LES ASPIRATIONS DE LA PHUSSE
deux choses qu'on a cherché à faire envisager dans ce mémoire comme infiniment avantageuses à la Prusse, qui finalement a été invitée à envoyer à Paris un homme de confiance pour abréger cette négociation. On a envoyé ce même Harnier qui, soit dit en passant, est dans des principes très démocratiques. Cependant il est chargé simplement de répondre à la Convention :
Que la Prusse sentait les mesures qui devraient lui faire envisager la France comme son allié naturel, mais que celle ci avait avant tout à établir sur une base solide la forme de son Gouvernement.
Qu'ensuite elle aurait à voir s'il lui conviendrait d'entrer dans la grande politique de l'Europe comme nouvel Etat ; surtout si elle voudrait garantir la paix de Westphalie et rendre par conséquent les pays qu'elle a pris dans la guerre actuelle en Allemagne.
Note de 1795.
Les aspirations de la Prusse.
La Prusse désire pour première démarcation le Rhin depuis le Bas-Rhin jusqu'à Mayence, laissant depuis la Nied jusqu'au Rhin libre. Garnison prussienne dans Francfort pour, depuis la Tauber, couvrir les Margraviats. S'ils ne veulent pas, de l'Ems jusqu'à Munster repliant sur Wesel et de là une lisière d'un demimille jusqu'à Mayence et pour le reste la Tauber. Si tout ceci n'était pas suffisant, on donnerait le Weser. — Dans ce dernier cas, on proposerait que les troupes anglaises repassassent la mer.
La Prusse n'entre pas dans le détail des cessions des Etals sur la rive gauche, voulant que cela devienne l'objet à traiter dans une paix générale. — Elle ne s'est pas désistée du pays de Clèves ni d'aucun autre Etat. — Il sera question de sécularisation pour cause d'indemnités ; mais la Prusse désire ardemment de se mettre bien avec la Grande-Bretagne. (2).
Hardenberg est prié de lui envoyer un courrier à Bâle en ce
(2) Cf. dans Dropvriore Papers, III, 26, une minute de lord Grenville. Projet d'une nouvelle Convention entre la Grande-Bretagne et la Prusse janvier-mars 1795).
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moment. Le roi et tous les gens sensés désirent que Malmesbury (1) revienne à Berlin.
Pitt n'était pas le seul à mettre tout en œuvre pour empêcher les négociateurs de Bâle de signer la paix qui allait pendant plus de dix ans priver les Puissances du concours de la Prusse. Malgré l'éloignement, Catherine II n'avait pas perdu de vue les progrès de la Révolution française. Elle aussi, elle allait intervenir inutilement, et du reste trop tardivement, pour tenter un dernier effort auprès du Cabinet de Berlin.