‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoires (volume 2)Chapitre 4 sur 41 · SOUVENIRS PERSONÎ.'ELS DE · texte numérisé non relu

SOUVENIRS PERSONÎ.'ELS DE

Tont abondait àVtlna. Beaucoup y passèrent d'un excésà l'autre. Ilay trouveront bonne table, bonne chère, bons lits, dans des iippartements bien chauffés. Cette brusque et trop complète transition fut fatale à plusieurs de noue. Elle dura (rente-six heures seulenient ; après quoi, ia misère et la fuite recommencèrent.

Le surlendemain, je ne parvins h la misérable cabaue qui servit de quartier général à Murât que par hasard, en me traînant, et tout à fait au bout de mes forces. J'étais malade, épuisé, je nevivais, depuis vingt heures, que de quelques poignées de neige ; et, si le feu, que j'aperçus à deux cents pas à gauche de la grande route, au travers des premières ombres de la unit, eût étécelni d'un bivouac ordinaire, d'où sans doute j'aurais été repoussé, et oii, bien plus aùreracnt encore, je n'eusse point trouvé la moindre nourriture, ce feu, que je crois voir encore et qui me sauva, eût marqué la fin de ma carl'ière. Ce bivouac, bien heureusement pour moi, se trouva être le quartier du roi de Naples.

Mais ce fut surtout en sortant de Kowno. dès mon premier pas hors du territoire russe, et quand on pouvait se croire hors de péril, que je fus le plus près de succomber. Séparé de mes chevaux par la foule, et lilessé an pied, après avoir Intté quelque temps contre la fatigue et la douleur, je fus forcé de m'asseoir sur la neige, hors de la route. Aussitôt l'hiver me saisit, mon sang eommença à Ne coaguler; déjà je tombais dans un engourdissement précurseur d'une mort qui n'est point aussi douloun

b'oq le pense, quand, au travers de cette torpeur, j'en-

M MKUOIBES DTS AIDE DE CAMP.

trevia nn beau cheval sans cavalier, passant si près de moi, qne, par on dernier effort, je pus l'arrêter. Il était tout jostement sellé et enhamaché pour un général de mon grade. Ce cheval abandonné venait d'être recueilli, H cinqoante pas de là, par un gendarme de la Garde; ce gendarme était sous mes ordres; il me reconnut, me mit en selle, et hâta notre marche. Le monvement me ranima. Je dns la vie jt cette rencontre, et cette foie encore je fiia sauvé,

Parmi beancunp d'autres moments i^itiques de oeUe retraite, ce fut, dans oe K>ngdésastre,leseiiloù je me sentis près de m'al.t&ndonncr, ce qui arrïn à tant d'autres ; moment suis dout« pénible, mais bien moins amer qu'on ne l'imagine, mille donleurs ayant unené pen à peu h ce déconragement; sitnatioo estcfnie, mais matérielle, machinale ; où le souvenir, où l'espoir se décjoJotçnt ; où toute id^ du pftssé «t de l'avenir s'ofiâcent ; où k moment préseaU qui «tc^iest tout, est Ini-mf me encore bien pen de chose. Et en effeu tontes les sensations d'Ame et decorps se trouTvnt alors complément troussées dans on ^ire si défiûllant, déji Iven plus mort qn'il &a à mourir, et ji qui il ne fiint que du reposa de quelque espèce qu'il pnisw (V w !

lies iHininies d« mouveuMiit compreadn^nt ceci, mus te«g>utK«, mtn; l'inactifloneposmitgtrin juger l'action, ni oonilnen clle«i<l<>au twirÉfiTi, «oit <le résisunce, soit de r^snatit^n. CV qui i.'Vt fi.innidal4*. c'est le dai^ief, c'eA U nit^rt «>nvnanl tUits U quiéiude et )e bcmbent : To9à kft «K.'Kts tontM viros «i ration» devut Inqaelfes, pour

Page 1