EXÉCUTION DU DUC D'ENGHIEN
< Je BniB ètnnné de n'avoir pas été prévenu, car j et tais aim^ à Ettenheim. Vous ne m'y auriez pas trouvé c ce soir. Hier la princesse de R... m'avait supplié de [ m'éloigncr, mais j'ai ajourné mon départ, croyant t que vous n'auriez pas le temps d'arriver cette nuit. Je I suis sûr qu'elle viendra, qu'elle voudra me suivre; t elle m'est trè? attachée ; traitez-la bien, s
Chariot ajoutait que deux Ijataillona et une batterie I étaient en position devant Offenboui^, sur la rive droite da Rhin; que Oaulainconrt les commandait; que sa mission était d'enlever une baronne de Reich et d'autres émigrés, et qu'il ignorait vraisemblablement le reste. De son côté Caulaincourt a souvent protesté, depuis, de cette ignorance, d'ailleurs très conforme au secret absolu que, dans de semblables occasions, observait toujouïB le Premier Consul. Nous gardions entre nous la même réserve. Noua partions subitement du sein de notre famille, sans qu'elle pût se douter de notre destitution. Cela était si bien établi, qu'il ne /venait même h l'esprit de personne de nous adresser là-dessus la moindre question.
A New-Briaach d'autres troupes étaient sous les arnea. Dès qu'on fut débarqué sur la rive gauche, le prince
1 placé dans une voiture, conduit à Strasbourg, et
[^ermé dans la citadelle.
n y resta deux j'oura sous la garde du chef d'escadron
: sans être entièrement séparé de ses compa-
i d'infortune. Cet otflcier m'a ailîrraé que, dans
« cette correspondance saisie si inopinément, aucun
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mot, nulle trace de connivence du prince avec le complot de Paria, ne fiirent trouvés. Le l-o m mandant n'y vit que la preuve évidente d'un rassemblement d'émigrés enr la rive droite da Rhin, et de nombreuses intelligenceB pratiquées sur la rive gauche.
De cette prison, où il venait d'entrer, le malheureux Prince entendait couler les flots du fleuve. Ce fleuve seul le séparait des honneurs dus à son rang, de sa liberté, de sa sécurité, d'une femme- jeune et belle qu'il cbérissait, et à laquelle il avait secrètement, dit-on, uni son sort, malgré sa famille. Tant de biens perdus, qu'il sentait encore si près de lui, l'entraînèrent ^ tenter un antre efi'ort pour les recouvrer. Se voyant enfin seul avec le commandant : « Hé quoi ! lui dit-il, en arrêtant « ainsi l'un de vos anciens Princes, n'éprouvez- voua « donc aucune peine? — Xon, monsieur, lui i-épondit tt l'officier de gendarmerie, j'obéis à l'autorité légitime. 1 — Pourtant, reprit !e prince, le Rhin est ià; il dé- « pendrait de vous de me mettre sur l'autre rive, et ir dès lors votre fortune serait faite. » Mais le commandant lui répliqua brusquement qu'il n'entendait pas de cette oreille, et lui signifia de passer dans l'autre chambre. Le prince, alors se résigoant, ajouta : « Vais-j'e « donc être en prison poui- le reste demesj'ours! J'es- « time Bonaparte, j*e le regarde comme un gmnd homme; a mais il n'est point Bourbon, il n'a pas le droit de rétt gner sur la France; il devait rendre la couronne à ma « famille, »
Le lendemain il sembla qu'an noir pressentiment