‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 77 sur 171 · LE MÊME AU MÊME · texte numérisé non relu

LE MÊME AU MÊME

Berlin, 22 mes>^iiloi- [il juillet 1800). Haug'witz réitère l'assurance des disjiositions où sou; les Caldnets de Pé'.ersbourg el de Berlin de continuer la pacilicaiion générale. Ils agiront dés qu'ils connaîLronl, les vues du J^remier Consul Bonaijarie.

Beurnonville lui répond qu'on eu: prévenu bien des lenteurs en instruisant le Prejuier Consul des bases sur le,-quelles on (a;nL[ite é;a])lir cette pacification. Il lui apprend que Cobenzl e; Die^richsiein son: partis de Vienne pour se rendre auorès du I^remier Consul.

Paris. 12 juillet 1800-

SANDOZ-ROLLLX A T ALLE Y il AS D

Il lui fait connai re que s:i Cour a remis à Beurnonville une note conlenan* l'offre d'une médiation formelle de la Prusse e( de la Russie iiour le rétablissement de la paix, Il demande ffuc cette note soit mise suus les yeux du Premier Consul.

Talleyrand répondit à cette no'.e par une noie en date du 7 aoù'i.

BONAPAHTE, FOrCll!':, LL'CIKN. UKVISION DK> l'.AniATlOXS 343

Paris, 24 juillet iSOO.

Action de Fouché et de Lucien sur le Premier Consul. — Le nouveau Comité de révision des radiations. — Epuisement du Trésor. — Stagnation du Commerce. — Le général de Saint-Julien à l'Opéra.

Je parlais dans ma dernière lettre de la crise où nous étions. Elle vient de se terminer par une reculade du Premier ConsuL Fouché, de Nantes, Lucien et autres se sont réunis pour l'attaquer tous à la fois. Ils lui ont représenté les nobles, rentrant en foule, intriguant, agissant ouvertement contre lui, les prêtres reprenant leur empire et l'ancien ordre do choses revenant à grands pas, les acquéreurs de biens nationaux tourmentés. Le Premier Consul a été efïrayédu tableau. lia craint de n'être pasle maître du mouvement qu'on lui annonçait,

8000 radiations déjà préparées ont été rejetées, le Comité de révision cassé et ordre d'«n composer un nouveau, enfin toutes les entraves précédentes (2'.

On croit que ce n'est qu'un épouvantail. C'est vraisemblabement un moyen d'obtenir de l'argent, de presser des éponges à demi- Ci) U. O. F. 95.6.

(2) Quelque bien renseignéque pût être le correspondani royalisle de Stamford, sou informaliou semble èire quelque peu risquée. Elle est en tout cas prématurée, puisque l'arrêté, uiodifianl les procédures de radiation et réorganisant le Comité chargé d'arrêter sur des bases nouvelles la liste des émigrés définitivement radiés, ne fut pris que le 20 vendémiaire an IX (2u octobre 1800), II ne peut s'agir en effet ici que de la mesure prise par le Premier Consul le '26 messiclor an VIII (15 juillet 1800). (Cf. Correspondance, VI, 4.98i). Bonaparle. irouvan!, non sans raison, insuffisant le projet d'arrèié proposé par Fouché, lui prescrivi de lui présenter le loudemain un projet maintenant définitivement sur les lisles de l'émigra' tion tous les émigrés qui n'avaient pas réclamé Leur radiation avant le 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799) et dont les réclamations n'étaient pas arrivées à la Police au 25 messidor au VIII (14 juillet 18U0j. Il n'est que juste de constater, comme le fait d'ailleurs MADiaiM [Fouché, I, 313), que cette rigueur était justifiée par la découverte d'un coiuplot ayant , pour objet d'enlever Bonaparte sur la route tle la Mahuai8(ju et même probablement de l'assassiner. Eu floréal,, Fouché fit arrêter le chevaliea- de Coigny

Ve prétendu chevalier Joubei-t, qui fut fusillé peu après.

