FLUCTUATIONS DE LA POLITIQUE PRUSSIENNE
pour amener la Prusse.à changer l'orientation de sa politiquQ, à renoncer enfin à sa neutralité. Vers la fin du mois de mars, 4onc assez longtemps avant le départ de Stamford pour Saint-Pétersbourg, malgré les victoires de Tarchiduc Charles -•et de Kray, les eftort&des négociateurs alliés étaient encore bien loin d'avoir répondu aux espérances de leurs Gouvernements. Panin se préparait, si ce n'est sur l'ordre formel, du moins avec l'approbation de sa Cour, à s^éloigner de Berlin sous le prétexte d^accompagner, comme il le fit du reste, sa femme aux eaux de Karlsbad (1). On avait môme parlé un moment du départ de Dietrichstein.
Le 20 avril, en effet, les choses avaient pris à Berlin une tournure si rassurante pour la France que Siéyès avait été jusqu'à annoncer au Département que « M. Grenville lui- « même regarde l'objet de sa mission comme manqué quant « à la réunion de la Prusse avec l'Autriche (2). »
A Paris, on avait des raisons plus catégoriques encore de croire au maintien du stat2i quo. « M. de Sandoz, mandait « le même jour Talleyrand à Siéyès, (3), m'a montré une <( lettre du Roi, par laquelle la Prusse renouvelle les assu-
« rances de la plus absolue neutralité Nous les accep-
« tons, ajoutait- il, mais croyez bien que nous nous trouvons « dégagés de toute reconnaissance. »
La partie était cependant loin d'être gagnée. — Bien décidé à lutter jusqu'au bout, Thomas Grenville avait avec les Ministres prussiens des conférences toujours aussi fréquentes et dont il ne transpirait rien. Il n'était plus question dn départ de Dietrichstein, ni d'une absence de son collègue anglais. « Ce qui me fait présumer, observait Siéyès, que nos «revers militaires ont ranimé leurs espérances. » (4)
' Près d'un mois plus tard , Siéyès, dans Tune de ses dernières dépèches de Berlin, enregistrait en même temps que les
(,1) Prusse, volume 225, dépêche chiffrée n" 60, f" 7't, Siéyès à Talleyrand, Berlin, 13 germinal an VII (3 avril 1799).
(2) Ibidem, n' .Qi, f" SI. Siéyès à Talleyrand, Berlin, 20 germinal an VII (10 avril 1799).
(3) Ibidem, n° 23, Talleyrand à Siéyès. Paris, 23 germinal an VII (13 avril 1799).
(4) Prusse, volume 225, Ji' 65, f° 113. Siéyès à Talleyrand. Berlin, 30 germinal an VII (20 avril 1799).
efforts qu'on multipliait pour décider le roi à se joindre à la Coalition, le changement d'attitude qu'il avait constaté au cours des dernières semaines. « Tout le mond.e remarque « l'intimité du principal ministre avec M. Thomas Grenville. « Les diplomates jugent qu'il s'est établi de nouveaux rap- « ports entre les Cabinets de Londres et de Berlin. On ne « croit pas que ce soit pour rompre le traité qui neutralise le « Nord de l'Allemagne ; mais il est vraisemblable, dit-on^ « qu'il y ait eu deux assurances données par le Ministère de « Prusse. La première, qu'il ne contractera avec la Répu- « blique aucune liaison, aucun arrangement de quelque « manière que les affaires viennent à tourner. La seconde, « que dans tous les cas il se tiendra prêt à offrir son inter- « vention pour des propositions de paix^ quand cela conte viendra à l'Angleterre. Je n'ai pas la preuve officielle de
« ce détail Mais j'ai lieu de croire que M. de Haugwitz
« a réitéré la proposition d'augmenter de 20.000 hommes « l'armée de démarcation et que le roi a persisté à nier la « nécessité de cette augmentation. Vous imaginez bien que « l'influence anglaise ne s'est pas affaiblie depuis l'arrivée « de Grenville et l'emploi de tous ses moyens. Ma persuasion « intime est que le roi est individuellement par son carac- « tère et sa probité, le plus ferme appui de la neutralité
« prussienne (1) »
Entre temps Frédéric-Guillaume 111 était en train de visiter, vraisemblablement afin de se tenir un peu plus à l'écart, les provinces les plus éloignées de sa capitale.
