TRAVAIL A L'INTÉRIEUR DE LA FRANGE
La première, et pepdant longtemps, faute de mieux, la seule préoccupation de Louis XYIII fut la reconnaissance de son titre par les puissances européennes. Ne pouvant être roi de fait^ il s'appliquait à obtenir, au moins en paroles, la consécration de son droit. La première tentative à laquelle d'Antraigues concourut eut lieu à Milan, et sans succès, auprès de Tarchiduc Ferdinand (1). Puis le prince songea à Catherine II, plus expansive, quoique aussi peu sincère que les autres souverains dans son zèle pour les Bourbons ; à Venise, Mordvinov venait justement d'acquérir en d'Antraigues un auxiliaire inattendu chargé de le pousser, dûment autorisé, sur le chemin de Vérone. Cette démarche, longtemps retardée, n'eut en définitive pas lieu. Mordvinov finit par recevoir des lettres de créance à l'adresse de Louis XVIII ; mais un hasard qu'il dut apprécier les mit entre ses mains seulement le lendemain du jour où le prince partait pour l'Allemagne ; et d'Antraigues lui ayant insinué qu'il pourrait aller les porter au quartier général de Condé, le Russe fit la sourde oreille.
La seule reconnaissance obtenue alors parLouisXVIII se produisit sous les formes d'une réconciliation. La duchesse douairière d'Orléans, restée en France, fit connaître à Vérone son désir de voir effacer les souvenirs récents et sanglants laissés par son mari, et le roi, appréciant d'autre part les démarches faites dans le même sens par le jeune duc Louis-Philippe auprès de
(I) Thugut à Cobenzl, 8 août 1795 (dans Zbissberg, Quellen zur Geschichte der deutschen Kaiserpolitik Osterreichs, t. V, p. 320).
Catherine II, chargea d'Antraigues d'annoncer à so cousin que tout était oublié (1).
L'agence Brotier fonctionna tant bien que mal service royal jusqu'au printemps de 1797, époque o elle fut découverte, trahie par un de ses membres Duverne de Presles. Despomelles s'était déjà dérob depuis longtemps, et Brotier avait cessé quelques moi auparavant de tenir la plume. Jusqu'au bout d'An — traigues eut la direction de ce service; ses correspon — dants n'eussent pas voulu être en relations directe ^3 avec les conseillers de Louis XVIII, craignant le^^ indiscrétions (2). De plus il en était d'autres, connus Vérone, mais dont il mesurait à son gré, en le transmettant, les communications.
Tel paraît avoir été le cas de Méjean, son compa. — triote, de Madier de Montjau, son ancien collègue, ^* de Gamon, lefils d'un de ses hommes d'affaires, qui sié — " geait à la Convention au milieu des Girondins et de^ Thermidoriens. Dans une lettre à Lemaitre (10 octobr 1795), qui fut interceptée etlue àla tribune, d'Antraigue parle de Gamon comme d'un homme dont il souhaite 1 retour au royalisme, mais qu'il n'a pas encore atteindre. Gamon travaillait déjà cependantpourle parti car il avait facilité l'entrée et la diffusion en France d la première Déclaration de Louis XVIII (3). Compromi
(1) Louis XVIII à d'Antraigues, 11 mai 1796. (A. F., France, vol. 609.>
(2) Bayard à Wickham, sur la cour de Vérone (dans Lebon, F Angle — terre et Vémigration française, p. 360).
(3) D'Antraigues à d'Avaray, 17 août 1795. (A. F., France, vol. 58^ -^ f. 83.)