CE QUE VALENT LES PROMESSES DU DUC DE DRUXSWICK
y rencontra le comte Panin, à qui il raconta d'abord qu'il m'avait vu et qu'il était décidé d'écrire au Roi. Le Comte lui en témoigna sa joie et sa plus grande satisfaction.
Le surlendemain, au lieu de la lettre au Roi, il m'en écrivit une à moi pour me notifier qu'il avait entièrement changé d'avis à l'égard de l'autre et qu'il ne l'écrirait pas, parce qu'un rapport du comte de Keller, entré ce même jour portait en substance que le bruit courait à Vienne que cette Cour ne pouvait, ni ne voulait se mêler des afîaires du roi de Naples et qu'il était probable qu'elle signerait incessamment sa paix avec la France (1 .
(1) «... Ou veut savoir, nous apprend une dépêche de Hambourg le « 23 pluviôse an VII (Il février 1799) de Parandier, agent de la Répu- « blique. au citoyen Talleyrand, que le duc de Rrunswick n'a rien fait à « Berlin avec tous ses projets, que le parti du Roi est pris, que les « événements de Naples lui ont trop confirmé qu'il ne peut sans danger « se prononcer contre la République et qu'il est tout décidé à soutenir le « système de neutralité. Cependant le duc de Brunswick a écrit ici aU <( prince Louis que ses idées auraient été écoutées et accueillies ; que « Gronville, qu'on altendait avec impatience, donnerait le coup de > collier décisif. Il paraît qu'il a principalement voulu purler du comte
de Haugwitz. » [Hambourg, volume 114, n° 29, folio 62).
Parandier (Pierre) parti pour la Pologne en 1784 sur l'ordre de Vergennes et cli-irgé d'entretenir une correspondance politique avec sou secrétaire particulier. Envoyé en 17?7 à Kiew pour y suivre la Cour de Russie qui se rendait en Crimée, envoyé en 1789 à \"arsovie avec Descorches de Sainte-Croix, envoyé extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire, y rendit des services qui lui valurent de recevoir à pluiîleurs reprises des témoignages de satisfaction du Gouvernement français.
Obligé en juillet 1792 de quitter la l^ologne avec toute la Légation française, il reçut du Ministre des Alïaircs Etrangères l'ordre de rester en Saxe, d'entretenir avec lui une correspondance suivie et d'engager les Polonais réfugiés en Saxe à se rendre à I^aris pour y conférer avec le Gouvernement sur les affaires de la Pologne. En conséquence de ces ordres, le comte Mistowski et le général Kosciuszko se rendirent à I^aris au commencement de 1793.
Appelé en nivôse an II à Paris poar renseigner de vive voix le Gouvernement sur la Pologne, il y fut dénoncé comme agent de la I*russe. Son arrestation était décidée, lorsque les événements de Pologne vinrent confirmer ses rapports. Le 9 thermidor arriva et le Consul Cambacérès lui demanda des Mémoires sur la Pologne et par un arrêt du 2() brumaire an III, il fut nommé agent de France près du Gouvernement provisoire. Arrivé à R;itisbonne, il y apprit la chute du Gouvernement polonais et se rendit par Dresde à Hambourg. Le 8 germinal, il y reçut l'ordre de rester provisoirement à Altona, puis le 13 messidor, celui de fixer son séjour à Dresde, mais d'aller attendre à Berlin ses instructions et son titre confidentiel auprès du Ministère saxon. Le 29 brumaire an IV, le Ministre des Relations Extérieures en présence de l'entrée de la Saxe dans la Coalition, l'autorisa à rester à Berlin et à y continuer sa correspondan(^e. Le 9 brumaire an VI, le Ministre lui prescrit de se mettre à la disposition de Siéyès, nommé Ambassadeur. Le 8 vendémiaire an VII, sur sa demande il est envoyé à Hambourg pour y recueillir des renseignements sur les neutres. Le 29 pluviôse, il a ordre de
Berlin, 9 février 1799 au soir.
Explications de la contradiction existant entre l'attitude de la Cour de Vienne et les paroles de Thugut. Son opinion sur Keller, Cœsar, Sandoz-Rollin. Les projets de Talleyrand. Nécessité de la continuité de l'action du Duc sur le Roi.
Votre Altesse Sérénissime veut que je combine l'envoi du général de Bellegarde à Paris 2j et le voyage de l'archiduc Joseph à
s'établir à Altona. Au commencement de l'an VIII, à la suite de l'afTaire Napper-Tandy, il est, comme tous les agents de la France à Hambourg et à Altona, rappelé à Paris.
Le 29 messidor an X. il est nommé premier secrétaire à Constantinople, Chargé d'Affaires le 19 frimaire an XIII après le départ du maréchal Brune jusqu'au 6 fructidor an XIII où, appelé à Paris, il remet la gérance à Ruffin. Arrivé à Paris le 2 janvier 1806. il est reçu par Talleyrand le 1" février et demande, sans pouvoir l'obtenir en 1807 le poste de premier secrétaire à Madrid et. ^ans plus de succès en 1808 un poste de Consul dans le Levant, puis en avril 1812 le poste de Proviseur du lycée de Versailles. En août 1812, Bassano l'appelle auprès de lui à Vilna et en quittant Varsovie il le charge de le renseigner sur l'état des affaires politiques et militaires du Grand Duché et l'envoie à Posen, nanti de nouvelles Instructions. Le 15 avril 181 i, Parandier, revenu à Paris, adresse à Talleyrand un long rapport sur sa dernière mission en Pologne. Enfin le 3 juin 181 i, il sollicita vainement la faveur d'être nommé Consul à Dantzig.
(2) BELLi-:a.\RDE (Henri comte de) (1760-1845) né à Chambéry, d'une vieille famille de Savoie, entré tout jeune au service de Saxe il passa bientôt à celui de l'Autriche, fit contre la France les campagnes de 1792, 1797, 1800, 1805, 1809, parvint assez rapidement aux grades les plus élevés et aux grands commandements. Président du Conseil aulique de la guerre en 1895, feld-maréchal et gouverneur de la Galicie (1806) de nouveau président du Conseil aulique, au commencement de l'année 1813, il fut bientôt après appelé au commandement de l'armée qui allait combattre le prince Eugène en Italie. Gouverneur général des provinces autrichiennes en Italie (1815), il alla vivre pendant quelque temps à Paris jusqu'au moment oîi on l'appela de nouveau à la Présidence du Conseil aulique, fonction à laquelle il renonça en 1825, époque à laquelle l'affaiblissement de sa vue le décida à prendre sa retraite.
« Pour tenir sa plume, car Mêlas ne sait pas écrire quatre lignes, êcri- « vait de Vienne le 31 août 1799 Kalitcheff au comte Woronzow, on a « envoyé en Italie le général de Bellegarde, homme de beaucoup de « talent et d'esprit, très ambitieux, très immoral, dévoué au baron Thu- « gut, quoiqu'il doive sa fortune à l'archiduc Charles. » {Dropmore Papers, V, 403).