‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoires (volume 2)Chapitre 32 sur 41 · BATAILLE DE LA F ÉBE- CHAMPENOISE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE LA F ÉBE- CHAMPENOISE

S lettres intereeptêea , l'one de Maiie-Louise, l'autre

iatre de la police Savary à Napoléon, ne lenr coe-

mèrent que trop les avis de la trahison.

CelaeBt certain. Ce qui l'est moins, c'est le fait suiyant.

I Un témoin me l'a pourtant attesté, mais Pozzo-di-Borgo

l.n'a pu m'en donner la certitude. Ce témoin disait que,

P.ce jour-là même, un second émissaire de Paria avait ap-

B'porté, dans un Imton creux, à l'empereur russe ce peu

(jte mots : « Voua pouvez tout, et voua n'osez rien. OseK

lonc enfin ! n La nécessité du secret avait imposé ce la-

Kiniame; l'émissaire devait y suppléer, li ajouta que,

Il Paris comme à Bordeauï, tout était prêt; que les alliés

^'avaient qu'à paraître ; mais que l'occasion pressait, sans

[ifloi le foyer bientôt dispersé perdrait sa force.

Qhoi qu'il puisse fitre de cet incident, ce furent surtout s deux dépêches interceptées qui nous perdirent. Toutes e passions des coalisés s'y enflammèrent, entre autres, ieus haines privées: cellesde Pozzo et de Wiutzingerode. L'ttne datait de 1793 et de la Corse ; l'autre, surtout de 4812. Pozzo, avec son langage mordant, spirituel, et n d'images saisissantes, excita l'orgueil ambitieux d' A indre r a Pourquoi suivre servilement Bonaparte an lilieu de ses forteresses, s'éloigner du point décisif, t accepter sa guerre, quand, par quelques marches dét rbbéea, il peut, liors de portée de la redoutable épée de c Napoléon, la lui faire tomber des mains, terminer tont, i et venger enfin, dans la capitale ennemie, les humilia- [ tiens de toutes celles de l'Europe entière ? s Il en dit bien plus. Wintzingerode l'appuya chaleureu-

sèment, a Paris à découvert appelait la coalition ! On « n'avait qu'à y courir.Lni s'offrait à couvrir samarche ! 1 Dix mille chevaux lui suffiraient pour tromper Napo- « léon ; lenr présence le persuaderait qu'il entraînait -< derrière lui, dans l'Est, toute l'iavasion, tandis que, a sans coup férir, elle irait lui dérober son trône et sa ca- M pitale ! s

Ils l'emportèrent. Alexandre, décidé, entraîna Je reste. Chez les Allemands, chez les Prussiens snrtout, un cri de joie vengeresse répondît : on se débaiTassa, en l'envoyant à Nancy, du père de Marie- Louise. lia se sentaient réunis, ils étaient deux cent mille hommes; ils allaient a'éloigner furtivement de Napoléon : ils osèrent donc ausHtôt tout préjiarer pour courir renverser le trône impé* rial, ébranlé et vide de son grand capitaine. ■

Pendant qu'ils se déterminaient ainsi, non loin de li, le fatal génie de l'indécision était passé, avec les anxiétés de la défensive, d'un camp dans l'antre. On a vu que Blncher était enfin sorti de Laon et de son inaction. Le 18 mars, le lendemain du départ de Eeims de Napoléon, il avait tenté le paesage de l'Aisne à Jîerïj-au-Bac. Marmont en avait fait sauter le pont. Mais bientôt débordés à droite par Neufchâtel, et cette faible barrière franchie, liti et Mortier, alors à Keims, n'avaient plus su à quoi se décider. Us avaient hésité entre deux néeessitéa à la fois diverses et impéi'iensea : l'une les poussait à reculer de Reims sur l'Aube, pour couvrir les derrières de son expédition ; l'autre, à se retirer par Fismes, pour défendre la capitale.

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Dans cette alternative, et peiidimt les 19 et 20 mars, on avait va ces deux maréchaux, qu'excusaient l'énorme disproportion du nombre et des instructiona contradictoires, flotter incertains de Fismes k Reims. Trois folB, lia avaient fait occuper cette dernière ville, et trois fois ils l'avaient abandonnée. Ils venaient enfin de se décider pour Fiâmes, quand, le ''1 une dépêche de Napoléon blâma ce mouvement et ordonni ! autre. Elle leur annonçait la fiiite de 1 armée anstr russe sur Bar et Brienne. Dans cette confiance Napoléon leur preacrivait pour point de ralliement géntral Châlona, ou cette même ville de Vitrj- dont Is vena ent d'abandonner la route, et qui était prés de devenir le centre de jonction de toutes les armées étrangères.

Aussitôt Mortier et Marmont, a'empreasant d'obéir, venlent ressaisir à Reims la route directe de Vitrj par Gb&lons, mais déjà cette voie leur est fermée, et Winzingerode eu est maître. Alors, se détournant au sud et à droite snr Château-Thierry, ils tentent dans le m(?me but le grand chemin d'Épernay, qu'ils trouvent également occupé. Le 22, ils y renoncent, et, redescendant toujours an midi, ila gagnent Montmirail. Cette troisième route de Châluns à Vitry leur paraissant libre, ils s'avancent le 23 mars jusqu'à Eei^res. Mais ià, ila rencontrent de nouveau l'ennemi qu'ils chassent de Vertus, et, ne pouvant continuer, ils se décident à une quatrième tentative encore plus au sud, sur une quatrième ronte, celle de Fère-Ohampenoise à Somme-Puis. Ce fut

Croix, OÙ il s'établit, tandis que Mortier, ponr vivre, mieux s'abriter et sonder Ohâlons, s'arrêta à Vîtry d'un commun accord.

Us espéraient se rallier, le lendemain, à Napoléon. Près d'atteindre le rendez-vouB prescrit, ils ne se doutaient pas que, entre eus et l'Empereur, au lieu de quelqi liera de Bliicher, c'étaient toutes les armées ennemie» qui, d'Arcis à Romme-Puis, Vitry et Châlona, étaient réunies devant lenr faible colonne. Ils ignoraient enfinque, en cet instant même et à quatre pas de là, deux cent mills alliés se décidaient il marcher, le lendemain,, sur Paris, par cette même route sur laquelle Marmont venait de s'établir avec sept mille huit cents hommes.

A cette fatalité divers accidents se joignirent. Les uns naquirent des circonstances, d'autres de la pluralité des chefs, un troisième, surtout de leur caractère. Cette nièce marche de flanc, en plaine et à portée de 1' était dangereuse. Déjà, dès le matin, Belliard, effiay^ des bruits qui circulaient, avait proposé la position Fère- Champenoise comme assez avancée, et moins ï prudente; Mortier aussi l'avait préférée. On y eût appris des nouvelles de l'Empereur, de l'ennemi, et rallié suc-cessivement k soi Pacthod, Compans, Souham et dût mille hommes. On se fût enfin trouvé là vingt-sept mille hommes, réunis dans une position moins défavorable la défensive.

L'inspiration de l'habile Belliard, celle du bon sens da Mortier, étaient donc henrenses ; Marmont les dédaigna, Soit confiance en îui-même ou dans ses instructions; aoit

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