BATAILLE D'ARCIS-SUB-AUBE
prendre k dos, et la couper dans sa racine, en abandonnant à eUe-mêmc sa capitale !
Ce parti, pris avant la défaite d' Arcis, eût peut-être pu réusBir: maïs depuis, quand i! avait adcrifié sur ce point pinaieurs mille hommes d'élito et plus de trente lieiires; quand ce vain efi'ort, en attirant toute l'armée aiistrorasse, avait donné à celle-ci la mesare de notre iâiblesse, et à Blucher, rassuré par notre éloignement, le temps de reprendre Reims et Châlons ; lorsqn'enfin ces deux masses, maîtresses de l'Aube, de l'Aisne et raSme de la Marne, pajlears corps intermédiaires, s'étaient autant rapprochées, comment espérer que ce retournement subit, que cette ré- ToIntioD inattendue de ligne d'opérations, ne jetterait pas sur celle qu'il abandonnait l'incertitude , le trouble et le désordre; que les corps laissés vers Soissons, et sur la Vesle, que ceux venant de Parie, auraient le tem]à de la parconrir, et, pour se rallier à lui, de passer entre les deux armées aUiées, déjà si près l'une de l'autre? L'à-propos manquait. Toutes ces chances fâcheuses, tous ces dangers se réalisèrent ; enfin, ce qui, avant un revers, eilt peut-ôtre frappé d'épouvante comme un coup degéaie, venant après, ne pamt plus qn'un coup de désespoir. Les siens en furent déconcertés ; l'ennemi s'en encouragea.
Pourtant, le duc de Reggio tint tête le soir da 21, et tonte la jonrnéo du 22, an débouché d'Arcis; et le 28, Macdonald et Gérard défendirent glorieusement l'intervalle de l'Aube à la Marne. Leurs flancs furent débordés ; mais derrière eux, les mura de Vitry, remplis de Pniasiens, ne pouvant être enlevés par Ney et par l'Empereur
lui-même, avec des cauons de bataille, il fallut passer la Marae au gué de Vignicourfc.
Le 23. UQ autre malheur était arrivé. Les troupes, que MacdonaJd, dans l'incertitude de ses premièrcB marches, en partant de Provins pour Joindre l'Empereur, avait été forcé de jeter à sa gauche, ayant reçu, selon les événements, ordre et contre-ordre, le désordre en était résulté. Ces corps flottaient indécis dans ces vastes plaines. Une division de cavalerie avait rebroussé chemin de Plancy à Sézanne; tout un pare d'artillerie, au contuaîre, s'était avancé sans escorte, de Sézanne à Somme- Pnis, que noua venions d'abandonner; l'ennemi s'en était saisi, et Gérard, accourant au bruit, n'avait pu lui en arracher que quelques restes.
Ce jonr-làmême, 23 mars, à Poivre, les coureurs de Blùcher et ceux de Schwartzenhei^ s'étaient rencontrés. Leur cri de joie avait retenti dans les plaines de la Champagne! Il proclamait la jonction victorieuse des deux grandes années d'invasion : celle de deux cent mille alliés, dont l'énorme masse séparait les trente-six à quarante mille soldats épuisés de Napoléon gagnant la Lorraine, des vingt-sept mille hommes de Marraont, Mortier et Pacthod, épars de Vertus à Sézanne ; il annonçait enfin que les princes, qne toutes les années coalisées, venaient de s'interposer entre notre Empereur et sa capitale !
De son côté, dans ses jours de malheur, Napoléon, en marchant vers l'Est, où il espérait attirer la guerre, s'était éloigné de Paris plus encore. Le 22 mars, il avait gagné le château de Plcssis-le-Comte ; Je 23, 0 était arrivé à