RÔLE SUSPECT DE DUTHEIL
tous les fils du Royalisme et surtout en donnant la clef de toutes les lettres et papiers saisis tant à Calais qu'ailleurs. Dutheil, qui doit avoir ses raisons particulières, paraît eicore croire à peine aux crimes de François, aujourd'hui l'auxiliaire de la Police dans la partie secrète et correspond encore avec lui.
Ce même Dutheil a des espions dans ses Bureaux, ayant toute sa confiance, sachant tout ce qu'il dit, voyant tout ce qu'il fait et qu'il écrit. Ces espions sont payés par la Police de Paris. Ils correspondent avec ce François. Nous avons l'exemple q ;e des lettres parties de Paris, traitant des affaires de Bonaparte, adressées à Londres à M. Dutheil, sont revenues au bout de huit jours de sortie de ses bureaux et se sont trouvées dans les mains du Ministre delà Police, qui les fît communiquer à celui des Relations Extérieures par le canal de ce même François.
Plusieurs espions envoyés par ce dernier à Londres, tels qu'un appelé Hanoteau, (1) juge de paix, fore S de quitter Paris après y avoir extorqué trent^et quelques mille livres à divers particuliers, tels qu'un nommé Poulet, (2) ami intime de François, ayant lui-
(1) Hanoteau, Juge de paix de la Division du Mail [Almanach national, Ans VI, VII e; VIII). « Les royalis'.es conspirent, liî-on dans un rapport de la PréfecUire de Police du l" Prairial An VIII ('21 mai 1S')3). On sait qu'ils ont dans leur parti un juge de paix qui a promis de les servir au besoin ; au moins, c'est ce qu'ils disenl et ils le nomment Hano'.eau... » (AuLARD, Paris sous le Consulat I. 350).
(-2) Il s'agit ici de Perlet. Cf. Madelin, Fauché II, 29, 31, 34, 69. « Un « agent secret du Préfet de Police, Perlet était entré avec une grande « affectation de zèle royalisle en relation avec Fauche Borel. Flattant la « manie de cet intrig.mt, il s'était fait passer, lui Perlet, pour l'agent d'un « Comité royal » où maréchaux, sénateurs, anciens ministres seraient « venus fraierniser dans le but de préparer par un Coup d'Etat une res- « tauration bourbonienne... (.In'errogatoire de -Vuitel, Bulletin de police
« du 4 mars 1807, F. 7. 371-2). Fouché, à l'entendre était l'âme de ce
« fameux comité, ou se trouvait dans tous les cas fort disposé à en'rer en;
« négociation {Dossier Dumouriez, F. 7, 64S8, une lettre du 21 nor
« vembre 18Q6, saisie par la police, adressée par un agent royaliste à un « autre alors à Paris (Perlet, sans doute) » (Madelin II, 29).
Le Perlet en question est vraisemblablement le même que celui qui figure sur la lis'e reproduite par Aulard (Paris pendant la réaction thermidorienne et le Consulat V. 712).
« Seront déportés comme propriétaires, entrepreneurs, directeurs et rédacteurs des journaux ci-après :
Le Perlet: Perlet.
Le lieu de leur déportation est déterminé à l'île d'Oléron.
Signé: Moulin. Gohier. Roger Duos ».
2 Septembre 1799 tlO fructidor an VII). « Job Aimé, Perlet, Parisot, Baraudeau et BerthoUon, ainsi que l'épouse
même escroqué plus de 200.000 livres à divers négociant?. Ces deux espions ont été fo-rcés de rester longtemps à Hambourg avant de pouvoir arriver à Londres. Mais enfin ils y sont et se donnent pour des Royalistes capables de rendre les plus grands services. Ils sont parvenus à s'imposer à Dulheil et à avoir avec i»i êtsesbui€aox les plus graodes relations.
Ces deux espions ont été signalés, il y a déjà longtemps, mais ils n'en correspordent pas moins chaque jour avec François.
CXXXVIil
Paris., I^"" janvi' r 1 801 .
Prcbebilités et ccnditioiis delà paix. — M°"= de Lostange et M»' Récamûr. — La fête donnée par Sprengporten.
La conclusion de la paix acquiert de jour en jour de nouvel'es CjerCitudes. Bonsparte disait dernière ment devant un cercle assez EomLreux : « Quil la tenait bien dons la main. »
€n répand rrcme déjà dons le public quelques conditions du Traité Mais ces conjectures sont trop vagues pour qu'on puisse s'y arrêter. La Tosccne serait, selon les bien informés, cédée au roi de Sardaigne pour l'indemniser de la Savoie et du Piémont, qui resteraient pays libres et le Grand-Duc le serait par
« et kl fille de ce dernier qui revenaient sur le Phaéton, capilaine Gorde- « ner, 'de Gnyenne, où ils avaient é;é déportés par ordre du Direc'oire, « ont fini m.trfrf ge sur la Cô e d'Ecosse 'près d'Aberdeen. Secourus à « temps et in nsportés sur le rivfige, ils y ont été accueillis avec la plus « grivndte hospilalilé. M. Parisot, M"' Berthollon et sa fille sont morts « depuis des suites d'e ce naufi»f;ge. Les autres passagers sont aciuelle- « ment à Edinibcui-g où ils attendent des passeports puur s« rendre à « Londres. Cette nouvelie'est donnée par les jouirnaux anglais. » {Gazette de France du 21 Ventôse an VIII, 12 mars 18C0). (Aulard. Paris sous le Consulnt, I. 209)'.
Voir encore pour Perlet, sur son rôle d'espion douMe, payé à la fois par les Bourbons et par la Police Impériale, sur sa Correspondance à l'encre sympathique pendant les années de 1806 à 1808, sous le nom de Bourlac adressée à Pierre Fauche-Borel placé à Gothembourg, le volume 604/231 • 17 du Fonds Bourbon, et surtout les articles de G. LFNOTmî : L[affaire Perlet (Revue des Deux Mondes 1922).
Perlet (Charles-Frédéric) était né à Genève en 1759. Établi Imprimeur à Paris, il avait fondé et édité à partir de 1790 le journal le Perlet.
fl) R.O. F.O. 95.6.