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1 il avait néglige de les occupor, et môme de s'y éclairer : ■ecurité qui étonne d'autant plus qne, en môme temps, par nn excès de précaution dans une marche agressive, il avait laisse une partie de son artillerie et de sa cavalerie, ainsi que Pacthod et quatre mille cinq cents hommes, à ilagny-le-Fauchard, à quatre lieues de lui, derrière l'Aube et le pont de Doulainconrt.
Wittgenstein, bien informé, marcha k ces hauteurs. Il prétendait s'en emparer, et, se précipitant de leurs crêtes, surprendre le Sanc de la colonne française, la culbuter aur son flanc opposé, et l'écraser contre l'Aube ou l'y noyer. Un hasard et la valeur du duc de Reggio le sauvèrent de ce désastre, mais non d'un échec qui, dans ce moment décisif, releva le cœur des Alliés et leur fit reprendre l'offensive.
H était dix heures. Wittgensteiu, avec cinquante mille hommes et cinquante canons, se prolongeait sur les crêtes d'où il allait dominer et foudroyer inopinément notre colonne, quand par bonheur quelques-uns de nos fourrageurs, l'apercevant, coururent avertir le maréchal. L'alerte fDt, dît-on, si vive, qu'Oudinot, oubliant d'appeler à son secours Pacthod, sa division et deux mille cinq cents chevaux qui restèrent inutiles, ne songea qu'à monter rapidement, avec neuf mille vieu.t soldats qu'il avait sous la main, sur ce coteau, celui d'Ar rentières. Il en chaasa la tête de colonne ennemie, et, s'y déployant, il changea cette surprise de flanc en un combat de front, qui le sauva. Pendant six heures il disputa, et couvrit de six mille morts et blessés des deux parts, ce champ de
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bataille, dont il fat forcé de s<? retirer, ce qu'il fit sans trop de désordre.
Snr les autres points de cette ligne, il est vrai, tont notiB arait réussi : Macdonald s'était victorieoaenieiifc maintenu à l^a Fertê-snr-Aobe : et Wrede, qui avait attaqué Bar et les quatre mille huit cents horomes de Gérard avec vingt-nenf mille hommes, y avait été batta, STéamnoins, cette &tale jouruée d'Arreutières avait tout perdu. L'attitude de chacun était changée : l'ofFensive, avec tout ce qu'elle a d'avantages, avait passé d'un camp dans l'autre, flérard et Macdonald, restés à découvert par l'échec du duc de Reggio. avaient été entraînés dans sa retraite. Notre ligne, inévitablement trop étendue, s'était reploycc sur Troyes, pi-écipitamment et sans ensemble : Macdonald, revenant de i'estréme droite, n'ayaat piL .prendre à temps le commandement en chef, deux maréchaux pour une aussi faible armée en avaient donblé la faiblesse.
n en était advenu que plnsieurB occasions de retour ofTensif avaient été manquées, plusieurs positions défensives trop tôt abandonnées ; et entre autres celle de Bouranton, laissée vide au combat de l'Aubressel, à la gauche du deuxième corps. Ce corps y eût été détruit sans les charges de cavalerie de Saint-Germain et de'Kellermann, et la valeur expérimentée du vieux général Duhesme. Ce jour-là, Gérard lui-même, que, dans ses excitations k plusieurs de nos chefs, l'Empereur venait de citer pour exemple, avait été abandonne sans avertissement. Malade dans Tonnelières, il y avait été surpris et forcé de s'en
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échapper seul, en chemise, à cheval et à toute bride ! Ses mémoires, dont il m'a hi quelques passages, dirontà quels découragements il faillit devoir sa perte.
Ce fut alors que ce brave fou d'Allis, le plus entêté de nos généraux, prétendit, avec deu>: mille conscrits, sans cadres, sans armes, et à coups de tocsin, soulever toute l'Yonne. Il réussit, mais inutilement : l'Invasion ât aussitôt rentrer chacun chez soi, et lui dans Auxerre, qu'il loi fallut bientôt abandonner. Ainsi Xapoiéon apprit que, le 3 mars, à l'instant où Soissons avait été livrée, noua perdions devant Troyes, au combat de l'Aubreasel, deux canons et quinze cents hommes ; qne, le surlendemain, Troyes,abandonDée,étaitrepri8e,piIlée par Wrede, et notre cavalerie mise en déroute au delà par une antre négligence de l'un de nos chefs décontenancé ; qu'enfin Macdonald était forcé de se replier sur Bray, Nogent et Montereau. derrière la Seine.
Telles avaient été lessuîtes funestes du départ de Napoléon, le 27 février. Ce jour-là, s'il eût été présent sur l'Aabe avec ses réserves, vainqueur sans doute de Wittgenatein, il eût achevé le découragement déjà comnaescé de ses adversaires. Mais cette malheureuse journée a eu on autre résultat bien plue menaçant encore. Au n lieu de la grande armée ennemie, le ministre anglaii frayé d'avoir vn â Lnsigny, dans ces derniers jours, j vers et la Belgique près de lui échapper, avait profité d la dernière diversion de Bhicher et du retour de fortune d'Arrentières. Dès le surlendemain, l^'raars, renouvelant, ravivant l'alliance, il avait, dans Chaumont, fait signer
anx souverains coaliséB rengagement formel « de réduire '( h ses itaciennee Umitea royales la France de h, Répaa blique et de l'Empire. »
n était donc trop vrai que l'étonnemeufc produit par les derniers élans du génie de notre Emiiereur était entièrement dissipé. En même temps, l'armée détachée sur la Saône par Sohwaitzenberg allait achever d'éteindre dans Augei'eau îea dernières lueurs de courage et de patriotisme de ce chef nsé ; enfin, évidemment la Coalition, ranimée et resserrée, en s'engi^eant à démembrer la France, se décidait au renversement de notre Empereur, prévoyant bien, sans doute, que sa fierté prétererait tout iv cette mutilation de l'Empire et ft cette humiliation de aa couronne. En effet, lorsque, dans cette appréhension, il avait reyxiUBsé l'armistice offert à Lnsigny, ou l'avait entendu répondre aux tristes prévisions de Berthier : « Eh bien, en ce cas, je me mettrai à la bouche d'un oa- <( non, et tout sera terminé ! w
C'était le 27 février, et dans Areis, que Napoléon avait annoncé cet acte de désespoir, que, vingt et un jours plus tard, on le verra tenter d'accomplir devant Arcis même. Mais, quand il prononça ces tristes paroles, il ne JT^ait certes pas sa position si désespérée. C'est un iàit même que, six jours après, à Fismes, le 4 mara, et malgré nos revers survenus sur l'Aube et la Seine depuis son départ, si Soissons nous fût restée, tout eût pu changer, et son génie l'emporter encore I On tient de son secrétaire le plus intime, que son projet, dès que Blucher eut été détruit, était d'aller se j'cter soudainement en Lorraine,