« Haugwitz. qui devait d'abord être du voyage, lit-on dans « une dépêche d'Otto, en date du 29 mai, qui après cela devait « rester ici, est de nouveau destiné à joindre le roi à Caste sel. Les uns pensent qu'il sera fortement question d'une « nouvelle Union des Princes duNord de l'Allemagne et que, « pour cet effet, on a senti le besoin de faire partir pour le lieu « des conférences les premiers diplomates du Cabinet prus- « sien. D'autres se permettent des combinaisons plus ana- « loguesau caractère des Ministres. Il est évident, disent-ils,
(1) Piusse. Dépêche cliiffrée. n" 72, f° 155. Siéyùs à Talleyrand. Berlin, 24 floréal an Vil (13 mai 1799).
HAUGWITZ ET FFŒDÉBlC-fiUlLLALMfc: III 265
« que le roi et ses deux aides de camp Kokeritz et Zastrow sont depuis quelque temps fortement prononcés contre les ennemis de la France, mais que M. de Haugwitz se rapproche du système de la Coalition. Il y a cinq jours, il a dit à un agent allemand qui nous est dévoué : « J'avoue que j'ai c été pendant très longtemps dans le système français ; mais « le Directoire ne veut rien faire pour nous. On ne peut « compter sur rien de sa part. J'ai complètement changé « d'avis. » — On conjecture d'après cela que la clique anglo-russe a mis tout en œuvre pour ne pas laisser le roi entre les mains de deux hommes, dont elle craint les dispositions et qu'elle est parvenue à faire joindre le Roi par M. de Haugwitz, qu'il n'aime pas, mais qu'il ne saurait remplacer sans fortifier encore davantage le parti anti-français. Celte conjecture devient encore plus plausible, lorsqu'elle est rapprochée de la confidence faite hier par un homme qui est dans l'intimité du roi à un de nos amis :
« Le Roi a son système à lui, entièrement différent de « celui de M. de Haugwitz. Il écoute tout le monde, mais il « cache ses véritables intentions. Il y a plus de quinze jours « que les rapports de ce ministre sont restés sur la table du « roi sans décision. Au reste, le Roi est tellement réservé « qu'il est impossible de connaître même les personnes qui « ont de l'influence sur lui (1) ».
Otto ne se trompait pas, puisque, le 7 juin, le prince héréditaire d'Orange, en rendant compte à son père du départ d'Haugwitz pour Cassel, de son retour probable le 14, lui disait encore :
« D'après ce qu'il a dit à son départ, on devrait juger
« que c'est un bon signe Il n'a écrit ni à M. Grenville,
« ni au comte Panin, mais il a donné de ses nouvelles au « comte de Ginck et celui-ci a dit hier à Panin avec sa « circonspection ordinaire que Haugwitz paraissait conten « de son voyage et du duc de Brunswick. Ainsi c'est un « motif de plus d'espérer (2) » '
(1) Prusse. Volume 225, n" 3. f^ 185, Otto à Talleyrand. lierlin, 10 prairial an VII (29 mai 1799).
(2) Prince héréditaire d'Orange, au prince d'Orange. Berlin, 7 jui 1709 {Dvopmore Papers. V. 83).
Au môme moment Otto, qui ne pouvait cependant Mre mieux renseigné que le Prince héréditaire d'Orange, s'exprimait bien plus catégoriquement que lui : « M. de « Haugwitz est complètement démasqué. Il est certain que « quinze jours avant le départ du Roi il lui a rerais un >Mé- « moire pour l'engager à se remettre en possession de « Glèves. Le Roi, ne voulant prendre aucune connaissance « de ce Mémoire et ayant même traité l'auteur avec une -ex- « trême froideur, M. de Haugwitz lui en a remis un second
« signé par les trois ministres du Cabinet Ce iMé moire
« a fait plus d'impression et c'est pour en conférer avec « le duc de Brunswick que M. de Haugwitz a reçu l'ordre de « joindre le Roi. H devait être de retour avant-hier ; maisill (( parait qu'il ne sera ici que le 27. Nos amis en tirent la con- « séquence qu'il a rencontré des obstacles qu'il espère « vaincre en prolongeant son séjour. En attendant, les mi- « nistres russes et anglais sont toujours ici. Ils ne quitteront « Berlin que lorsqu'ils sauront le résultat des opérations de
« M. de Haugwitz Quant à M. de Haugwitz, une per-
(' sonne de la famille royale, qui nous aime, m'a recom- « mandé la plus grande circonspection : « C'est un homme a dangereux. Il faut le ménager beaucoup. »
« Je crois devoir vous transmettre cet avis qui peut être « utile à Paris : car il m'est démontré que M. de Haugwitz « sait très bien ce qu'on y pense des hommes et des choses.
