‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoires (volume 2)Chapitre 27 sur 41 · H BATAILLE D'ARCIS-SUH-AUBE · texte numérisé non relu

H BATAILLE D'ARCIS-SUH-AUBE

Hll était resté dans Arcis jusqu'au moment où l'ennemi BAvait commencé à y pénétrer; il ne s'en était retiré qu'a- Bterès sa Garde.

B QnelquGB instants avant de se résigner à cette retraite, KB avait encore moutré une singulière persistance, Macdo- Kuld venait de ie rejoindre. Ce maréchal m'a souvent ra- ^bonté que, ayant aperçu de l'autre rive toute l'a rmée en ^pemie, il était accouru de sa personne, dans Arcis, près de Bfflîmperenr, et qu'iicherchaifcencoreà s'expliquer pourquoi ^napoléon avait affecté devant lui, dans ce dernier moment, Hrancrédulitéqu'ilavait montrée la veille et le matin même Btu" la présence de cette gi'ande armée, devant laquelle ponr- Blffitil se retirait. Toutefois, comme en même temps il l'a- H^b envoyé reconnaître l'ennemi, et qu'il n'uttendit pas ^■BH retonr, llacdonald supposait qu'il avait voulu se dé- ^HUTasser ainsi d'un témoin gênant, au moment d'un dé- ^krt qui coûtait tant k su Serté et détruisait son dernier ^n)oir. Mais ce que Macdonald, comme Oudinot, compre- ^Bnb moins, c'était pourquoi, lorsqu'il n'était plus quea- ^Bon que de sortir vivant, et k l'instant, de ce coupe-gorge, ^■.avaib laissé, en s'en éloignant, l'ordre d'y tenir quatre Hpira encore !

^ A l'isBue du défilé, au delà d'Ormes, seul avec Sainb- Âignan,il s'arrêta, demanda sa lunette d'approche, et, l'appnyant sur l'épaule de son écuyer, il parcourut d'un coup d'œi! tonte l'année coalisée. Personne ne pouvant l'entendre, une vive exclamation sur le danger du duo de Reggio lui échappa; après quoi, se remettant en selle et Il marche vers Vitry, il s'avança lentement et BÎlencieu-

4fiî MÉHOISEH DX'H AIDE DE CiMP.

«ement sur la grande roDte. Sa méditation devint si pcofonde, que ses mains, pend&ntea ^ ses côtés, abandonnèrent entièrement soc cheval à Im-méme. I! Rnirait; en ce moment la crête monrante d'nn rarin, et de si près, qae le moindre éboolement poavait l'y précipiter. Saint- Aignan, danB son empressement contre ce danger, sans choisir les expressions, l'avertit de prendre garde, « qu'il 1 n'y avait point là de garde-fou ! ji Sar quoi, Napoléon, qae ce dernier mot frappa sans donte parquelqneanalogie avec la t<lmérit« de la manœuvre si chanceuse qu'il méditait, se redressant soudainement : « Comment? Quoi t s'é- « cria-t-il, nn garde-fou! Il manque, dites-vous, ici un « garde-fon ? » Et sut quelques explications que Saint- Aignan balbutia : « Ahl Monsieur, reprit-il en retomt bant peuàpeudansBapremièrepréoccupation, nngarde- « fou 1 Vous dites qu'il manque ici nn garde-fou ! »

C'est qu'en effet il eat plus que vraisemblable que, en uc moment môme, il se laiseitit entraîner à l'un de ces partis décisifs où tout est péril eitrêrae, où l'on n'a ponr juge que révéncmeiit : grand ou insensé, selon le succès, et le meiileuroulepire qu'on puisse prendre I Tellefut dumoins la pensée de son écuyer, et ce qui suivit la confirma.

L'Empereur avait, les jours précédents, appelé tout i lui : Mortier, Marmont, ses renforts venant de Paria, et les corps dispersés en arrière de Macdonald. Forcé, dès l'écrasement de la Rothière le 1"' fémer, do renoncer à faire tête à l'Invasion, depuis cinquante jours il l'avait victorieusement arrêtée, en attaquant ses flancs. Ces manœuvres épuisées, il se décidait à passer derrière elle, à la

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