BATAILLE DE LA F ERE -CHAMPENOISE
Wassiltciiikow, avec quatre autres mUIe chev-aus, lui fie comprendre son danger, et qu'il fallait songer à la retraite. Jnsqn'à Clamange il n'avait rien abandoiiné : flon convoi de viTres, couvert par ses bataillons, avait marclié en échiquier sur quatre voitures de front. Mais là, se voyant déhordé, il s'était appuyé de ce village et, pendant un combat vigoureusement soutenu, il avait ajouté anx attelages de ses canons les chevaux les moins exténués du convoi qni l'appesantissait, et dont il allait débairaBser sa marche.
Vers trois lieures, ainsi allégé , il avait atteint Écuryle-Repos; il s'efforçait de gagner Fèi-e- Champenoise, dans l'espoir d'y trouver nos maréchaux, quand la cavalerie de Korff, l'ayant dépassé, se mit en travers. Un élan dn général Delort eut bientôt crevé cet obstacle ; mais d'autres nuées de chevaux ennemis, affluant de toutes parts, l'enveloppèrent. Delort, attaqué de trois côtés, fit face partout ; et, reculant aussi bravement qu'il avait chargé, il revint tout entier se rallier à Pacthod, pour tenter ensemble une autre sortie, puisque celle-îi était devenue impossible.
Déjà, à droite, au delà de Petit-Aulnay et de Bannes, ils apercevaient les marais de Saint-Gond. C'était un refuge, tons s'y dirigèrent. Et d'abord leur marche, à travers champs, fut plutôt escortée qu'attaquée par le-s neuf mille cavaliers ennemis, rebutés de six heures d'efforts inutiles. C'était alors, vers quatre heures dn soir, que, an bruit de cet antre combat, les souverains alhés, devenant inquiets, avaient lâché prise sur nos maréchaux.
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(Jn avBib va HuccesBiTeinent riofanterie de Kavefsld, ks (iardes rwtae el prustienne et leurs canons ne détoamer. et ninrcherdËFére-ChampenoieesDrrinfonDnéFacthod. Bjcnt<)t, tonte cette infanterie, quatorze mille caralîerB, (jnatre-vingts bouches k îea, rentonrèrenL Dèa lois, toute voie de salut lui fut fermée et, un pas de pins, impouible.
Cernée ainsi, an milieu de cette plaine, la mslheareiue division s'arrêta. Elle se forma en carrés s'appnyaut l'un l'autre, les canons aux angles, et se hérissa de baïonnettes. C'étaient deux mille soldats et quatre mille gardes nationaux. Ils croyaient l'Empereur perdu; il voyaiciil l'invasion triompher; ils sa^^ieut qu'après eus il n'y avait pins d'obstacle entre eux et la capitale ! Dans cette position désespérée, leur général les harangua : K On ne capitule pas, leur dit-il, en rase campagne ; « la loi militaire le défend, et surtout l'honueui- ! D'ail- ( ]e\irs, quand la Patrie périt, qui voudrait lui survivre ? « Jurons donc de mourir pour elle! » Aussitôt, l'épée haute, lui-même prononce à haute voix ce serment, et, tous, exaltés de son héroïsme, répètent, avec acclamations et eu agitant leurs armes, ce cri d'un dévouement à jamais sublime !
Ils tinrent parole. Et d'alxird, inaccessibles aux Chartres furieuses de toute l'élite delà cavalerie alliée, leur feu roulant les entoura de morts et de mourants, dont ils jonchèrent eus plaines fatales. Au milieu de ce combat, deux frères, l'un transfuge, l'autre dans nos rangs, se trouvèrent aux prises. Le premier, naguère aide de
camp de Moreau, osa eomiiier l'nn de i mettre bas les armes ! Son frère en commandait TartiUcrie : il lui répondit à coupa de mitraille. La fumée disgipée laissa voir l'un debout, ferme dans son devoir, tandis que, justement atteint, le transfuge resta éteada à terre.
Les chargea alors recommencèrent, le feu de Pacttiod ledonbla, et, k cavalerie restant impuissante, l'empereur Alexandre fit avancer son infanterie. Mais contre ces mnraiUea vivantes ce nouvel assaut ayant écliotté encore, eb l'artillerie seule pouvant les démolir, on l'appela, Bieatdt, quatre-vingts bouches à feu les battirent en brèche. Et cependant, nos malheureux carrés, troués, brisés en morceaux, persistaient, lorsqu'enfin dans leurs âsncs entr'ouverts, la cavalerie ennemie, suivant sa mitraille, se précipita.
Le premier carré qui anccomba fut celai de Pacthod, Jea autres ensuite : ceux d'Amey, de .Tamiu, de Bonté et du général Delort. Le dernier fut celui du général Thévenet ; et pourtant, les rangs rompus, les carrés déformés, on ne se rendit point : on se défendit d'homme à homme, à la baïonnette ! Trois mille cinq cents gardes nationaux ae firent tuer sur place. Quinze cents soldats et les six généraux, la plupart blessés ou foulés aux pieds des chevaux, restèrent prisonniers. Quelques centaines reniement, les plus rapprochés des marais de Bainl^Gond, s'échappèrent.
On dit que Pacthod ne voulut livrer son épée qu'à l'empereur Alexandre lui-même. Ou ajoute que, saisi
d'admiration, ce Prince, rendant au dévonement de nos malheureux compagnons d'armes le plus éclatant des témoignages, a'avona vaincu dans sa victoire par une aneai glorienae défaite.
Malheur illustre, en effet ! Gardes vraiment nationaux 1 Nobles victimes ! Puisse du moins ce récit leur survivre! Puisse-t-il leur servir à jamais de monument funèbre! Maispourquoi notre Patrie n'en a-t-elle donc pas élevé un antre à leurs cendres? Combien de tempsce sol, détrempé d'un sang si généreux, l'estera-t-il muet encore ? Garde nationale française, l'Etranger a-t-îi oublié le chemin de la France? Et s'i! se représentait cependant, quel exemple plus glorieux invoqueriez-vous ? Dans quel monument la Patrie offrirait-elle à vos descendants le souvenir d'nn dévouement plus sublime ? Snr quel autre autel, enfin, iriez- vous alors jurer de mourir pour elle ?
Pendant que cet immortel sacrifice s'accomplissait, lee mai-échaux, profitant d'une si cruelle diversion, raffermirent leurs soldats et se dirigèrent sur Allement. I\a n'y arrivèrent qu'à neuf heures du soir. La nuit précédente, s'ils eussent reculé ensemble et à temps, ils eussent pa atteindre ces défilés avec vingt-trois mille hommes ; et, comme , depuis Sézanne et Nogent jusque dans Paria, douKC mille autres soldats étaient réunis, leur mouvement rétrograde en eût été successivement renforcé : ces trente cinq mille hommes, bien liés au terrain, eussent pu forcer à des déploiements, à quelques manœuvres, et ^îre perdre à la pesante coalition trente heures de marche. L'Empereur alors serait arrivé à temps ; les alliés, près-