a Post-scriptwn. Nos amis persistent à croire que le Mé- « moire de Haugwitz et ses efforts pour reprendre Clèves 0 n'ont produit aucun effet (1). »
Otto et les amis de la France avaient vu juste. Le vent tournait de notre côté malgré les difficultés et. les 'incertitudes de la situation et l'état toujours critiqu-e de nos affaires. Très mécontent de tout le monde et surtout de Haugwitz qui lui avait promis une réponse favorable, Panin partait le. 25 pour Karlsbad (2).
Woronzow à Londres ne dissimulait pas le méconteaite-
(1) Prusse. Vol jme 225. Dépêche chiffrée n" 7, f" 220. Otto à Talleyrand Berlin, 20 prairial an VII (8 juin 1790).
(2) Prusse. Volume 225, n» 12, f* 249. Otlo à. Talleyrand. Berlin,. 7 messidor ;in VIII (25 juin 1799).
1>ANIX, TJ10:MAS GREXVILLE ET IIAUGWITZ 267
ment que lui avait causé la lettre de Haugwitz à Finckenstein : « Elle est vraiment impudente. Ils veulent rester neutres, nous défendent de passer par leur territoire et quand nous aurons repris les deux forteresses, dont Tune a été liTrée par l'Autriohe et l'aulre a été prise, parce que la Prusse ne Ta pas empêché, c'est alors seulement que cette dernière se déterminera à entrer en Hollande, oii il n'y a pas de troupes pour défendre le pays. Le comte Panin fait bien de s'en aller -d'une Cour qui se joue si indécemment des autres. »
Et le représentant de Paul l*"'' à Londres, presque aussi violent et irascible que son empereur, d'ajouter en terminant : « En vérité, si l'Autriche et la Prusse n'étaient pas en Europe, elles mériteraient bien qu'on les abandonne à leur mauvais sort et qu'on les laisse révolutionner par les Jacobins (1). »
Thomas Grenville, plus calme que Woronzovv, était moins pessimiste. Il avait de nouveau chapitré Haugwitz. 11 l'avait décidé à rédiger et à lui remettre le 10 juillet (( l'Esquisse Seconde d'un Projet d'Articles » (2) dont les conditions lui avaient paru acceptables. 11 lui semblait, comme il le disait à son frère, qu'on était à la veille de la conclusion d'un accord (3), d'autant plus que le Roi avait approuvé cette esquisse et que ses collègues et lui allaient inviter Panin à revenir de Karlsbad afin de reprendre et de terminer les négociations à Berlin. Et en elfe t, au moment oi^i Thomas Grenville faisait part de ses espérances à son trère, les iMinistres du Cabinet adressaient à Panin la note quelque peu étrange, la requête en réalité fort humble, qui permit à l'envoyé de Paul I'"' de mettre fin à sa cure diplomatique et de faire quelques jours plus tard sa rentrée à Berlin.
(1) Comte Woronzow à lord Grenville, Ilarley Street, 1" juillet 1799 Dropinore Papers (V, 108-109).
(•2) Cf. Dropmore Papers, V, 141-liî. Berlin, 10 juillet 1790.
Vi) Thomas Grenville à lord Grenville. Berlin, 12 juillet 1799 (D>'opmore Papers, V, 135-13»).
iMINISTÈRE PRUSSIEN AU COMTE PANIN (1)
Berlin, 12 juillet 1799.
Panin invité à revenir de Karlsbad et à reprendre les négcciations.
D'après rengagement que j'ai pris avec vous, M . le Comte, moi, Finckenstein, lors de votre départ, nous nous empressons de vous donner de nos nouvelles dans les premiers moments où nous croyons qu'elles puissent vous intéresser.
