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d'être envoyés au sud, Ney à l'est, Marmont au nord, 11b devaient ressaisir, les uns Epemay, l'autre Cbàlons, et le troisième Berry-an-Bac, On De rencontra de réeistaiice qu'à ce dernier point : il coûta cent cinquante chevaux, trop aventurés.
Ce fat ainsi, que, sans ae laisser ébranler par les cris de détresse de Paris et de Macdonald, il osa demeurer dans Keima trois jours entiers! Il s'y occupa à refaire sa faible amiée, à la passer en revue, à y rallier quelques renforts, et à expédier, pour la dernière fois, tes affaires de son Empire. Depuis plus de dix jours, elles s'étaient amoncelées dans ses portefeuilles. Cette confiance, si hardie dans la puissance de sa Renommée, cette fois encore, mais pour la dernière aussi, l'événement d'abord la justifia.
Eu effet, d'une part, et depuis le combat du 10 mars, Bliicher, immobile suf le sommet de sa colline de Laon, n'osait recueillir les fruits de sa victoire, se contentant d'en fatiguer toutes les trompettes de la Renommée. Il n'avait risqué, vers Soiasona, Compiègne et Berry-au-ïtac, que de faibles tentatives. D'autre part, du fi an 18 mars, Sohwartzenberg, dans Troyee, tout victorieux qu'il était du due de Re^io, y semblait enchaîné. Il temporisait, soit politique, soit inquiétude des mouvements d'Angereau sur la Franche-Comté, des soulèvements de nos provinces de l'Est, et, sans doute aussi, attendant Bliicher. Ces deux feld- maréchaux, au lieu d'agir, s'épuisaient en conjectures sur ce que pouvait tenter notre Empereur.
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Cependant leurs avant-gardes, impatientes, les âeraaçateot; elles seules auraient But^pooreii finir. DéjàMaedonald, repoussé lee 16 tt 17 mars but Nan^s, se dé- TODait ponr le 18 à an combat désespéré. Mortier de bod côt«, vers Soiœons, n'espérait pas davantage, qnanc^ devant lears faibles corps, l'eanemi tont à coop recala eb disparat ! Ponr la quatrième fois, Paris, déiiTré, respira encore. La confiance de Napoléon triomphait! Sa victoîte de Reims, la reprise hardie de C^âlons, celle, doablemeob agressive, d'Épemay et de Beny-an-Bac. venaient d'opérer ce prodige. Bliicher et Schwartzenberg, eflrayé», avaient rappelé lenrs avant-gardes ; ces deux chefs, se concentrant, l'un à Laon, l'autre antonr de Troyea, croyaient n'avoir pas trop de tontes lenrs forces pour se défendre. Tel fnt l'effet de cette dernière manœuvre aQ'> daciense, esécntée entre ces deos masses. Une poignée d'hommes, escortant un grand nom, en fit recaler et trembler encore plus de deux cent mille !
Ce retour précipité du généralissime autrichien était encore ignoré mais prévu à Reims. Il fallait à K'apoléoa nn résultat décisif. Il ordonna à Marmont de gante* l'Aisne, avec Mortier et dix-huit mille hommes, contre Bliicher. Quant à iui-même, il se décide à un coup désespéré ! Les rapporte Ini disaient Schwartzenberg encore à Pont on Nogent-BUr-Seine, et même poussant ses corps d'armée sur Paris et Macdonald. Il ne compte autour de lui (jue seize à dix-huit mille hommes, presque plus de sons officiers, des recrues déJigurées par les soa&ances, quelques vieux soldats epars dans des cadres vides et în-
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"îormeB; jusque daua sa Vieille fiavde les différents nniformea étaient mêlés et les armes diverses confondues par des réorganisationa successives ; c'était évidemment sa dernière ressource. Ce fut à cette poignée d'hommes qu'il osa donner le signal de le suivre, de se pi'écipiter par Épernay, Fère-Cliampenoiae, Plancy et Méry, au travers de l'Anbc, par delà la Seine, dans le flanc ou sur les derrières de la grande année des Coalisés. Telle fut sa confiance, et la foi en lui fut telle, qu'on partit encore fièrement, comme pour une victoire assurée, et que lui-même ne désespéra pas du succès d'une aussi téméraire luanceuvre. Il espéra qu'elle fascinerait, qu'elle déconcerterait Schwartzenberg , que, an milieu de la confusion de tant d'alliés, leur surprise les ébranlerait, et qu'il pourrait rofiter d'un premier désordre.
'. Il est vrai que, en même temps, il venait d'appeler feoze mille hommes de ses forteresses de l'Est, et qu'il mptait que, entre la Marne et l'Aube, Des Nouettes, Murant de Paris, et Macdonald, Gérard, Oudinot, ree Nangis, lui en amèneraient trente mille autres. [&is il ne les attendit pas : il fallait se hâter et frapper ïftbord, afin d'étonner ! Ce n'était qu'après coup, etponr idonhler, que, rejoint par ces renforts, il se trouverait à la tête d'environ cinquante mille hommes.
Cette décision prise, ignorant celle de l'ennemi. Napoléon prévint le Conseil de Régence du danger que Paris allait courir. Il lui prescrivit, en cas d'insuccès, de sauver à temfffl l'Impératrice et le Roi de Rome. Ces ordres donnés, dans la nuit du 16 mars, lorsqu'au-
tour de lui tont sommeillait, lui seu], quoique déjà couché, travaillait encore. Sa pensée, qu'il déplaçait ou fixait tout entière à volonté, il venait eu ce moment de 1& porter vers l'Aube, Il interrogeait l'ofliciev du génie attaché à son cabinet, sur les divers chemins qui devaient l'y conduire. L'un des devoirs de cet officier était de recueillir, chaque jour, tous les reneeignemer sur toutes les routes qui pouvaient servir aux An milieu d'une dernière question, à la prononciation embarrassée, au silence qui Tinterrompit, à la respiration de plus en plus forte de l'Empereur, l'ingénieur, s'aper- CBVant qu'il venait de s'endormir, fut tenté de se retirer pour se reposer lui-même. Mais d'Albe, qu'il remplaçait, l'avait averti qu'en pareil cas il fallait attendre, Napoléon ayant cette faculté singulière d'entrecouper à sou gré, par le sommeil, ses méditations et ses entretiens, sans jamais en perdre le fil. Toutefois, après trois quarts d'heure d'attente, Atthalin allait se retirer, quand, à Bon extrême surprise, m'a-t-il dit, l'Empereur, se réveillant, continua nettement sa question commencée, par l'expression juste qui suivait naturellement celle qne ce long et profond sommeil venait de suspendre.
Le lendemain matin, 17 mars, l'audacieuse colonne d'attaque partit de Betma. Ses chefs étaient le maréchal Lefebvre, Sébastian!, Priant, Exelmans, Letort, Colbert et Berkheim. Tout ce qu'elle rencontra j'usqu'à l'Aube fut culbuté ; la poursuite hâta la marche. De fâcheuses nouvelles, reçues aux haltes d'Éperuay le X7, et de Père- Champenoise le 18, loin de décourager, excitèrent. A