour aUer vous voir avant mon départ qui probablement aura lieu dimanche ou lundi.
Je suis, etc..
« les liens de parenté qui unissent les deux familles, le Cabinet de Ber- « lin témoignait la plus parfaite indiflérence à tous les princes d'Orange, « excepté à celui qui est mort en Italie. » U) R. O. F. O. 95.6.
Berlin, 2£ janvier 1799.
Il ne partage pas roptimisme du Duc. Berlin doit se hâter de prendre des résolutions. Il supplie le Duc de voir le comte Panin.
Je pense, Monseigneur, que Votre Altesse Sérénissime a eu Tintention de me dépayser quand Elle me dit dans son billet de hier au soir qu'il lui paraissait : « Qu'on était généralement ici dans de très bonnes intentions. » Je suis persuadé qu'EUe a trouvé plus que cela. Car il y aurait sûrement Periculum in more à ne pas se hâter d'en venir des intentions à des déterminations promptes et précises, même pour le cas où la Cour de Vienne viendrait à sortir de la lice, parce qu'alors la position de la Prusse, si elle se trouvait sans alliés et abandonnée à ses propres forces, en deviendrait d'autant plus critique.
Je ne m'étendrai pas davantage sur cet article. Au reste, le comte de Panin a de quoi détruire les alarmes que cause ici la conduite de la Cour de Vienne, et c'est pour cette raison que je prends la liberté d'insister de nouveau pour que Votre Altesse Sérénissime me promette de le voir sans difïérer davantage.
Je suis, etc..
Berlin, 22 janvier 1799.
Observations en réponse à sa lettre. Il importe de se souvenir de 1792 et de savoir avant tout ce que fera l'Autriche.
Je suis en train de répondre à un Mémoire de M. de Haugwitz qui m'occupe beaucoup depuis deux jours. Cela me force à ne vous répondre qu'en peu de mots que je crois qu'il y a de la différence entre s'entendre et se concerter avec les Cours de Saint- Ci) R. O.F. 0.95.6.