BATAILLE D^AECIS- SUR -AUBE
rblable, lorsque l'ennemi, déjà en présence et en plein jour, nous serrait de près, en face et sur nos flancs, quand, de ses hauteurs, il pouvait compter tous nos pas, qu'il nous taÎBserait le temps indispensable pour nous écouler sans désordre ? Il ne restait d'espoir que dans une faute de l'ennemi et dans la lenteur autrichienne.
Heureusement, le premier coup de collier, i-isqué vers dix heures, avait un moment, à la gauche de .Schwarbzenberg, ébranlé Pahlen. Le génémlissime crut à une bataille. Maie, au lieu de !a donner sur-le-champ, il perdit le tempe eu préparatifs pour la recevoir. La bonne contenance de Sébastiani prolongea son erreur. Ce fut k deux heures après midi seulement, et quand depuis trois heures nos corps défilaient, que, s'apcrcerant de notre mouvement rétrograde, il assembla un conseil, et, après nue longue délibération, ordonna l'attaque.
Elle fut violente. Oudinot, pressé de trois côtés à la fois, fut bientôt réduit auï maisons barricadées d'Arois pour se défendre. Hais, dans ce gouffre où convergeaient tous les coups, les feux de l'ennemi l'écrasèrent. Levai, Montfort, Chassé et Maulmont, étaient ses généraux. Tous furent ou blessés ou démontés, et Jem-s troupes renversées sur les abords du pont, qu'obstruaient les morts «t les mourants. Â la gauche, un bataillon Polonais se dévoua : il fut écharpé, mais il retarda la défaite. A droite, les 16°*= et 28°" ae dévouèrent.
Il y eut un moment où ces deux régiments, acculés au pont, allaient être jetés dans l'Aube. Ce fut là que le général Chassé, qu'Anvers, dis-sept ans apri.'S, a rendu ce-
lébre, saisit un tambour, battit la charge, et que, B'élançanten tête de cent vieux soldats, il repoussa l'ennemi, et donna le temps d'achever la retraite. Mais ce brave corps d'armée venait d'être presque anéanti. On s'était fait tuer! Il n'y eut de pria, avec trois canons, gae huit
Cependant, la tête de colonne de Macdonald était parvenue dans Ormes, à l'issue du défilé. Elle recueillit Oudinot, couvrit sea restes, et contint l'ennemi dans sa conquête.
C'en était donc fait ! Vaincu par l'énorme disproportion des forces, deux fois, en dix jours, Napoléon venait d'être contraint de reculer ; d'abord à Laon, devant Bliicher puis à Aixiis, devant ikibwartzenbei^. Son prestige slétait évanoui! On s'était mesuré; sur TAnbe et la Seine, comme sur l'Aisne et la Marne; sa force morale, sou ascendant, l'effroi qu'inspirait sa renommée guerrière, étaient épuisés I La foi en son infaillibilité victorieuse était détruite! Cette retraite forcée décelait, avouait son impuissance! C'était contre ce fatal aveu qu'il venait de tant s'obstiner. H n'en avait que trop calculé toute l'importance.
Cependant, avant de quitter ArciB,forccd'y abandonner ses blessés, il s'était attendri sur eux plus que sur laimême. Sa détresse ne lui avait point fait négliger les seuls et derniers soins qu'il pouvait donner à leur infortune. Il les avait confiés aux Sœurs de charité de cette ville, et leur avait fait distribuer deux mille francs de aa cassette. Du reste, dans ce cruel désappointement, son maintien et ses parolesavaientconsei-véleurcalmeetleurfiertéliabituelles.