‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoiresChapitre 19 sur 56 · MISSION POUR LE ROI D-EBPAGNT · texte numérisé non relu

MISSION POUR LE ROI D-EBPAGNT

S du roi Ini-méme, et eoiiaéquemment sans recevoir

î riche présent qui, selon l'usage, m'était destiné. J'y

ireuonçai sans regret ; mats ce qui fnb pire, c'est qn'ainsi

0 manqoais l'occasion d'étndier cette Cour, de me met-

ï en rapport avec le favori, de donner plus d'impor-

a à mon voyage, et enfin de laisser à Aranjuez

meilleure idée de mon savoir-vivre. C'était avoir

ïcrifié pîua qu'il ne fallait à l'une de mes instructions ;

I têtes viïes ont ce grand inconvénient que,

) fois frappées, elles ne voient plus qu'an côté de

affaire.

1 reste, et sans m'en douter, je m'étais donné trop 6 soins. Mou lK>nheur d'alors eût suffi, sans tant de prétentions outrées, dont mon amour-propre et macons- ! souffrent encore. Il y a, dit-on, pour les gens , nn dieu qui les préserve : il en est de même, je , pour la jeunesse qui est une ivresse d'un auti-e . La bouue fortune de la mienne avait voulu que , E le Prince de la Paix, à cette audience si nombreuse, l'eusse été remarqué par aucun des agents de notre sassade ; et cela ^larce que l'uniforme, dont je m'étais ï mal à propos revêtu, était par bonheur celui de Dra- ^n, et qu'il ressemblait justement à celui des régiments a même arme de l'armée d'Espagne ; j'avais donc sans fi été pria, avec ma figure ovale et mon teint et mes s bruns, pour un officier espagnol.

i mon retour plus rapide encore que mou arrivée, s antres observations, je remarquai l'ascendant du e Bonaparte dans cette contrée étrangère. Il était

78 UEUOIRES D'CN AtDS DE CAKP.

t«l, qne, en le pronoiiç&iit Bealeinent, tonfc obstacle fié chissaits tontes les banièies tombaient, même celles des

Au fond, et i^nant sa rânitat. ma roissioa avait été bien remplie : elle e^i^tit le Premier Consul. Il me t|ne^ionn& peu ; œ fnt tin nonvean bonheur, car je ne m'étais pas assez préparé, par des not«E comtes et sabstantielles, à donner à mes réponses le pins d'importance et d'utilité possible. Cest en pareil cas, ponrtanU ce qn'on ne doit jamais négliger, par conscience d'abord. |)Otir le pins grand bien de la mission avant tout, et ponr son bien propre eusnite.

Qnoi qu'il en fizt, la seconde foie qne je reris Napoléon, à l'une de ces audiences pnbHqnes des Toileries qui suivaient ses revae* ftéqaent«s : « Vous avez ra- « pidement et bien accompli votre mission, me dit-il * avec bonté ; reposez-vous et soyez tranquille; je vous « ferai faire le tour de l'Earope! »

Il ne me fit pa« longtemps attendre, en efet, une nouvelle marqne de aa bienveillance. Mais, pendant ce court intervalle, je faillis la refroidir par la publication du Précis de la campagne des Oriaons. mon ouvrage de Copenhagne. Ce précis, exact dans les détails, mais d'un style défectueux, était nu éloge arxleut de Maodonald ; Brune n'y avait point étt- épanrné. Pi^itiqnement j'eusse mienx fait de m'abst«uir: mais il y aurait eu, dans ce cakol, en vue de mou pmtectenr itonvean , et aux dépens de mon premier patron, de riii^niitnde : l'oaTrage parnt. Je eus qu'on en arait hit nn i«ppon nMlralIuit

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