M Grenville s'est chargé de vous informer en détail des soins et de l'activité redoublés que nous avons voués depuis le retour du Roi, aux aflaires importantes qui nous tiennent à cœur et il vous dira lui-même qu'il est obligé de reconnaître dans les intentions de Sa Majesté celte heureuse analogie qui devait finir par rapprocher solidement ces trois Cours. C'est à vous maintenant, M. le Comte, à examiner les ouvertures qu'il vous communiquera et nous vous laissons à juger si les choses vous paraissent arrivées au point où vous les attendez pour accélérer votre retour à Berlin et y mettre la dernière main avec nous à la négociation.
Je dois observer du reste que la réponse du Roi à mon rapport de conférence du 19 juin ne me laisse plus le moindre doute qu'il n'y a jamais eu proprement ni erreur, ni incertitude sur la destination des différents corps de troupes russes qui occupent déjà le théâtre de la guerre ou qui sont en chemin pour s'y rendre et qu'en particulier Sa Majesté a toujours regardé l'armée qui traverse actuellement la Bohême comme entièrement distincte de celle que Sa Majesté l'Empereur de Russie se propose de faire avancer dans le cas où les Cours transigeantes parviendraient à s'entendre sur l'entreprise projetée. Cette distinction s'accorde avec les principes que vous avez établis dans ces dernières conférences.
Nous souhaitons que le séjour et la cure de Karlsbad ayent contribué au parfait rétablissement de voire santé et nous avons l'honneur d'être, etc., etc..
Finckenstein (2), Alvensteben, Haurjwitz au Comte de Panin, 12 juillet 1199, par un courrier russe à Karlsbad,
(■2) FixcK voiN FixGKKXSTEiN (Ch ARLKS-GuiL'.AUM ::. coiiiie de) (i714-180')) Ministre de Cabinet sous Frédéric II qu'il servit pendant 43 ans.
LA CONFKnENCE DU 21 JLILLET 269
Lord Grenville avait été un peu trop prompt à se laisser aller à la joie du brillant succès remporté par son frère, dont la persévérance avait réussi à mener à bonne fin une longue et laborieuse négociation, trop prompt surtout à escompter l'effet que ne pouvait manquer de produire en France « Vhoslilité de la Prusse (1) >;
Sa dépèche était encore en route, au moment où Thomas Grenville prenait la plume pour lui rendre compte de la volteface qui venait de se produire la veille, des explications aigres-douces qui s'étaient échangées au cours de la conférence du 21 au soir entre Haugwitz et Panin. On s'était donné un baiser Lamourette le 10 juillet, on était complètement brouillé le 21 au soir. Peut-être Thomas Grenville ne se trompait-il pas en imputant, au moins pour une bonne part, ce revirement soudain au duc de Brunswick, tremblant à la pensée de voir sa réputation militaire compromise par une guerre contre la France (2).
La conférence du 21 avait été un véritable coup de théâtre pour Panin et pour Thomas Grenville, surtout si ce ne fut, comme l'affirmait Haugwitz, qu'au dernier moment que le Roi lui fit connaître le sens de la réponse qu'il le chargeait de donner aux représentants de la Russie et de l'Angleterre. « Vous pouvez vous imaginer notre surprise, écrit Thomas « Grenville à Sir Charles Whitworth, lorsqu^au lieu de nous « apporter un projet de traité le ministre nous annonça « qu'en raison des circonstances (3), son Souverain avait «■ tout lieu d'espérer qu'il obtiendrait, sans avoir besoin de « recourir aux armes, l'évacuation de la Hollande et le réta- « blissement du Stathouder ; que, par conséquent avant de « s'engager avec les Alliés, il allait s'efforcer d'arriver à son
(.1) Lord Grenmlle à Thomas Grenville. Cleveland Row. 19 juillet 1799 (Dropmore Papers, V, 159).
(2) Thomas Grenville à lord Grenville [Confidentielle). Berlin. 22 juillet 1799 (Dropmore Papers, V, 174- 17G).
