‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 60 sur 171 · DÉTAILS ENVOYÉS DE L'ARMÉE DE GONDÉ SUR M. DE SOUVOROW · texte numérisé non relu

DÉTAILS ENVOYÉS DE L'ARMÉE DE GONDÉ SUR M. DE SOUVOROW

39 orAobre 1799.

Accueil qu'il fait à un officier de l'armée de Condé. Son apostrophe à Korsako-w. L'opinion qu'il a des Autrichiens

Le salon de M. Souvorow était rempli de beaucoup d'officiers russes, d'un général autrichien envoyé par l'Archiduc, du malheureux Korsakow et de l'officieir supérieur de notre Armée.

20 sepîeiiibre. Se croyant sûr des succès qu'à son avis les Anglo- Russes ne pouvaient manquer de remporter en Hollande, où Brune ne disposait que de forces pnr trop peu nombreuses (7. OOO F'ran(^-ais et 14.01)0 Bataves d'une solidité et d'une lidélité douteuses) il avait jugé le moment venu pour hausser le ton et relever la tête.

Zastrow et Kokeritz, qu'Otto avait immédiatement fait sonder, avaient au contraire tenu un langage tout à fait rassurant. Kokeritz lui avait fait dire que « le Roi disait qu'une convention éventuelle l'autorisait à « reprendre ses possessions de la rive gauche du Rhin dans le cas oîi les « Anglo-Russes feraient des progrès décisifs en Hollande ». — Quant à Z'istrow, il avait fait remarquer qu'il y avait « toujours une forte nuance « entre la politique du C;ibinet et celle du Roi ».

Prusse. Volume 225 (Dépêche chiffrée n» 31, et dépêche n» 32) f 341-344 et l" 340. Ollo à Talleyrand, Berlin, 10 et 14 fructidor an VII — 27 et 31 août 1799).

« Avancez, dit-il à ce dernier. Venez m'embrasser et recevoir « j« tribut d'éloges que je dois à votre prince et à votre armée. « Est-il possible qu'on vous ait placés à Constance, oii il n'y « avait qu'à se faire tuer et rien à gagoer ! (1). »

Et s'adressant à l'officier autrichien : « L'Archiduc a-t-il donc « oublié que quand il y a eu des postes difficiles, c'est l'armée « de Condé qui les a toujours tenus aux avant-postes. S'il y avait « une retraite à faire, c'était encore elle qui la protégeait. « Veut-on la perdre ? Mais dorénavant le prince sera maître de « faire tous les mouvements qu'il voudra. En un mot, je prétends « qu'il ne prenne l'ordre de personne. Je le prie seulement de me « prévenir et n'exige rien de plus, et vous, M. le général autri- « chien, m'apportez-vous un ordre de l'Archiduc ? A Vienne, je « suis à ses pieds, mais ici je vous déclare que je n'en ai pas à « Tecevoir. Je ne reconnais que ceux de l'Empereur, mon « Maître. »

Passant ensuite à quelques officiers russes qui s'étaient bien montrés : « Venez embrasser Souvorow. »

Se tournant ensuite vers celui qui avait laissé passer la Limât : « Gomment un officier qui s'est déshonoré peut-il bien se « montrer à Souvorow ? Vous vous êtes conduit en lâche. Je ne « dois plus vous voir. Je viens de vous parler en général, à pré- « sent je vais vous parler en ami : je vous conseille de donner « votre démission. »

Korsakow se retira dans le même moment (2). A peine fut- il

(1) L'affaire fut très lîliaude du côlé de Constance. L'aile gauche, commandée parle duc d'Engliien avec une valeur digne de son nom,, avait eu d'abord quelque avantage : mais elle fut repoussée dans la ville par des forces supérieures... Trois fois dans cette même journée la ville de Constance fut prise et reprise. Les Français, si mallieureusement opposés les uns aux autres, combattirent avec une égale valeiu'. Les républicains restèrent maîtres de Constance (Mathii^u Dumas, Précis des événements militaires, tome ii, 73-74).

(2) « Le général Korsakow. fier, arrogant, présomptueux, pas dénué de « connaissances, mais méprisaaî l'armée française et ses généraux, n'était B assurémeni pas fait pour suivre le vol que le génie de Souvorow avait « fait prendre à notre armée d'Italie. Il avni: fait une campagne dans l'ar- « mée du prince de Condé avec le comte d'Artois. C'est dans la société « de ces jeunes gens étourdis qui ne parlaient que de pulvériser par leur « seule présence les armées patriotes, qu'il avait pris l'habitude de les « mépriser : et c'est cette fatale erreur qui le perdit et coûta si cher au « prince Souvorow et à la Coalition. Il n'écoutait aucun avis et ne prenait « conseil de personne; il ne voulut point se servir de l'expérience du « prince Charles et ne sut pas se former un Etat-Major, Tout était chaos « dans son corps d'armée. Il fit peser sur les individus le poids de son « despotisme et sur les masses celui de son ignorance. Il portait en lui.

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