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desséchées. Les amnistiés sont ménagés, parce qu'on craint de renouveler les troubles dans les provinces de TOuest.

En tout, nous sommes loin de reposer sur un sol tranquille. Le Premier Consul, comme homme d'Etat, est faible et aisé à manier. Son poignet fléchit sous les guides. C'est cependant sur lui que repose le salut, la sûreté de ce pays. Des milliers d'individus qui n'ont d'autre état que le brigandage, afîamés d'or et de sang, sont à l'allùt pour prendre les bayonneltes. Cette réflexion est dans la bouche de tout le monde, mais les uns n'osent reculer, ni les autres avancer. On jouit du jour présent sans s'occuper du lendemain. L'Etat est épuisé par cette campagne. On n'a d'autres ressources que des contributions énormes et des nouveaux riches qui vendent au poids de l'or ce même or qu'ils ont volé à l'Etat. Si la paix ne se fait pas, Dieu sait les maux qui menacent ce peuple. Il règne cependant un luxe extérieur. C'est le clinquant d'habits de théâtre. L'amour des plaisirs, son excès écartent toute réflexion. Aujourd'hui dans un char brillant on étale un luxe immodéré et demain on est couvert de haillons. Voilà l'image de ce pays-ci.

Au milieu de cela, quelques fortunes rapides et scandaleuses insultent à la pauvreté générale. Point d'industrie, point de commerce, faute de crédit. Un agiotage usuraire, sans frein et sans pudeur, 120/0 est le plus modéré. 3 à 4 0/0 par mois sont fréquents. On veut ou tout perdre ou tout gagner. On n'a nulle confiance dans l'armée. Si la paix ne se fait pas, il est impossible de s'en tirer. L'armistice est conclu et accepté. On espère que l'Angleterre y accédera. Il paraît qu'il va y avoir un congrè.5 général.

Hier le général de Saint-Julien parut à l'Opéra. Il y a été applaudi à tout rompre (l).

(1) Saint-Jumex Wallsek (Jean-François-Séraphin, comte de)(175!-1836). Colonel (1796). Général-major (1797), à la suite de sa brillante conduite à Bassano. Employé à l'armée de Mêlas en 1800 et chargé après Marengo de se rendre en France pour y traiter avec le Premier Consul. Désavoué et disgracié après son retour, comm^andant de la place d'Olmûîz, puis employé à l'armée de Bavière à la reprise des hostilités, commandant d'un rassemblement en Tyrol en 1805, Gouverneur de la Silésie de 1806 à 1809 où on l'appelle à l'ambassade de I^étersbourg qu'il géra jusqu'en 1812. En 1815, il accompagne l'archiduc Jean en France, puis à Londres.

Saint-Julien paraissait assez peu apte à des négociations diplomatiques, si l'on en juge par cette appréciation de Sandoz-Rolliu : « Ce n'est pas « que le négociateur autrichien soit fort discret et mesuré dans ses pa- « rôles. Rien moins que cela. » (Cf. Bailleu, Publicationen aus den Preussischen Staats Archiven Y. III, 387. Rapport du 27 juillet 1806).

D'après Duroc et Murât, le Premier Consul aurai.: traité Siint-Julien de « Grand Bavard » [Ibidem).

Lord Grenville semble avoir prévu ce qui arriva à Saint-Julien lors de

LES ÉMIGIŒS. STAMFOHl) PHOPiUl'nAlHE D'LN l'.hGlMENT 3^5

Le Premier Consul vient de refuser Saint-Cloud. 11 ne veut de récompense de la Pairie qu'à l'expiration des dix années de son consulat. Cinq émigrés ont été arrêtés hier et conduits au Temple. Le prince de Léon est du nombre (l > On dit que des ordres sont donnés aux frontières pour fermer la porte aux rentrants. En tout, le moment nest pas favorable. On fera bien de ne pas se presser. On croit que cette sévérité ne sera pas de longue durée. Pour mon compte, j'ai très mauvaise opinion de tout cela.

Le chevalier de Coigny a ordre de sortir du Royaume, mais sansfixation de temps [t).

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