‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoires (volume 2)Chapitre 29 sur 41 · BATAILLE D'ARCIS-SUR-AUBB · texte numérisé non relu

BATAILLE D'ARCIS-SUR-AUBB

Saiutr-Dizier. Neuf cents PruBBÎens et uii équipage de pont y étaient tombés entre ses mains.

C'était là ([lie le duc de Vicence Tavait rejoint. Son retour annonçait la fin des négociations. Cette nipture.cet abandonde Paris, lee nouvelleades avant- postes, tout alarmait ! Alors commencèrent dea murmures dans les étatsmajoi's généraux, dans ceux de quelques régiments, et autour de Napoléon !ui-mÊme. On distingua tes plaintes de Kellermann. Ney, dit-on, aussi se montra rebuté, aoît mécontentement du parti pris par l'Empereur, ou que, pour le quart d'heure, il fût épuisé d'héroïsme ; soit peutêtre parce que, en ce moment, la vue del'ennemi n'enflammait pas son âme belliqueuse et aa complesion toute guerrière. On remarqua surtout ploaieurs officiers d'armes savantes, que plus de science reud plus exigeants, accoutumés à. tout raisonner etqu'étonnait cette guen'e, en dehors de toutes proportions et de tous principes. Ceux d'artillerie, nn colonel entre autres, s'emportèrent, n Où les me- « nait-on? Encore se perdre. Quel succès espérer de cette « fictioa continuelle de bataillons sans soldats et de maré- « chaux sans armées ? Cela ponvai t-il durer ? Comment n'en « finiasait-onpas à toutprix? Combien de temps faudrait-il « encore setueràarracherdea bouesles batteries, avecieurH « attelages incomplets, recrutés de chevaux entiers qui y « mettaient tout en désordre? Ne voyait-on pas que ces « chevanxde ferme, que chaque jour on requérait, accoufl tumés à une nourriture forte et régulière et à des écu- « ries chaudes, s'épuisaient dès les premiers coups decolr * lier, après vingt-quatre heures de nos i-ations insnffî-

40e MEMOIBES D'DS AIDE DE CAMP.

« santés, on de quelques froides nuits de nos bivouacs? Et « pourtant, au relwurs des règles, nulle proportion entre ( les armes : presque autant de voitures et de canons qne

< de soldats, qui protégeaient bien moins les pièces qu'ils « n'étaient défendus par elles ! »

A ces plaintes, d'autres, placés plus haut et récriminant, ajoutaient : « Qu'on ne comprenait pas pourquoi,

< malgré la perte de tant de gamisous françaises, laissées « l'an dernier, au delà du Rhin jusqu'à la Yistole, nos « soldats défendaient eucore Milan et Barcelone, quand ï Paris même était menacé ! 1R12 n'avait donc été d'au- ( cuu enseignementà I813,nil813à])^14?C'étaib ainsi « que, après avoir touIu la première année tout prendre, c et la seconde t«ut garder, ce qui avait si mal rénssif on « s'obstinait à vouloir encore dans la troisième tout res-

< saisir. Voilà pour quelle chimère on venait, en dépit t d'ens et de Caulaincourt, de rompre toutes négocia- « tions,et pourquoi encore on allait, abandonnant Paris c à lui-même, se jeter, éperdnment, derrière la coalition, * pour tout regagner par ce coup désespéré, au risque de ■ tout perdre enfin par ce coup-là même !.. >

L'avenir jugera ces reproches. J'ai dû les consigner ici, parce que ce méoontentemeut de guerriers, désespérant du salut de leur pavs et de tant d'efforts dont une fierté trop inflexible peut-être ne leur luarqnaic pas le terme, expliquera la catastrophe qui va suivre.

Quant àl'à-propos de ces plaintes, d'autres répondaient :

< Qu'en effet, l'Empereur, en sortant d'Arcis, eût pa t tourner vers Paris, et rallier, sous ses murs, tout ce qni

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