(3) « Les intentions hostiles du Cabinet contre nous ont été modifiées « par une dépêche de Sandoz affirmant que le nouveau Directoire était « porté pour la paix et pour le maintien de la meilleure intelligence avec
« la Prusse » Prusse, volume 225, n" 27. Otto à Talleyrand. Berlin,
33 thermidor an VII ^7 août 1799). Cf. Dropmore Papers, V. 192. Thomas Grenville à lord Grenville. Berlin, 27 juillet 1799.
270 LE gi':nî;ral de stameord
« but par la voie des négociations avec la France. Le comte « Panin, qui avait protesté avec la plus extrême énergie, « quittera Berlin probablement dès demain aussitôt après « aToir eu audience chez lé Roi. »
Le pas, que venait de faire Frédéric-Guillaume III, était décisif. Le 14 août, deux courriers russes arrivaient à Berlin'. L'un d'entre eux continuait droit sur Karlsbad, oii Panin attendait les ordres de son Souverain (1), L^autre apportait au Chargé d'affaires russe l'ordre de quitter Berlin avec les Archives et tout le personnel de l'Ambassade (2).
(1) Thomas Grenville à sir Charles [Vhitworth. Berlin, 24 juillet 1799 • et le même à lord Grenville (Confidentielle) Berlin, 27 juillet 1799. (Dropmore Papers, V, 192-197).
Otto, comme le prouvent ses dépêches, n'avait rien ignoré des intentïons ■ du roi de Prusse. Dans un premier entretien qu'il eut à Charlottenburg, avec Z^strow le 5 thermidor, l'aide de camp lui avait fait part du désir dé son maître « de négocier avec le Directoire. » Exactement au courant de tous les incidents, de toutes les péripéties de cette conférence « qui dura « plus de trois heures et qui finit par être extrêmement animée », il mandait «m Directoire que « Panin (qui reprit le 20 le chemin de Karlsbad), « après avoir reproché à Huugwitz de l'avoir constamment égaré et de « l'avoir compromis, vis-à-vis de son Maître, ajouta qu'il avait reçu « l'ordre de parler au Roi lui-mémci et qu'en conséquence il solltcrtiit: « une audience pour le lendemain. Elle fut accordée, mais jamais le Roi. « ne repoussa avec plus de fermeté les instances des Coalisés qu'il ne lé « fit à cette occasion. Il déclara à Panin qu'il était décidé à rester neutre « et qu'aucune considération ne le ferait sortir du système qu'il avait « adopté. » Prusse, volume 225. Dépêches chiffrées n"" 20 et 21, l' 287 et 291v Otto à Talleyrand, Berlin, (3 et 9 thermidor an Vil (24 et 27 juiUfet: 1799).
Pour plus de détails sur l'audience de Panin, Cf. Ibidem, Dépêche chiffrée n' 25, f« 3 )0, Otto à Talleyrand. Berlin, 16 thermidor an. Vil (3 août 1799). « Le refus du Roi a été absolu. Le ministre ayant beaucoup insisté « sur les rapports de famille entre le St;ithouder et la Maison de Prusse, u le Roi lui a dit: Je m'intéresse beaucoup au sort du Stathouder; maii- « le bonheur de mon peuple m'est encore plus cher. Vous ne faites la « guerre que pour avoir la p.aix. J'ai tout lieu de croire que le nouveau « Directoire français la veut aussi et je suis prêta y contribuer par mes « négociations. »
Après avoir pris congé du Roi, Panin fut présenté à la Reine qui lui dit: « J'espère que nous nous reverrons bientôt » « Gela ne dépend pas « de moi », répondit le diplomate russe.
On remarque aussi depuis quelque temps un peu plus d'animositê contre le Tzar. M. de Zastrow a dit hier : « 11 ne faut pas que l'Empereur « russe s'imagine qu'il peut f.dre la loi à toute l'Europe; » C'est à l'influence russe que l'on attribue l'avanie faite en dernier lieu au Gouvernement prussien, dont on a arraché les armes aux portes de Nuremberg en vertu d'un décret impérial.
ii)' Thomas Grenville à lord Grenville. BerVin, 14 aoû' 1799 {Dropmore Papers. V, 279-280) et Otto à Talleyrand. Berlin, 30 tliermidor ai> VII (17 août 1799) Prusse, volume 225. n''27.