BATAILLE D'A BCLS-8UR- AUBE
I nouB restait de forces; mais qu'il y aurait attiré sur t ses pas la Coalition entière ; que c'eût été se placer dans [ une position politique et militaire sana autre issue 1 qu'une paix forcée, ou un dernier combat trop diei ptoportiouué; tandis qQe,re8tée maîtresse de sa retraite, I la Coalition, m(?me après un revers invraisemblable, i anrait retrouvé, derrière elle, ses reaforts, ses res- I sources, cent lieues françaises, et autant de champs de I bataille : que, an contraire. Napoléon se jetant dans t l'est de la France, cette combinaison hardie nous ren- ( dait maîtres deslignesd'opérations des coalisés, de leurs
< i-enforts, de leurs grandes réserves de munitions ; que I cette manœuvre, en les séparant de leur base, loin de I leur livrer Paris, les en détournerait; qu'elle allait, sans ( doute, attirer l'Invasion, la forcer de rétrograder au I milieu des monts, des forteresses et de l'insurrection de ( nospopnlationslesplus belliqueuses; que]à,notrearraée I ne serait pas dans nn état si désespéré, puiscgue, avec t le secoursdes garnisons, et lorsque Pacthod, Marmont, t Mortier et le reste auraient rejoint, l'Empereur comp-
< terait encore autour de lui près de cent mille hommes. ( Et ils montraient que, dans cette nouvelle position, 1 notre armée aurait plus d'appuis, plus d'espace, un 1 terrain plus favorable pour l'habileté, l'audace et la 1 rapidité des mouvements ; qu'ainsi les chances devien- « draientmoiusinégale3;que,dumoins, l'ennemi, comme t nous, se trouverait sans retraite; que la guerre morale I viendrait an secours de la guerre matérielle , et qu'en- 1 fin le sort de l'Europe, enfermée dans la France, y pour-
108 MÉMOIKES DTN AIDE DE CAMP.
« raiteneoredépendred'nnjonr, d'an instantde bon] ï on d'en habile coup de gnerre !
c Quant A la rupture àa Congrès, ils annonçaient Tadt miration de l'hietoire pour la magnanimité de TEmpe- I reur à s'ensevelir sous lee derniers débris de l'Empire, t plntôt que de consentir à la mutilation de la France. i Ils s'écriaient qu'il ne s'agisEait pins de conquêtes, * mais de subir l'infamie des anciennes limites. Touloit- ( on obtenir, an piix d'une paix honteuse, un repos in- I fâine ? Qui d'eux en pourrait jouir à ce prix ? Ah ! sang ï doute, il valait mieux s'en remettre au sort, des armes; I alors, du moins, onn'auraitpas souscrit à l'humiliation 1 dn pays en signant la aienne, et la Fortune seule serait
Cette conclosion, qui soutenait à Saint-Dîzier le courage de ceux-ci, y contint, encore cette fois, le dépit des autres; mais, quelques Jours plus tard, Paris étant perdu, on la retourna contre l'Empereur : elle acheva la perte de l'Empire !
Le 24 mars, le quartier impérial fut à Doulevent, la droite à Saint- Dizier, la cavalerie poussée à gauche, veia Bar, et Oudinot déjà en LoiTaine. Nos garnisons s'apprêtaient ; déjà mËme, depuis la haute Marne jusqu'au Rhin, l'insorrection levait ses milliers de têtes, et la berrenr se répandait sur toutes les routes.
Quant à Napoléon, quoiqu'il prévit son sort, et que, l'avant-veille, de tristes précautions lui eussent fait distribuer une partie de l'or de sa cassette à deux de ses serviteurs pauvres, les plus anciens et les plus tidèlea,